La reprise économique stimule les performances des PME en 2017

 |   |  796  mots
Le taux de croissance du chiffre d’affaires des PME poursuit une tendance de forte hausse entraînant celui de la valeur ajoutée dans une moindre mesure, indique la Banque de France.
"Le taux de croissance du chiffre d’affaires des PME poursuit une tendance de forte hausse entraînant celui de la valeur ajoutée dans une moindre mesure", indique la Banque de France. (Crédits : © Yves Herman / Reuters)
Pour la troisième année de suite, la croissance du chiffre d'affaires des PME françaises a augmenté pour atteindre 4,6 % en 2017, selon une récente étude de la Banque de France. Les entreprises, qui ont retrouvé des marges, ont accru leurs investissements. Mais cette embellie pourrait-être de courte durée...

Les petites et moyennes entreprises (PME) peuvent se féliciter. Selon le dernier bulletin de la Banque de France, publié ce mercredi 29 août, la croissance de leurs chiffres d'affaires était en hausse en 2017. Pour la troisième année consécutive, la plupart des indicateurs relevés par l'observatoire de l'entreprise affichent de bonnes performances.

> Lire aussi : Loi Pacte : quels sont les leviers pour faire grandir nos entreprises ?

Alors que certains dirigeants de PME et représentants du patronat nourrissent des inquiétudes sur l'entrée en vigueur du prélèvement à la source à partir du premier janvier 2019, le vote de la loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) au Parlement dès septembre - et dont l'objectif est d'améliorer les performances des TPE et PME - pourrait favoriser le développement de ces sociétés. La politique de l'offre, menée par le gouvernement et parfois contestée, a d'ailleurs été réaffirmée par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire lors de l'université d'été du Medef sur le campus de HEC à Jouy-en-Jossas (Yvelines) :

"Nous ne changerons pas de stratégie économique et financière. Je veux rassurer votre président Geoffroy Roux de Bézieux : je ne crois ni au zig ni au zag. Je crois à la ligne claire. Notre stratégie économique est claire et simple : une politique de l'offre, la valorisation du travail et le rétablissement de nos finances publiques. La politique de l'offre doit permettre de libérer les capacités de nos entreprises."

La croissance du chiffre d'affaires des PME concerne tous les secteurs

Les résultats de l'enquête menée par la Banque de France indiquent que la croissance du chiffre d'affaires des PME s'est accélérée pour atteindre 4,6 % l'an dernier. La valeur ajoutée a également progressé de 4,2 % contre 3,7% en 2016. Ainsi, "le taux de croissance du chiffre d'affaires des PME poursuit une tendance de forte hausse entraînant celui de la valeur ajoutée dans une moindre mesure."

Tous les grands secteurs (l'industrie manufacturière, la construction, le commerce, le transport et le conseil et services aux entreprises) ont vu croître leurs chiffres d'affaires et leurs valeurs ajoutées entre 2016 et 2017.

Des marges stables

Par ailleurs, le taux de marge, qui constitue un indicateur efficace de la santé des entreprises, s'est stabilisé à 22 %. "Cette stabilité reflète ainsi une hausse de la masse salariale à un rythme comparable (+ 4,3 %) à celui de la valeur ajoutée, confortant la part de la richesse attribuée aux salariés", précise le documentDepuis 2012, le taux de marge moyen des PME se redresse de façon régulière. Une embellie constatée après plusieurs années difficiles (notamment entre 2007 et 2010) marquée par la crise financière de 2008. Cette dernière a eu un impact négatif sur les carnets de commandes des PME et accentué leurs difficultés à trouver des financements.

Cependant, le taux de marge moyen masque des disparités entre les secteurs : quand celui du BTP enregistre un taux de marge à hauteur de 15%, celui du commerce s'élève à 23,8%. La rentabilité économique, qui rend compte de l'efficacité de l'appareil productif des PME, a également connu une légère hausse entre 2016 et 2017 passant de 7,7% à 8%. Néanmoins, le niveau de rentabilité moyen est encore loin d'avoir retrouvé son sommet de 2007, période à laquelle il culminait à plus de 10%. De fait, la crise a eu des répercussions à long terme sur les résultats économiques et financiers des petites et moyennes entreprises françaises, parfois étranglées par de lourdes dettes.

Menace de ralentissement pour 2018

Un autre motif de satisfaction est le redressement du revenu global des entreprises. Il s'est clairement poursuivi en 2017, selon l'étude de la Banque de France. La répartition de cette richesse produite indique qu'elle a profité à l'ensemble des bénéficiaires, sauf les organismes prêteurs en raison des "faibles taux d'intérêt qui ont provoqué la réduction des intérêts versés aux prêteurs." Dans le détail, si la part du revenu global consacrée aux dépenses pour le personnel a diminué entre 2015 et 2016, elle s'est stabilisée entre 2016 et 2017.

Lire aussi : Croissance : l'Insee confirme le coup de frein

Du côté des dividendes versés aux actionnaires, l'enquête indique qu'ils ont plutôt tendance à augmenter depuis 2014 tandis que la part des revenus consacrée à l'État diminue. L'ensemble de ces résultats confirment la bonne santé économique des PME. Toutefois, les derniers chiffres de l'Insee -qui confirme la croissance anémique de 0,2 % au deuxième semestre 2018- annoncent de sérieux signes de ralentissement de l'économie tricolore. Ce coup de frein pourrait assombrir les perspectives des PME françaises.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/09/2018 à 5:36 :
Peut-être mais il n'échappera à personne que nous sommes en 2018...
a écrit le 31/08/2018 à 20:41 :
APPEL D'OFFRE
Je travaillais à St. Brieuc dans les TP. Le moniteur des TP annonce Nantes, tennis, pista d'athlétisme, terrain de foot.... Nantes maire socialiste. Je prend contact avec Urba à Nantes. J'arrive avec le journal Libération sous le bras. " Camarade, désolé, c'est déjà attribué" Quels jours plustard, élections municipales, maire de droite. je prend contact avec la mairie de Paris, qui me donne le nom de son délégué à Nantes, Je reviens avec Le Figaro sous le bras. " Monsieur désolé c'est déjà attribué." Résultat, c'était Bouygues , dans les 2 cas de figure....
Réponse de le 01/09/2018 à 18:47 :
Tant je sache, les marchés sont attribués aux moins disant financièrement ... c'est une histoire de gros sous pas de journal, à ma connaissance.
Réponse de le 04/09/2018 à 1:01 :
Je n'ai pas dû être clair. Comment on supprimer la concurrence dans les appels d'offre dans les BT. On achète la concurrence, et dans les appels d'offre on se "couvre" mutuellement. Un coup à toi, un coup à moi. VU.
a écrit le 31/08/2018 à 20:26 :
Bonjour

Je partage les remarques de gfx.
L'article présente une série de bonnes nouvelles pour les entreprises, basées sur des données issues d'organismes spécialisés dans leur domaine et réputés pour leur sérieux (banque de France, insee) et vous concluez par une prévision pessimiste ? C'est du militantisme, vous souhaitez saper la confiance des lecteurs, ou votre patron vous demande de toujours finir sur une ouverture en forme de contrepied ?
Après ça on va venir se plaindre que les français sont de nature pessimiste...
a écrit le 31/08/2018 à 15:15 :
Vous ecrivez:
" la croissance du chiffre d'affaires des PME françaises a augmenté pour atteindre 4,6 % "
De deux choses l'une:
-ou le chiffre d'affaire des PME a augmenté
-ou la croissance du chiffre d'affaires s'est ACCELEREE
Une croissance , qui est deja une AUGMENTATION donc un mouvement,ne peut pas augmenter....
Merci de respecter la grammaire..........
a écrit le 31/08/2018 à 8:10 :
Si on appliquait la note n°6 du CAE, non seulement on réduirait le chomage, mais on retrouverait un peu de croissance. Mais qui saura le comprendre? Il faudra accompagner cette mesure avec une allocation universelle pour respecter l'équité.
a écrit le 31/08/2018 à 7:56 :
je me permets de tenter de poster ici un commentaire destiné à l'article sur le Danemark, mais que l'on ne veut pas publier semble t-il :

il y a de la flexibilité en France : la part des contrats temporaires est de 14% (Eurostat). 10% au Danemark. 15% aux Pays-Bas, 13% en Finlande/Suède.
Le Figaro a fait 2 articles en avril et septembre 2016 expliquant que les entreprises françaises avaient du mal à recruter en CDI car une majorité des chercheurs d'emploi tend à privilégier les jobs temporaires mieux payés.
la préférence pour l'emploi à durée déterminée est une des explications du chômage. en plus de l'afflux important de jeunes sur le marché du travail (démographie française plus dynamique qu'en Scandinavie sur les dernières décennies) et de la création insuffisante de "faux jobs".
on n'arrête pas de nous parler de la prospérité du Danemark, mais d'après Eurostat, le taux de pauvreté avant transferts sociaux est de 25% chez les nordiques contre 23,5% chez nous.
ils sont censés être bien plus heureux et avoir un système social au moins aussi généreux. mais leur taux de fécondité est de 1,75 contre 1,9 en France.

la formation semble pas mal non plus en France. en prenant ensemble les résultats de Euroskills 2016 et Worldskills 2017, les Français font mieux que les scandinaves, l'Allemagne, le UK, l'Autriche, les Pays-Bas, l'Autriche, les USA, le Japon, l'Australie, Singapour, la Nouvelle-Zélande, Canada, Irlande, etc...
le ratio brevets obtenus/demandes de brevets est meilleur en France qu'au Danemark et que dans la plupart des autres pays développés. pas de représentant danois dans le classement Reuters des Instituts de R&D les plus innovants (4 Français dans le Top 15, dont le CEA en 2e position). pas de représentant danois non plus dans le Clarivate Top 100 Global Innovators (France 3e pays le plus représenté derrière USA et Japon, devant Allemagne).
le nombre d'entreprises françaises des secteurs "high tech" a quasiment doublé entre 2009 et 2014, contre une progression de seulement 30% au Danemark (Eurostat). d'ou la domination française du Deloitte Tech Fast 500 EMEA sur les 7 dernières éditions.

mais c'est vrai que la France a besoin de plus de confiance. la petite taille des pays nordiques doit faciliter la cohésion sociale (cohésion sur le point de craquer avec la forte hausse de l'immigration ?).
Réponse de le 01/09/2018 à 13:52 :
Un faible taux de fécondité est signe d'intelligence dans un modèle économique voué à l'épuisement des ressources présageant des famines et des guerres pour s'approprier les restes non encore pollués.
a écrit le 31/08/2018 à 7:51 :
voir aussi :
http://www.lefigaro.fr/societes/2018/07/09/20005-20180709ARTFIG00003-cocorico-jamais-les-eti-et-pme-francaises-n-ont-ete-aussi-optimistes-sur-leur-avenir.php

le 2e trimestre annonce un sérieux ralentissement : pourquoi ? ce n'est pas ce que disent Banque de France et la prévision pour l'ensemble de l'année.
a écrit le 31/08/2018 à 7:32 :
c'est bien tout ca ,au prix d'un fort endettement des enteprises et des particuliers mais on est bientot fin 2018 .il va falloir rembourser l'argent facile,alors que la situation c'est inversee .on est plus en 2017

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :