Préservation de leur santé, de l'environnement, du made in France, de l'équité sociale, du bien-être animal... Les gens projettent beaucoup d'attentes dans le bio, auxquelles tous les produits, en raison de leur composition, de leur modes de production...
2021 marque pour le première fois un fléchissement des achats de produits bio, alors que la production augmente. En plein contexte inflationniste, un obstacle structurel semble expliquer ce repli : le prix. L'Agence Bio espère qu'une meilleure communication et de nouveaux débouchés relanceront la dynamique.
Absolument inattendu, le phénomène est vécu par de nombreux acteurs de la filière comme une grande déception. En 2021, pour la première fois après des années de croissance à deux chiffres, le marché des produits bio a fléchi, avec une baisse des ventes de 3,1% en valeur par rapport à 2020, selon l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), cité par l'AFP.
Une dégringolade qui est même bien plus importante pour certains produits: -18% pour la farine, -12% pour le beurre, -7% pour le lait et -6% pour les œufs, précise la même source, alors que le chiffre d'affaires global de la grande consommation alimentaire n'a perdu que 0,3% par rapport à l'année précédente, selon le groupe Nielsen.
Les effets sur la production, laquelle n'a cessé de croître tout au long des dernières années, sont dévastateurs. De nombreuses filières se retrouvent en surcapacité, et donc contraintes à écouler leurs produits sur le marché conventionnel, à des prix inférieurs aux coûts de production du bio - de surcroît en augmentation à cause du contexte inflationniste.
Pour les producteurs de lait, qui cherchent des débouchés pour un surplus de 250 millions de litres, la perte représente rien de moins qu'un tiers du prix, analyse Etienne Gangneron, vice-président de la FNSEA chargé de l'agriculture biologique, et lui-même éleveur et agriculteur bio dans le Cher. Quant aux œufs, le prix de ceux bio, qui comme le lait avaient atteint 16% de part de marché, et dont la production a crû de 12% en 2021, "est divisé par deux lorsqu'ils sont passés en conventionnel", calcule Etienne Gangneron.
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"Cela anéantit les efforts déployés par les producteurs pour leur conversion à l'agriculture bio. Certains vont revenir au conventionnel, mais d'autres risquent de faire faillite, ou vont choisir d'arrêter leur production", regrette-t-il.