La planète toujours vers un réchauffement de 3°C, malgré la pandémie

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Photo d'illustration. Pour garder un espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année de 2020 jusqu'à 2030, selon l'ONU.
Photo d'illustration. Pour garder un espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année de 2020 jusqu'à 2030, selon l'ONU. (Crédits : Reuters)
La baisse des émissions de gaz à effet de serre due à la pandémie de Covid-19 aura un effet "insignifiant" et le monde file toujours vers 3 degrés de réchauffement, loin des objectifs de l'accord de Paris qui aura cinq ans samedi, avertit mercredi l'ONU.

À trois jours d'un "sommet ambition climat" qui vise à donner un nouvel élan aux engagements internationaux pour maintenir le réchauffement climatique sous 2°C, et si possible 1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle, le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE) sonne à nouveau l'alarme.

Et prévient dans son rapport annuel comparant les émissions réelles de gaz à effet de serre et celles compatibles avec les objectifs de Paris que la relance post-Covid devra être sérieusement verdie si le monde veut éviter le pire.

Pour garder un espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année de 2020 jusqu'à 2030, selon l'ONU. Ces émissions augmentaient en moyenne de 1,5% par an sur la dernière décennie, pour atteindre un record en 2019 (59,1 gigatonnes, ou milliards de tonnes, soit +2,6% de plus qu'en 2018).

Mais la pandémie du Covid-19, en mettant à l'arrêt pendant de longs mois une bonne partie de l'économie mondiale et des activités humaines, a entraîné une chute brutale. Les émissions devraient ainsi baisser d'environ 7% en 2020 pour le CO2, principal gaz à effet de serre (un peu moins pour les autres).

Lire aussi : Pollution de l'air, plastique... Quel est le bilan environnemental du coronavirus ?

Négligeable

Mais ce retournement est conjoncturel et n'aura qu'un effet "négligeable" à long terme, avec environ 0,01 degré de réchauffement évité d'ici 2050 préviennent les experts onusiens.

Lire aussi : Le coronavirus, une "bombe à retardement pour le climat"

Et d'ici la fin du siècle la trajectoire de réchauffement est estimée à 3,2°C de plus, même si tous les engagements actuels de Paris étaient tenus, ce qui est souvent loin d'être le cas.

Or, avec +1°C enregistré depuis l'ère pré-industrielle, les effets du réchauffement sont déjà sensibles. Les cinq années depuis la signature de l'accord de Paris ont été les plus chaudes jamais enregistrées et "les feux, tempêtes et sécheresses poursuivent leurs ravages alors que les glaces fondent à un rythme sans précédent", souligne la patronne du PNUE, Inger Andersen.

Derrière ce sombre tableau, l'ONU veut voir une bonne nouvelle: la pandémie peut servir de leçon et le monde mettre en œuvre une véritable "relance verte": soutien direct et massif aux infrastructures et technologies décarbonées, réductions des subventions aux énergies fossiles, fin des centrales à charbon, développement des "solutions basées sur la nature", reforestation d'envergure par exemple.

Ce qui permettrait de "réduire jusqu'à 25% les émissions attendues pour 2030 sur la base des politiques pré-Covid-19" et donnerait 66% de chances de contenir le réchauffement sous les 2°C, et encore moins 1,5°C.

Moteur de crise

Mais pour l'heure, malgré les centaines de milliards consacrés par les États au sauvetage de leurs économies, "la fenêtre pour utiliser les mesures de relance afin d'accélérer une transition bas-carbone a globalement été manquée", préviennent les auteurs. "Sans un retournement de situation, les objectifs de l'accord de Paris s'éloigneront un peu plus".

Le PNUE encourage donc les États qui ont annoncé des calendriers vers la "neutralité carbone" à mettre en œuvre sans attendre des stratégies pour les atteindre. Car la diplomatie climatique a elle aussi été perturbée par la pandémie et la COP26 qui devait recueillir les nouveaux engagements rehaussés a du être repoussée d'un an à novembre 2021. Même si les États doivent quand même soumettre leurs nouveaux engagements d'ici la fin de l'année.

Lire aussi : Climat : "À ce rythme, on ne sera jamais à la neutralité carbone en 2050", Corinne Le Quéré

L'ONU prévient aussi que "l'équité" dans les efforts sera "centrale" pour la réussite, puisque les émissions des 1% de la population mondiale la plus riche représentent le double de celles de la moitié la plus pauvre.

"La pandémie est l'avertissement que nous devons d'urgence quitter notre chemin de développement destructeur, moteur des trois crises planétaires: changement climatique, perte de biodiversité et pollution. Mais elle constitue aussi clairement une opportunité [...] pour protéger notre climat et la nature pour les décennies à venir", conclut la cheffe du PNUE.

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a écrit le 10/12/2020 à 2:45 :
Le soleil est une étoile en constante expansion jusqu'à aborsber la Terre pour devenir une géante rouge et sa masse accélère le temps à son voisinage. Les saisons que l'on connaissaient vont disparaître et les températures deviendront de plus en plus extrêmes. La prétention pseudo-scientifique financée par des lobbies verts met l'homme au coeur de tous les problèmes climatiques tandis qu'ils semblent bien difficile de maintenir un micro-climat artificiel pour ne plus subir les caprices de la nature. Quant à la colonisation de l'espace... une vaste blague de mégalomilliardaires!
Réponse de le 10/12/2020 à 5:50 :
Vous mélangez tout.
Si le soleil est bien destiné à devenir une géante rouge, ce ne sera que dans quelques milliards d'années et ce n'est certainement pas ce phénomène, certes inéluctable, qui est responsable du réchauffement climatique que nous observons actuellement (qui reste faible: environ 1°C en plus de 150 ans avec des hauts et des bas non expliqués).
Que le soleil soit directement impliqué dans les sautes d'humeur de notre climat, cela ne fait aucun doute. Ce qui reste à démontrer, c'est par quel type de mécanismes et quelle est la part objective prise par ces mécanismes dans les phénomènes actuels.
Les science du climat, très complexes au demeurant, sont complètement perverties par des causes diverses et souvent de natures différentes et parfois complètement opposées (idéologie, dogmatisme, intérêt politique et /ou financier, attrait du sensationnel ou goût du catastrophisme...).
Si vous avez raison concernant la prétention pseudo-scientifique de certain lobbies guidés par la seule idéologie, ne rajoutez pas à la bêtise ambiante des considérations qui ne peuvent faire que la conforter et qui ne sont pas plus justifiées.
Réponse de le 10/12/2020 à 19:38 :
@jardinier

Quelques milliards d'années depuis quel instant t et à quelle vitesse d'écoulement du temps? Savez-vous que le masse (cf. champs de gravitation) influence l'écoulement du temps?

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-relativite-dilatation-temps-observee-directement-laboratoire-25367/

C'est assez risible de prendre une leçon de physique d'un prétendu jardinier...
a écrit le 09/12/2020 à 18:51 :
1 an 7% de reduction pour le CO2 et résultat de 0.01d

Pour atteindre 1d en 10 ans il faudrait une reduction de 25% du CO2 en 10 ans?

Je suis dubitatif sur la régression mathématique qui arrive à cette conclusion...
a écrit le 09/12/2020 à 17:20 :
Ceci n'accrédite t'il pas la thèse que ce réchauffement n'est pas d'origine humaine mais un cycle normal comme la Terre en a connu au long de son histoire ?
Réponse de le 09/12/2020 à 18:10 :
Cela ne l'accrédite pas forcément mais cela pose problème auquel il faudra bien apporter une réponse crédible sur le plan scientifique. Il est difficile d'admettre que l'accroissement observé de la concentration de CO2 dans l'atmosphère soit essentiellement dû aux activités humaines et ne pas constaté de modification même légère quand on constate une baisse de 7% de cette activité sur une année.
Il est fortement probable que l'influence de l'activité humaine est très surestimée dans cette affaire mais ce n'est pas politiquement correct de le dire.
Alors 'wait and see', cela ne fait qu'une incohérence de plus dans le domaine de la science climatique!
a écrit le 09/12/2020 à 16:58 :
SI la diminution des émissions de CO2 due à la baisse d'activité liée à la pandémie (estimée semble-t-il de l'ordre de 7%) ne se voit pas sur les évolutions de concentration dans l'atmosphère (alors que celles résultant de la photosynthèse sont parfaitement visibles sur les courbes et de l'ordre de 6 à 8ppm sur les 411ppm de CO2 contenus dans celle-ci) cela veut peut-être aussi dire que la part des activités humaines dans l'augmentation actuelle observée est beaucoup pus faible que certains veulent le laisser croire! et donc que d'autres mécanismes jouent aussi un rôle non négligeable.
C'est de toute façon une information factuelle peu discutable qui peut nous apprendre beaucoup sur la responsabilité réelle de l'activité humaine voire même sur celle du CO2 dans le réchauffement climatique que nous observons.
a écrit le 09/12/2020 à 15:03 :
Que vont donc devenir les bien-pensants ? Leur réchauffement climatique devient inéluctable, malgré toutes leurs bonnes intentions ? Que faire ?
a écrit le 09/12/2020 à 14:49 :
Mais bien sûr! Et pourquoi pas +6? +10? +15?
Cela fait 40 ans que le GIEC et les Ayatollahs verts nous promettent des +3! Or on est à quoi aujourd'hui par rapport à il y a 40 ans? +0,5/0,7 max.
On nous prend pour des jambons.
Après il serait temps qu'on fasse attention à ce qu'on rejette et ce que l'on fait quand on creuse pour les extractions divers et variées! Si on mettait des obligations à ce niveau là plutôt que de vouloir taxer les avions et je sais pas quoi, on irait bien mieux je pense.
Pour la culture générale de tous, voire le livre du co-fondateur de Greenpeace Patrick Moore. Il explique comment, après de grands et nobles succès, Greenpeace s’est peu à peu coupée de la raison au profit de l’émotion et de l’idéologie.
Comme un peu toute l'écologie quoi...
a écrit le 09/12/2020 à 14:14 :
Il est louable de faire tout ce qui est nécessaire pour protéger le climat, sauf que le système économique et financier n'est pas prévu pour aller dans ce sens, boosté aux énergies fossiles et ressources naturelles qui génèrent beaucoup d'argent. Nous aurons donc chaud dans le futur, avec toutes les conséquences économiques, humaines, sociales et (paradoxe); financières.

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