Octobre morose dans un monde en colère
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CARL RECINE
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« Angry » (et non pas Angie), c'est l'un des titres phares du nouvel et dernier (oui à l'unanimité selon la rédaction, non, selon moi, car ils sont immortels) album des Rolling Stones, sorti ce vendredi, à écouter absolument. Angry, very angry, c'est aussi la tonalité de la semaine d'un monde en colère, plongé dans une impasse dangereuse dans l'Orient compliqué. Il faut louer la prescience des Stones : déjà, en 2020, ils sortaient Living in a ghost town, un titre datant de 2015 mais opportunément sorti le 23 avril en plein confinement mondial, comme un avertissement au monde qui nous attend. Angry connaîtra-t-il le même destin ? Espérons que non ! Et qu'à la colère succédera la paix, même si elle semble encore lointaine...
L'édition de la semaine de The Economist interroge : « Where will this end ? » avec la photo d'une fillette blessée à Gaza. Et le magazine britannique de compter les morts vendredi soir : plus de 1.400 pour Israël avec plus de deux cent otages qui seraient encore en vie mais prisonniers du Hamas (qui a libéré deux américaines vendredi soir) ; et déjà plus de 4.150 morts civils des bombardements israéliens dans la bande de Gaza. L'horreur de part et d'autre. Sans répit.
En colère, la « rue arabe » après l'explosion d'un hôpital dont les deux camps rejettent la responsabilité l'un sur l'autre. En colère, le peuple israélien, contre les terroristes du Hamas mais aussi pour beaucoup contre la politique irresponsable de Netanyahu... En colère, les populations musulmanes qui ont manifesté dans les pays occidentaux. Oui, où tout cela finira-t-il ? Où conduira toute cette colère ? Y a-t-il encore une voie pour la paix ? Ou bien entrons-nous dans une logique de guerre qui embrasera tout le Proche et le Moyen-Orient ? Et nous avec ?
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En 1987, l'armée américaine avait inventé un acronyme, VUCA, pour décrire l'avenir du monde au sortir de 40 ans de guerre froide. VUCA pour Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity. Cette définition, apparue dans le grand public en 1991 après la chute de l'URSS, est devenue très populaire dans les écoles de management pour préparer les chefs d'entreprise à affronter un monde fragmenté. L'une des réponses envisagées, pour s'adapter à cet univers volatil, incertain, complexe et ambigü : l'agilité et la réactivité des forces spéciales.
Force est de constater que 30 ans plus tard, à l'heure où l'armée de Tsahal et ses forces spéciales s'apprête à entrer dans Gaza, une opération lourde d'inconnues, ce monde VUCA devient notre nouvelle réalité. Quoi que à l'acronyme pourrait s'ajouter une nouvelle initiale, le D de Dangerous. Dans sa vision du monde en 2040, dont le dernier opus a été publié en 2021, la CIA avait prédit un monde fragmenté et des démocraties occidentales contestées de l'intérieur, dans un contexte de crise démographique mettant à mal l'Etat Providence et de pression migratoire accentuée par l'intensification des dérèglements du climat.