« Formons au numérique pour compter sur tous les talents »

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Président de Syntec Numérique
Président de Syntec Numérique (Crédits : DR)
Pour sa 4e Université du numérique, les 21 et 22 mars prochains, le Medef attend près de 3.000 participants sur deux jours à son siège avenue Bosquet. Le thème de cette année, « Révolution numérique : comment relever le défi des compétences », résonne avec les défis de l'époque, la transformation du travail, et l'actualité, le « big bang » de la formation professionnelle engagé par le gouvernement. Aujourd'hui, Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique, demande de faire évoluer les compétences de leurs collaborateurs vers les métiers numériques

Nous savons tous que, demain, les métiers seront massivement numériques. C'est une évidence pour Syntec Numérique, dont les entreprises représentent 80% du chiffre d'affaires du secteur et près de 450.000 personnes, et créent chaque année des milliers d'emplois - plus de 19.000 l'année dernière.

La transformation numérique est à la fois économique, politique, sociétale et culturelle, et les actifs, actuels ou futurs, doivent être capables d'en maîtriser les usages. Pour cela, nous devons répondre à trois défis centraux : la formation, la féminisation et la transformation des métiers.

Tous les acteurs doivent s'engager ensemble au service de la formation - État et régions, entreprises et organismes de formation, écoles et universités. Cela englobe à la fois la formation initiale des écoliers, collégiens, lycéens et étudiants, et la formation continue tout au long de la vie. Depuis 2014, Syntec Numérique a fait des propositions sur l'enseignement scolaire et supérieur. Les choses avancent et nous nous en réjouissons, comme par exemple la mission confiée à Cédric Villani sur l'enseignement des mathématiques. Mieux former les enseignants, et apprendre aux enfants à aimer les maths ou à coder, est un formidable challenge pour la France.

Nous devons également continuer à travailler au service de l'attractivité des métiers du numérique, notamment au sein des établissements scolaires si nous voulons attirer davantage de jeunes, garçons et filles. En terminale S, les filles sont presque aussi nombreuses que les garçons, et pourtant, elles ne sont que 29 % des diplômés d'écoles d'ingénieurs. Dans le secteur numérique, les femmes représentent seulement 14,5 % des ingénieurs. Pourquoi nous priver de tous ces talents ? Syntec Numérique est engagé depuis des années pour la mixité, au travers du programme « Femmes du numérique », du Trophée excellencia ou encore du collectif Femmes @Numérique.

Enfin, nous devons nous mobiliser pour relever le défi de la transformation des métiers par les technologies numériques.

Tous les secteurs d'activité sont concernés et doivent faire évoluer les compétences de leurs collaborateurs vers les métiers numériques et anticiper de nouveaux besoins en recrutement. De plus en plus souvent, les Français vont être amenés à travailler dans des métiers différents, et à évoluer dans plusieurs secteurs d'activité au cours de leur carrière. Le système de formation professionnelle doit être adapté pour répondre à un enjeu de cette ampleur, et c'est pour cette raison que Syntec Numérique est attentif aux réformes engagées par le gouvernement en matière de formation professionnelle. Nous saluons par exemple la modernisation du compte personnel de formation (CPF), afin d'en faire un outil monétaire, potentiellement abondé par les entreprises et les individus, en les remettant en première ligne dans le choix de leur formation.

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> Sommaire du Dossier spécial "4e Université du numérique" :

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Commentaires
a écrit le 19/03/2018 à 4:17 :
Formons d'abord au numérique les grands patrons français. Les activités informatiques en France sont encore vu majoritairement comme un centre de coûts et non comme un centre de profits.
Le numérique n'est pas perçu comme stratégique et externalisé dans les nombreuses SSII du pays. Le résultat : des ingénieurs informatiques mal considérés, des projets bancals et les grands groupes de l'ancien monde qui se font tailler des croupières par les entreprises étrangères du numérique.
a écrit le 18/03/2018 à 11:08 :
Il est clair que je suis contre quasi tout ce que fait le système ces dernières années, par contre là je suis tout à fait d'accord. Excellente initiative et il faut aller même plus loin.
Réponse de le 19/03/2018 à 9:20 :
Parce que tu crois vraiment que les chômeurs sont majoritairement des personnes incompétentes ? Regarde leur ancienneté dans les stats de PoleChomage. Le syntec affirme qu'il soutient la mixité. Qu'on m'explique alors pourquoi la moyenne d'age dans le numérique est si faible ? Peut-être parce que le personnel qualifié coûtant plus cher, il aurait été remplacé par la main d'oeuvre offshore, ou par des jeunes sous-payés sortant des écoles. La stabilisation de la productivité en France c'est produite à partir des délocalisations massives. Est-ce une coïncidence ? Et qui juge de la qualité des centres formations qui poussent partout comme des champignons ? Ce qu'il faut aussi savoir, c'est que c'est bien souvent le chômeur qui doit financer le transport et l'hébergement. La formation est donc un business bien organisé pour pomper un maximum d'argent sur le dos de victimes faciles. Les certifications privés sont aussi un moyen subtil de déprécier et de privatiser les diplômes de l'éducation nationale. Les enfants favorisés peuvent donc acheter facilement des certifications dans des centre de formation privés, au détriment des jeunes diplômés de l'éducation nationale.
a écrit le 18/03/2018 à 10:13 :
Le problème des «  universitaires «  et «  de la vision du médecin » c’est la définition du «  mot société en France »

Jusqu’à présent et depuis 1970 , quels sont les moyens déployés pour former la population?
Dans votre vision c’est quoi la «  population « ?

Toutes ces questions pour voir si ce que vous dites est possible pour qui ? Et impossible pour qui ?

Numérique tout azimut alors que la «  société «  le l’a pas intégrée mis à part les pionniers geek

Sur une société bourrée de «  problèmes «  greffer le numérique «  sans recul » d’analyse et de statistiques sur au moins 10 ans est dangereux.

Imposer c’est immoral déjà , donner le choix c’est mieux.

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