E-santé : avec sa jambe bionique, le bourguignon Proteor veut s'imposer sur le marché de la prothèse intelligente
Amandine Ibled
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Proteor
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« Se réapproprier son handicap et son corps grâce à une connectique embarquée », c'est tout l'enjeu de ces prothèses de demain qui transcendent la notion de réparation des corps pour interroger celle, peut-être d'homme augmenté. Disposant d'une autonomie d'une quinzaine de jours - contrairement aux prothèses actuelles qui nécessitent un chargement tous les deux jours - et connectée par le biais d'une application permettant de régler soi-même différents paramètres (comme la hauteur de talon), les prothèses Synsys sont au cœur des sujets du corps connecté.
Plusieurs raisons peuvent expliquer la nécessité d'avoir recours à une amputation, notamment lorsqu'il s'agit de complications liées à des maladies cardio-vasculaires ou au diabète, mais également en cas d'un traumatisme. « Si une amputation en dessous du genou permet à 60% des patients d'avoir une mobilité autonome, ce chiffre passe à 20% pour un cas d'amputation au-dessus du genou », selon Revue Médicale Suisse « Amputations du membre inférieur : indications, bilan et complications ».
C'est dans ce contexte qu'intervient la prothèse de membre, qui permet de retrouver une motricité partielle, en restaurant les fonctions des articulations manquantes. Également lauréat des trophées « Innovation Team Best Practices » de l'édition 2023, l'équipe de Proteor a été récompensée pour son travail en équipe qui a permis de réaliser cette innovation. Des recherches en partenariat avec notamment le centre d'études et de recherche sur l'appareillage des personnes handicapées (CERAH) qui dépend des Invalides, l'Institut de biomécanique humaine Georges Charpak qui dépend des Arts et Métiers. Proteor a reçu un financement de la Direction générale de l'armement, à travers l'agence de l'innovation de défense (AID).
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La prothèse Synsys, dernière innovation du groupe, est un système dit « mécatronique », qui permet, pour la première fois, une coordination simultanée du mouvement de la cheville et du genou. « Ce système permet d'avoir une synergie entre le genou et la cheville, c'est-à-dire quand je fléchis le genou, j'ai la pointe de la cheville qui remonte automatiquement. Lorsqu'une personne valide marche, elle ne se rend pas compte qu'en marchant, c'est ce qu'elle fait pour éviter de trébucher », explique Nicolas Piponniau, directeur de l'usine Proteor de Seurre - où est assemblée la jambe bionique - et responsable de la production de la prothèse Synsys. Jusqu'à présent, il existait des prothèses avec microprocesseurs mais uniquement pour les genoux, pas pour la jambe complète. « Il faut s'imaginer que les personnes appareillées avec des solutions traditionnelles, marchent comme avec « une botte de ski » car elles n'ont pas de mobilité de cheville », rappelle Nicolas Piponniau. D'où la difficulté de s'asseoir, de descendre des escaliers, ou encore de marcher sur des terrains irréguliers. « La prothèse Synsys coordonne automatiquement le mouvement du genou et de la cheville, ce qu'on appelle la triple flexion, qui permet aux personnes de retrouver une activité plus variée, avec une démarche plus naturelle », précise Nicolas Piponniau.
Amandine Ibled