Au-delà du Grand Paris, la Seine-et-Marne veut exister en Île-de-France

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Le président (UDI) du conseil départemental de Seine-et-Marne Patrick Septiers.
Le président (UDI) du conseil départemental de Seine-et-Marne Patrick Septiers. (Crédits : DR)
Il y a un peu plus d'un an, Patrick Septiers a été élu président du conseil départemental de Seine-et-Marne. L'occasion de faire le tour de cette collectivité qui occupe la moitié du territoire francilien.

La Seine-et-Marne représente 51% de la superficie de la région Île-de-France et compte dix départements limitrophes : les Franciliens Essonne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise à l'ouest, l'Aisne et l'Oise (ex-Picardie, Hauts-de-France) au nord, l'Aube et la Marne à l'est (ex-Champagne-Ardennes, Grand-Est) et au sud, le Loiret (Centre-Val de Loire) et l'Yonne (Bourgogne-Franche-Comté).

Des taxes, mais seulement deux gares du Grand Paris Express

Malgré 1,4 million de résidents, le département semble déconnecté du Grand Paris et de l'Île-de-France. Le Grand Paris Express, par exemple, ne s'arrêtera qu'à Chelles, certes déjà desservie par le RER E. La gare de Noisy-Champs se trouvera en effet sur la commune de Noisy-le-Grand et donc en Seine-Saint-Denis, à la frontière de Champs-sur-Marne.

"Pourtant, comme les autres dans la région, les entreprises paient des taxes pour financer la Société du Grand Paris", déplore le président du 77 Patrick Septiers, élu le 13 juillet 2018. "Cela nous met en concurrence avec le Loiret et l'Yonne. Les entreprises font 5-6 kilomètres de plus et changent de département. C'est autant de richesses qui quittent l'Île-de-France."

Si le RER D va jusqu'à Melun et la ligne R jusqu'à Nemours, la ligne P est en cours d'électrification. "On ne peut pas mettre toute la capacité, sans parler des problèmes techniques que la SNCF n'a pas appréhendés", regrette le patron du conseil départemental.

Un déséquilibre domicile-travail

Dans le même temps, le 77 gagne plus de 13.000 habitants par an, qui n'arrivent plus à se loger en petite couronne et qui cherchent un meilleur cadre de vie, comme une maison avec jardin.

Mais, du fait de la concentration des emplois dans la métropole du Grand Paris, plus de 60% de la population est contrainte de prendre son véhicule personnel pour aller travailler. "Autant vous dire que lorsqu'il leur est interdit de prendre la voiture alors qu'il n'y a pas de transports en commun, ça râle", relève Patrick Septiers, en référence à la zone à faibles émissions qui restreint la circulation de certains sur l'A86.

Lire aussi : Pollution dans le Grand Paris : la zone à faibles émissions en vigueur dans 47 communes

Une plateforme entre allocataires du RSA et entreprises

C'est sans doute pourquoi le département, qui n'a plus la compétence du développement économique depuis la loi NOTRe de 2015, cherche et trouve des astuces en lien avec ses compétences sociales.

Après le pionnier loir-et-chérien, la Seine-et-Marne a été la première de la région Capitale à mettre en place la plateforme Job77 pour rapprocher les demandeurs de RSA les plus proches de l'emploi et les entreprises.

"La plateforme repose sur un système de géolocalisation pour qu'il y ait le plus de chances possibles", précise le président Septiers. "Depuis septembre 2018, 100 emplois ont déjà été pourvus sur les 3.000 inscrits."

Plus généralement, le 77 compte 456.234 employés (INSEE 2016) dont 77% dans le tertiaire, 14% dans l'industrie et 9% dans la construction. Outre les leviers de la logistique et de l'agriculture, le tourisme, dopé par Fontainebleau, Vaulx-le-Vicomte et bien sûr Disneyland, représente, lui, 8% de l'activité économique locale.

Des subventions hyper-locales et une marque territoriale

Aux yeux du patron du conseil départemental, cela reste insuffisant. Il lancera donc début 2020 "une démarche d'attractivité du territoire pour le montrer dans sa diversité". Devrait donc voir le jour une marque "Seine-et-Marne" "non pas institutionnelle", mais pour "mettre sous cette bannière toutes les forces vives et qu'elles en soient les ambassadrices".

En attendant cette échéance, après avoir investi 128 millions d'euros en 2018 pour les collèges, les routes et l'aide aux collectivités, le département contractualise des subventions avec les communes et les intercommunalités pour financer "la vie des villages" à hauteur de 50% une dépense maximale de 100.000 euros.

Concrètement, si une petite ville veut refaire une école pour 100.000 euros, le département en donne 50. Si elle souhaite reconstruire une voirie pour 30.000 euros, le département en octroie 15. En revanche, si la dépense prévue est de 150.000 euros, le plafond est de 50.000 euros.

Tout le monde est gagnant, assure ainsi Patrick Septiers : "Les collectivités engagent des entreprises locales qui créent elles-mêmes des artisans et des emplois localisés".

Une élection due à un concours de circonstances

En réalité, le maire (UDI) de la commune déléguée de Moret-sur-Loing, premier adjoint de la commune nouvelle Moret-Loing-et-Orvanne et président de la communauté de communes Moret Seine et Loing s'est un peu retrouvé par hasard à la tête du conseil départemental de Seine-et-Marne il y a un peu plus d'un an.

Président du département depuis les élections cantonales de 2015, Jean-Jacques Barbaux décède d'une crise cardiaque en mars 2018. L'assemblée départementale élit alors Jean-Louis Thiériot, mais moins de quatre mois plus tard, il devient député de la 3e circonscription de Seine-et-Marne à la suite de la démission d'Yves Jégo. C'est dans ces circonstances que Patrick Septiers devient le 13 juillet 2018 patron du 77.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2019 à 4:11 :
La seine & marne, c'est plat, froid et humide en hiver. Vieille France, bref, deprimant.

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