A Nice, Mycophyto remplace les engrais chimiques par des champignons et des racines
Patrick Cappelli
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
Patrick Cappelli
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
À lire également
Sous la surface du sol, invisible à nos yeux, un univers complexe vit et se développe. Des organismes différents se mélangent en une symbiose riche de potentiels encore peu exploités. C'est le cas de l'union entre des champignons microscopiques et les racines de certaines plantes. Ces champignons mycorhiziens (du grec mukês, champignon, et rhiza, racine) présentent des caractéristiques très prometteuses pour une agriculture plus raisonnée et respectueuse de l'environnement. Lorsque les deux organismes entrent en symbiose, chacun en tire profit. Le champignon apporte du phosphore, de l'azote, de l'eau et des acides aminés aux plantes en quantité considérable : jusqu'à 80 % pour le phosphore et 25 % pour l'azote. Dans l'autre sens, les plantes hôtes fournissent aux champignons entre 4 et 20 % du carbone organique, le composé principal de nutriments comme le sucre, qui leur est nécessaire, ainsi que des vitamines. Ce réseau souterrain, le mycélium, est composé de hyphes, des filaments qui explorent le sol jusqu'à plusieurs dizaines de centimètres de la racine. Une sorte de mariage parfait qui constitue une réponse durable à l'usage intensif de produits chimiques dans les sols agricoles. En effet, de nombreuses plantes, dont les céréales et les légumineuses, dépendent des champignons pour leur croissance. Or, l'épandage de fongicides prive ces cultures des bénéfices des réseaux mycorhiziens, les rendant encore plus dépendantes aux engrais NPK (azote, phosphate et potassium), des fertilisants responsables de l'appauvrissement des sols et de la pollution des cours d'eau. Pire : le phosphore minéral, qui sert à fabriquer les engrais phosphatés, est une ressource finie qui pourrait disparaître à l'horizon de 2040. Or, pourra-t-on nourrir 9 milliards d'habitants sans phosphore, sachant qu'il n'existe pas de substitut à cet élément chimique ? « Ignorer ce problème pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale » alerte Andrea Ulrich, de l'Institute for Environment Decisions.
Patrick Cappelli