Guillaume Poupard, le « Monsieur cybersécurité » de la France, fait ses adieux à l'Anssi
François Manens
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Guillaume Poupard, directeur général de l'Anssi, a annoncé son départ pour la fin de l'année.
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Guillaume Poupard, directeur général de l'Anssi, a annoncé son départ pour la fin de l'année.
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... mais attaché à la fonction.
En plus de huit ans à la tête de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), Guillaume Poupard est progressivement devenu le Monsieur Cybersécurité de la France. Du haut de sa grande stature, il a dirigé l'impressionnante croissance de l'agence, son ouverture progressive au secteur privé, et sa participation toujours plus grande dans le débat public et politique. A tel point qu'il incarne la cybersécurité française comme personne avant lui. Alors forcément, son départ à la fin de l'année -annoncé le 8 juin à l'occasion du Forum International de la Cybersécurité (FIC) et officialisé sobrement ce jeudi sur son compte LinkedIn- va laisser un grand vide à l'Anssi. Pour autant, Guillaume Poupard se veut rassurant. Son remplacement « va bien se passer [car] il y a des gens très compétents [dont l'agence ne communique pas encore le nom, ndlr] pour reprendre le flambeau », indiquait-il au FIC. En seul commentaire sur son bilan, il se disait « satisfait de laisser une boutique reconnue par les autorités ». « Quand je fais remonter des sujets, ils sont écoutés », faisait-il valoir, comme symbole du poids politique acquis ces dernières années.
Lire aussi : Cyberattaques : "une grande crise est possible et comporte un risque systémique" (Guillaume Poupard, ANSSI)
Guillaume Poupard a pris les rênes de l'Anssi en 2014, pour remplacer le premier directeur de l'histoire de l'agence, Patrick Pailloux, parti après neuf ans de service dont cinq à la tête de la Direction centrale de la sécurité des systèmes d'information (DCSSI), l'ancêtre de l'Anssi. La tâche n'était pas aisée : son prédécesseur avait structuré l'agence dès sa création en 2009, et posé les premières pierres de sa croissance. Mais l'institution, très fermée, fonctionnait encore comme une agence de renseignement.
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« Avant Guillaume Poupard, l'Anssi était un bunker. Il était la personne parfaite pour ouvrir l'agence à l'extérieur. On dit qu'il sait autant parler aux cheveux courts qu'aux cheveux longs », confie à La Tribune François Deruty, sous-directeur des opérations de l'Anssi entre 2018 et 2021, et désormais chief operating officer (COO) de l'entreprise de cybersécurité Sekoia. Autrement dit, Guillaume Poupard sait adapter son discours au militaire et au régalien, tout comme s'adresser aux hackers et aux civils, grâce à plusieurs atouts.
François Manens