Back Market valorisé 5,1 milliards d'euros : un nouveau record pour la French Tech

Le champion français de l'électronique reconditionnée lève 450 millions d'euros sept mois après avoir récolté 276 millions d'euros, et devient ainsi la première startup de la French Tech à dépasser le cap symbolique de 5 milliards d'euros de valorisation (5,1 milliards). Les investisseurs qui soutiennent déjà Vinted sont aux manettes de cette nouvelle opération financière. Elle détrône ainsi la néobanque Qonto (4,4 milliards d'euros), qui s'était hissée sur la première place du podium... ce matin même ! Une situation cocasse, symbolique du début d'année tonitruant de l'écosystème français de la tech. Décryptage.
François Manens

3 mn

(Crédits : DR)

En mai 2021, la plateforme française de vente de produits électroniques reconditionnés Back Market levait 276 millions d'euros, un montant record pour la French Tech à l'époque, alors qu'elle avait déjà levé 110 millions d'euros en 2020. Pour autant, la startup n'en avait pas fini avec son accélération, car elle remet déjà de l'essence dans les turbines en ce début d'année 2022, avec un nouveau tour de table de 450 millions d'euros -le 5e en 7 ans d'existence.

Sa valorisation s'élève ainsi à 5,1 milliards d'euros, ce qui la place en tête de file des licornes les mieux valorisées de la French Tech. Elle détrône ainsi la néobanque Qonto (4,4 milliards d'euros), qui s'était hissée sur la première place du podium... ce matin même ! Une situation cocasse, symbolique du début d'année tonitruant de l'écosystème français de la tech.

Lire aussi 4 mnFintech : Qonto rafle la mise pour sa cinquième levée de fonds et devient la plus grosse licorne française

Les investisseurs de Vinted entrent au capital

Aux Echos, le PDG Thibaud Hug de Lazauze explique que cette méga-levée n'était pas  vraiment prévue, mais qu'elle s'était plutôt faite par opportunité. La startup avait rapidement bouclé la levée de 2021 et n'avait pas pu faire rentrer à son capital tous les investisseurs intéressés.

Parmi eux, le fonds britannique Sprints Capital, qui a pris la tête du tour de table. Son portefeuille comprend plusieurs places de marché d'ampleur continentale, et surtout une tête d'affiche d'échelle mondiale : la plateforme lituanienne Vinted, sur laquelle s'organise l'achat et la vente de produits (vêtements, livres, accessoires...) de seconde main entre particuliers.

Avec ce nouveau coup d'accélérateur, Back Market compte s'insérer au plus vite sur un marché américain en croissance, et sur lequel Apple hésite à se lancer.

Le frein de la redevance copie-privée moins fort que prévu

Lors de leur précédente levée de fonds, les cofondateurs de Back Market avaient profité de l'attention médiatique pour alerter sur un projet de loi très critiqué qui prévoyait d'étendre la redevance copie-privée (une taxe au profit de l'industrie culturelle) aux produits électroniques reconditionnés. D'après eux, la taxe allait augmenter le prix moyen des smartphones conditionnés d'environ 10%, et forcément, elle allait frapper leur cœur d'activité.

Après plusieurs tentatives d'adoucir la taxe et de multiples rebondissements, racontés en détails par nos confrères de NextINpact, les sénateurs ont finalement adopté le projet de loi. Concrètement, la redevance s'élève à 8,10 euros (hors taxe) sur les smartphones et 9,40 euros (toujours hors taxe) sur les tablettes.

Mais comme le souligne NextINpact, le contrecoup semble finalement moindre pour Back Market. Contrairement à plusieurs de ses concurrents (notamment le français Recommerce), la licorne ne reconditionne pas elle-même, elle ne fait que mettre en relation les entreprises qui reconditionnent les produits avec les acheteurs finaux, en prenant une commission sur la transaction. Or, la majorité des vendeurs ne sont pas français et ne sont donc pas affectés par la loi. Copie France, la société qui perçoit la rémunération de la redevance, pourrait cependant s'emparer de ce cas de figure précis. Mais le risque n'est toujours pas suffisant pour décourager les investisseurs.

François Manens

3 mn

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Commentaires 6
à écrit le 12/01/2022 à 9:17
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le pb avec les start up, c'est qu'a un moment faut arreter le cash burn, et regarder le bilan et le compte de resultat......et calculer les ratios qu'on a appris a l'ecole....hormis faire de la valorisation pour faire une ipo, et vite sortir en refil...

à écrit le 12/01/2022 à 9:00
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Je m’interroge sur la réelle valeur de l’entreprise mais les investisseurs capables de mettre plusieurs centaines de millions le savent sans doute mieux que moi. Mais je m’interroge quand même car lorsqu'on se penche sur les prix pratiqués, ils n'ont...

à écrit le 12/01/2022 à 8:18
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Alors qu'ils sont loin d'être matures et que leurs prix restent bien élevés. Le fantasme financier, le terme de licorne est parfaitement adapté à ce monde d'investisseurs immatures et non visionnaires.

à écrit le 12/01/2022 à 5:30
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Les start up francaises sont souvent des coquilles vides. Bcp de gens se sont faits gruges ayant place leurs ecos, se sont retrouves a poil. N'investissez que dans du concret et pas sur une reputation. C'est pourtant simple a comprendre.

à écrit le 12/01/2022 à 2:51
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Ne connaissant rien en matière financière et gérant mon argent en bon père de famille ,j'ai du mal à appréhender le truc des 5 milliards de valorisation . Il y a une entreprise qui lève des fonds . C'est de l'argent emprunté ou des dons de quidams ? ...

à écrit le 11/01/2022 à 22:05
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Surtout ne pas parler bénéfice ni chiffre d'affaires des ces baudruches, c'est has been ... surtout sur un site come la tribune. J'ai acheté un portable sur back market, il venait d'un vendeur situé en Espagne, le telephone etait indebloquable car ré...

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