Prix 10.000 startups 2021 : Teebike, la startup qui réinvente la roue (électrique)

 |  | 1024 mots
Lecture 5 min.
Marine Billis, la cofondatrice de Teebike, au Grand Rex de Paris, le 29 mars 2021, lors de la cérémonie de remise des prix du concours 10.000 startups pour changer le monde, organisé par La Tribune.
Marine Billis, la cofondatrice de Teebike, au Grand Rex de Paris, le 29 mars 2021, lors de la cérémonie de remise des prix du concours "10.000 startups pour changer le monde", organisé par La Tribune. (Crédits : DR)
Alors que plus d'un million de vélos sont jetés chaque année en France, Teebike leur donne une seconde vie. Sa roue avant électrique et universelle, compatible avec tous les cycles du marché sauf les vélos de course, transforme chaque bicyclette en vélo électrique. La startup niçoise remporte le prix "10.000 startups pour changer le monde" 2021, organisé par La Tribune, dans la catégorie "Environnement & Energie".

C'est en Chine que Teebike est née. Tout au moins son concept. C'est en effet en parcourant l'Empire du Milieu que Laurent Durrieu découvre, tristement surpris, les cimetières à vélos. Une hérésie selon celui, qui après plus de dix ans passés dans des grands groupes dont Procter & Gamble ou Danone, notamment à la direction générale de la division des produits laitiers frais pour la France, a fait le choix de s'engager dans un secteur plus en adéquation avec ses valeurs, celui, en l'occurrence des énergies renouvelables.

Mais voilà, cette décharge à ciel ouvert va provoquer chez l'entrepreneur une étincelle : il faut pouvoir trouver une solution pour que tout vélo, par nature inusable, le demeure et soit surtout un moyen de mobilité en accord avec la tendance. Celle de la mobilité douce, dans un pays que l'on sait très pollué, est évidemment un défi autant qu'une opportunité de changer les choses.

De prototypes en essais en partenariat avec une usine chinoise, le principe de Teebike se perfectionne, se peaufine tout au long de l'année 2015. L'année suivante, la commercialisation débute en Chine, d'abord auprès des étudiants et des jeunes travailleurs, le but étant de leur offrir une solution face au free floating ou transport en libre service.

Lire aussi : Prix 10.000 startups pour changer le monde : découvrez les gagnants 2021 !

Une roue avant électrifiée, une appli pour compléter

Le marché français devient une cible pour la startup après un passage par le programme d'accélération Via ID, du groupe Mobivia. On est alors en octobre 2019. Teebike voit en France une belle opportunité puisque chaque année, plus d'un million de vélos sont jetés. C'est alors que Laurent Durrieu est rejoint à la codirection de l'entreprise par Marine Billis. Cette ex-CELSA, aux multiples expériences dans le secteur de la pub, en agences comme chez l'annonceur, est surtout une adepte du vélo. Et lorsqu'elle rencontre Laurent Durrieu, elle revient tout juste d'un trip en Norvège... à vélo. « J'ai été convaincue par le projet, j'y voyais surtout l'intérêt pour ceux qui avaient un peu délaissé le vélo ». Et tous ceux devenus adeptes, du vélotaf.

Car si Teebike se présente comme une roue un peu spéciale, le concept est un kit d'électrification qui -contrairement aux autres solutions présentes sur le marché qui privilégient la roue arrière- se positionne sur la roue avant. Installé, le kit se couple avec une application qui devient, de fait, le tableau de bord du vélo, avec la possibilité pour l'utilisateur, de choisir le niveau d'aide électrique. Autre avantage revendiqué par la startup, la facilité d'installation du kit qui permet à tous de pouvoir le réaliser sans difficultés. Techniquement, la roue est équipée de capteurs gyroscopiques, enregistrant les mouvements de la roue quand le cycliste se met à pédaler.

Lire aussi : Prix 10.000 startups 2021 : Bodyguard, l'IA qui débarrasse les réseaux sociaux de la haine

Darty et la FNAC crédibilisent le concept

Si sur le papier, le concept est parfait, le frein au déploiement de Teebike est le manque de notoriété. « Notre challenge était de nous faire connaître », explique Marine Billis. Jusque-là vendu via le site d'e-commerce et par le biais de magasins spécialisés dans la réparation mécanique, la roue Teebike se fait repérer par Darty et la FNAC. Deux références, accélératrices de visibilité, mais qui surtout « apportent de la crédibilité », souligne Marine Billis. Il faut dire que le confinement de mars 2020 a aussi fait redécouvrir ce mode doux de déplacement.

Soucieuse de s'inscrire dans un modèle complet d'économie circulaire, la startup niçoise s'appuie également sur des ateliers de reconditionnement, ce qu'elle fait notamment avec les Apprentis d'Auteuil, une fondation qui éduque des jeunes en difficultés.

Parmi les projets de la jeune entreprise, figure celui de rapatrier une partie de la production, pour l'heure effectuée en Chine. Le montage de la roue pourrait être l'une des premières phases à être effectuée sur le sol français. Pour ce qui est de l'électronique, sans surprise « nous restons dépendants de la Chine », souligne Marine Billis. Avec 1.500 ventes réalisées en 2020 et un chiffre d'affaires de l'ordre de 500.000 euros, Teebike entend porter celui-ci à 1,5 million d'euros pour l'exercice 2022. Mais surtout, se réjouit de voir sa solution « en bonne voie de démocratisation ».

Lire aussi : Prix 10.000 startups 2021 : Lucine, la révolution du "médicament numérique"

------------------------------

Le prix "10.000 startups pour changer le monde" est le plus grand concours de startups en France. Il est organisé par La Tribune en partenariat avec BNP Paribas, la Mission French Tech, Bpifrance, Business France, le cabinet de conseil en propriété intellectuelle Germain Moreau, Enedis, le secrétariat d'Etat à l'Economie Sociale et Solidaire et le ministère de l'Outre-Mer.

"10.000 startups pour changer le monde" récompense depuis 9 ans les startups françaises les plus prometteuses dans six catégories qui incarnent les défis de demain : Environnement & Energie, Industrie du futur, Data & IA, Smart tech -innovations d'usage-, Santé et Start -pépites en phase d'amorçage. Lors d'un tour de France entre janvier et mars dans 8 métropoles françaises (Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Paris, Strasbourg et Lille), son jury d'experts et de journalistes a récompensé dans chaque région 6 startups, une par catégorie, soit 48 lauréats régionaux.

Ces gagnants se sont affrontés en finale le 15 mars en Paris, pour désigner parmi eux 8 grand prix nationaux : un par catégorie, ainsi qu'un prix Coup de Coeur et un prix Impact. Un 9è prix a également été décerné à une startup des Outre-Mer, parmi quatre finalistes primés à La Réunion et en Guadeloupe. Les 9 prix ont été remis le 29 mars 2021 au Grand Rex de Paris. Après sa victoire lors de la sélection régionale de Marseille, Teebike est le grand lauréat national dans la catégorie Environnement & Energie.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/04/2021 à 8:56 :
Effectivement, il y a déjà la roue ez-Wheel et la Rool'in E-Sunny (solaire !)
Le tout est de le faire savoir.
a écrit le 05/04/2021 à 19:20 :
"Installé, le kit se couple avec une application qui devient, de fait, le tableau de bord du vélo," et si on n'a pas de smartphone on peut quand même l'utiliser ? On est un peu plus que 20% en France à n'en pas avoir,de smartphone (qui semble obligatoire pour les voitures électriques, savoir où y a des bornes, en panne ou pas, occupée ou pas).
J'ai pas encore de vélo, juste l'antivol et le gilet jaune, le choix est cornélien (à part en se fixant une fourchette, de prix, pour trier).
a écrit le 05/04/2021 à 19:03 :
savez-vous qu'il y a des entreprises Française qui proposent des kits de conversion pour vélo 100% made in France et cela depuis plus de dix ans ? elle est ou l'innovation là ? regardez ce qui se fait du côté des pionniers en la matiere comme les Français de chez OZO electric... chez eux meme la batterie est fabriquée en France.
a écrit le 05/04/2021 à 14:17 :
Il y a des années que sur Alibaba on propose des roues électriques ou des moteurs à mettre à la place du moyeu, suffit de refaire un rayonnage ce qui n'est pas bien compliqué à faire, à la portée de tout le monde.
Moi ce que je veux faire, sur la base d'un paddle démonté en deux utiliser la roue caoutchoutée (si ça marche, sinon une meule) et utiliser la technologie inventée pour le solex, même pas besoin de variateur , 1,2 ,3 batteries et contacteur rotatif.
a écrit le 05/04/2021 à 12:02 :
C'est une très bonne idée et elle serait inspirée du coup de visiter aussi des casses de bagnoles.

J'avais vu que les accidents du fait d'un véhicule en mauvais état ne représentaient même pas 3% du total mais du coup cela leur a permis de générer cette énième taxe sur les voitures que sont les contrôles techniques.

Quelle vaste supercherie que notre système quand même.
a écrit le 05/04/2021 à 11:55 :
Tant que la vie , la liberté et la santé des populations est menacée , nous nous en fichons de vos c******* alors que des millions de gens ont perdu leur vies , leurs emplois.
Votre nouveau monde se construit sur des cadavres.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :