Après l'aubaine des confinements, Netflix confronté à la saturation de ses marchés
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LUCY NICHOLSON
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La bulle provoquée par le confinement et les injonctions de rester chez soi se dégonfle quelque peu pour Netflix. Le service de vidéos en streaming a vu sa croissance ralentir en termes d'utilisateurs cet été, notamment sur ses marchés matures, mais la plateforme qui s'approche des 200 millions d'abonnés, garde, pour l'instant, une longueur d'avance sur ses concurrents.
Le géant du streaming a rallié quelque 2,2 millions de nouveaux adeptes de juillet à septembre, soit un peu moins que ses propres prévisions (2,5 millions), et beaucoup moins qu'il y a un an : 6,8 millions au troisième trimestre 2019, d'après son communiqué de résultats publié mardi.
Son titre perdait près de 6% dans les échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York, le groupe californien ayant aussi déçu en termes de bénéfice net par action, à 1,74 dollar au lieu des 2,13 dollars attendus par le marché.
L'essentiel de la croissance de sa base d'abonnés est venu d'Asie, notamment de Corée du Sud et du Japon. Le service veut maintenant mettre les bouchées doubles en Inde.
La plateforme a récemment augmenté légèrement ses prix au Canada, de 14 à 15 dollars par mois pour l'option "standard" et de 17 à 19 dollars pour l'option premium. Aux Etats-Unis, les essais gratuits ont disparu.
Interrogés à ce sujet lors de la conférence aux analystes, les dirigeants du groupe n'ont pas donné de réponse ferme.
Le mouvement pourrait sembler audacieux alors que son nouveau tout jeune, mais déjà majeur, rival Disney+ propose des abonnements à partir de 7 dollars par mois aux Etats-Unis. Pour 13 dollars, Hulu et ESPN+ (sports) sont inclus. Chez Netflix, qui n'a pas l'immensité des catalogues Disney, les prix commencent à 9 dollars (résolution plus faible et un seul écran). Pour 16 dollars mensuels, les utilisateurs ont la très haute définition et jusqu'à 4 écrans simultanés. Dix mois après son lancement, Disney+ est d'ailleurs déjà un incontestable succès : le service de streaming lancé par l'empire du divertissement revendique 60 millions d'abonnés dans le monde.
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Le pionnier Netflix doit aussi composer, en plus de Disney+, de la nouvelle concurrence des studios hollywoodiens WarnerMedia et NBCUniversal, qui ont lancé il y a quelques mois respectivement HBO Max et Peacock. Ces deux nouveaux services, directement concurrents de Netflix, disposent eux aussi de solides atouts, à commencer par un catalogue massif et de qualité.
Malgré la concurrence, la société se montre confiante. D'une part, elle a largement bénéficié des mesures de distanciation physique, malgré l'émergence de concurrents de poids à la même période, dont Disney+. D'autre part, ses services de production sont de nouveau opérationnels "quasiment partout dans le monde", malgré la pandémie, et toutes les sorties prévues pour 2021 sont confirmées. Et dès la mi-novembre, elle peut compter sur la troisième saison de "The Crown", une série sur le règne d'Elizabeth II, pour augmenter les compteurs.
La plateforme compte désormais un peu plus de 195 millions d'abonnés dans le monde. Au quatrième trimestre, elle prévoit de remporter 6 millions de nouveaux abonnés payants, à nouveau en dessous des 8,8 millions accumulés d'octobre à décembre 2019.
Son chiffre d'affaires est ressorti légèrement supérieur aux prévisions des analystes, à 6,4 milliards de dollars, et son bénéfice net a atteint les 790 millions, contre 665 millions il y a un an.
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"La pandémie et ses conséquences continuent de rendre toutes les projections très incertaines, mais si le monde se remet en 2021 comme nous l'espérons, nous tablons sur une croissance d'un niveau comparable à ceux d'avant le Covid-19", précise le groupe.
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