En plein scandale, Facebook annonce qu'il va améliorer la confidentialité des conversations sur Messenger
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Connaissez-vous la principale différence entre Facebook Messenger et WhatsApp, les deux applications de communication du groupe Meta ? La réponse est importante : il s'agit du chiffrement de bout en bout. Grossièrement, cette couche de sécurité permet de chiffrer le contenu des messages lorsqu'ils transitent de l'expéditeur au destinataire, c'est-à-dire qu'elle transforme les textes en un ensemble de caractères incompréhensibles. Seuls les deux participants de la conversation -à chaque "bout"- ont la clé pour chiffrer et déchiffrer le contenu.
Avec cette protection, toute personne qui intercepterait la communication -sur le réseau ou sur les serveurs de l'entreprise qui gère l'application- ne pourrait pas la lire (du moins, en théorie). Autrement dit, les conversations des utilisateurs de WhatsApp (mais aussi d'autres apps comme Signal) sont bien mieux protégées que celles de Messenger. C'est pourquoi, dans un billet de blog publié le 11 août, Facebook a annoncé qu'il lançait des tests pour instaurer le chiffrement de bout en bout par défaut sur Messenger. Cette mesure lui aurait évité le scandale qui a éclaté plus tôt dans la semaine, lié à la terrible histoire d'une enquête policière pour avortement clandestin aux Etats-Unis. Un scandale qui a relancé le hashtag #DeleteFacebook (supprimons Facebook).
Mardi, la presse américaine a relayé la collaboration de Facebook avec la police du Nebraska sur une affaire d'avortement, alors que le pays est sous tension sur ce sujet depuis que la Cour Suprême a révoqué l'arrêt Roe v. Wade. Soumis à un mandat de perquisition émis par la justice en juin, le réseau social a transmis les données qu'il détenait sur une adolescente de 17 ans, Celeste, et sa mère. Avec dans le lot, les conversations Messenger entre les deux.
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Celeste était accusé d'avoir effectué un avortement (par voie médicamenteuse) en dehors de l'hôpital, au bout de sa 28e semaine (6e mois) de grossesse. Elle aurait ainsi bravé plusieurs lois du Nebraska, qui interdit l'avortement au-delà de la 20e semaine hors cas de danger grave ou mortel pour la femme enceinte, et risquerait plusieurs années de prison ferme, tout comme sa mère. Ces lois existaient avant la révocation de Roe v. Wade mais l'affaire a suscité l'émoi, car elle laisse entrevoir le rôle que les réseaux sociaux pourraient avoir dans la répression controversé de l'avortement.