Le règlement européen sur la protection des données personnelles (le fameux RGPD) va permettre à l'Europe de frapper un énorme coup contre Meta. Il pourrait même carrément faire exploser son modèle économique et avoir des conséquences systémiques sur l'ensemble des acteurs de la publicité ciblée.
Mardi 6 décembre, le Comité européen à la protection des données (CEPD, qui rassemble les 27 autorités nationales de protection des données de l'UE, dont la Cnil française) a adopté trois décisions concernant Meta, l'empire des réseaux sociaux de Mark Zuckerberg composé de Facebook, Instagram et WhatsApp (entre 2 et 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels pour chacun). Ces décisions n'ont pas été rendues publiques dans le détail, mais elles concernent, d'après la Cnil française, « la licéité et la transparence des traitements à des fins de publicité comportementale » de Facebook et Instagram, et « la licéité du traitement aux fins de l'amélioration des services » de WhatsApp.
Traduction : cette décision remet en cause la base légale sur laquelle Meta se fonde pour monétiser via la publicité ses plateformes Facebook, Instagram et WhatsApp. C'est également l'affirmation du Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier. D'après le média, le groupe des Cnil européennes considère que les pratiques de Meta violent le RGPD, et demande donc une sanction financière conséquente et surtout, des changements rapides. D'après Politico, Meta aurait provisionné 3 milliards d'euros en anticipation des sanctions, même si le groupe estime officiellement que les textes adoptés mardi ne sont « pas la décision finale » et qu'il est « trop tôt pour spéculer ».
On connaîtra début janvier, soit un mois après la publication des décisions, le montant des sanctions. Ce délai s'explique par le fait que la décision finale doit être prononcée par la Cnil irlandaise, car c'est en Irlande que Meta a installé son siège social européen.