Le grand décollage de la musique en ligne

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Hans-Holger Albrecht, le directeur général de Deezer, qui veut introduire sa pépite en Bourse d'ici à la fin de l'année.
Hans-Holger Albrecht, le directeur général de Deezer, qui veut introduire sa pépite en Bourse d'ici à la fin de l'année. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
D’après le cabinet Gartner, les consommateurs débourseront quelques 10,4 milliards de dollars dans le monde en téléchargement et en streaming d’ici 2019, contre 6,6 milliards l’an dernier.

Si les CD sont encore loin d'être morts, leurs jours semblent malgré tout comptés. La faute au marché de la musique en ligne, attendu en (très) forte croissance ces prochaines années. D'après une étude dévoilée cette semaine, le cabinet Gartner estime que dans le monde, les consommateurs dépenseront 10,4 milliards de dollars pour écouter en streaming ou télécharger leurs titres préférés d'ici à 2019, contre 6,6 milliards en 2014.

Gartner musique en ligne

Ici, le CAGR (pour Compound Annual Growth Rate) correspond au taux de croissance annuel moyen, soit 9,6%.

Pour Stéphanie Baghdassarian, analyste chez Gartner et auteur de l'enquête, on va donc assister à « un passage de témoin » entre la musique physique (les CD pour l'essentiel) et celle disponible en ligne. Surtout, le téléchargement de titres va se faire damer le pion par l'écoute en streaming, qui connaît un essor fulgurant. Selon Stéphanie Baghdassarian, cela se produira « dès 2017 ». Cela s'explique d'abord par la facilité d'accès à Internet. Dans les pays développés, la 4G - c'est-à-dire le haut débit sans fil -, permet de recourir au streaming très facilement sur smartphone. Il en va de même dans les pays émergents, où la 3G est largement répandue.

Une concurrence féroce

En parallèle, « on assiste à une prolifération de services commerciaux légaux dans de nombreux pays, et les catalogues s'étoffent rapidement », constate Stéphanie Baghdassarian. Parmi les locomotives du secteur, il y a bien sûr les pionniers Deezer et Spotify. Présent dans 180 pays (même si la moitié de ses revenus émanent de l'Hexagone), le premier compte 6,3 millions d'abonnés payants. La plupart d'entre eux proviennent de ses nombreux partenariats avec les opérateurs télécoms (comme Orange en France) qui proposent son service, mais aussi auprès d'autres acteurs. L'an dernier, Deezer s'est allié avec le fabricant d'enceintes sans fil Sonos. Pour accélérer son déploiement à l'international, le service de streaming a annoncé mardi sa prochaine introduction à la Bourse de Paris, une première dans ce secteur. La pépite française espère ainsi prendre l'avantage face à son grand concurrent, le suédois Spotify. Couvrant 50 pays, ce dernier est certes moins présent à l'international. Mais avec 20 millions de fidèles, il dispose d'une base d'abonnés payants beaucoup plus étoffée.

Dans ce marché peu mature et très concurrentiel, on trouve aussi Pandora, qui mène la danse sur le streaming outre-Atlantique. Mais aussi Apple, qui avec sa récente application Music, constitue un sérieux rival. Ou encore Rhapsody (qui opère sous le nom de Napster en France), Rdio, et Tidal, un service de musique en ligne lancé cette année par le rappeur américain Jay-Z.

Lire aussi : Apple Music arrive, le streaming en ébullition

Or dans ce marché déjà très encombré, deux autres poids lourds américains, Google et Microsoft, devraient bientôt dévoiler leurs plateformes. Alors que d'autres acteurs, pourtant bien éloignés de la sphère high tech, avancent aussi leurs pions. A l'instar de Leclerc, qui a lancé mi-juillet Réglo Musique, son propre service musical en ligne.

La bataille pour la maîtrise du streaming, et plus largement de la musique sur la Toile, n'en est donc qu'à ses balbutiements. Et ceux que cette grande vague de dématérialisation effraye pourront toujours se rabattre sur les vinyles. Depuis quelques années, le bon vieux microsillon s'offre une seconde jeunesse chez les disquaires indépendants et dans les enseignes de grande distribution. Même si les galettes noire demeurent un marché de niche, leur retour constituent tout de même un joli pied-de-nez aux cadors du numérique.

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a écrit le 25/09/2015 à 13:34 :
Les Majors encaissent, et reversent combien aux auteurs, interprètes, musiciens, autres ? Le moins possible ? A une époque la dématérialisation n'était pas prévue dans les contrats et vu que les droits sont gérés par les majors, zéro centime versé. A-ce évolué ?
Réponse de le 25/09/2015 à 14:00 :
notre Jonnie national touchait moins de 10% du prix d'un cd
un sombre inconnu des media doit toucher bien moins de 5% parfois moins de 1%
pour autant il n'y a jamais eu autant d'artistes vivant de leur musique, et jamais autant qui se goinfrent. Sans parler de leurs entourages qui eux aussi n'ont jamais gagné autant...d'où le pleurnichage des majors pour mettre en prison les adeptes du clic ou des amende de dingues qui ruinent quelqu'un à vie
20 ans pour avoir une licence globale non obligatoire... waou avoir comparer au nazi les cliqueurs fous pour ça

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