Si la major a pâti d’une baisse importante des ventes physiques, en particulier depuis la crise du coronavirus, elle a parfaitement négocié le virage du numérique.
Le numéro un mondial de la musique a fait, ce mardi, une entrée remarquée à la Bourse d’Amsterdam. Son titre a grimpé de 35% dans les premiers échanges. En parallèle, l'action Vivendi, qui se cherche un avenir sans sa poule aux œufs d’or, chutait lourdement.
C'est un départ tonitruant. Universal Music Group (UMG) a largement séduit les investisseurs ce mardi, jour de son introduction à la Bourse d'Amsterdam. Son titre était initialement proposé à 18,50 euros, sur la base d'une valorisation de 33 milliards d'euros. Et il caracolait à 25 euros (+35%) en fin de matinée. En parallèle, le titre de Vivendi, ex-maison-mère de la major, numéro un mondial de la musique, chutait lourdement, de près de 14%, à 11,22 euros.
D'un côté, les marchés semblent se montrer très optimistes pour l'avenir d'UMG. Si la major a pâti d'une baisse importante des ventes de disques, en particulier depuis la crise du coronavirus, elle a parfaitement négocié le virage du numérique. En témoignent ses revenus issus de l'écoute de la musique en ligne, qui ont progressé de près de 25% au premier trimestre.
UMG, une cash machine
De l'autre, les investisseurs intègrent le fait que Vivendi va désormais devoir composer sans sa major, qui constituait la locomotive du groupe ces dernières années. Au premier semestre, le bénéfice net d'UMG s'est élevé à 452 millions d'euros, soit près de 93% de celui du géant des médias contrôlé par Vincent Bolloré. Le champion de l'industrie musicale, devant Sony et Warner, pesait également près de la moitié des 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires de Vivendi à la même période. Rien de moins !
Désormais, Vivendi n'a la main que sur un peu plus de 10% du capital de cette pépite. Près de 60% du capital de la major doit être distribué à ses actionnaires. Dans cette opération, Vincent Bolloré et le Groupe Bolloré, premier actionnaire de Vivendi à hauteur de 29%, détiendront 18% d'UMG. Le géant chinois Tencent, lui, a en deux fois récupéré 20% du capital l'an dernier. Tandis qu'au printemps dernier, le financier américain Bill Ackman en a pris 10% pour 3,5 milliards d'euros.
Les marchés ont maintenant les yeux rivés sur Vivendi. Le mastodonte des médias et maison-mère de Canal Group (Canal+), du géant de la publicité Havas, de l'éditeur Editis et du spécialiste des jeux vidéo sur mobile Gameloft, va devoir prouver sa pertinence industrielle. « Il y a désormais un vrai enjeu de reconstruction d'un projet attractif au sein de Vivendi sans Universal », souligne à La Tribune Thomas Coudry, analyste chez Bryan Garnier.
Newsletter
Tech & IA
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.