Technologie, je t'aime, moi non plus
Sylvain Rolland
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Le 23 mars 2018, en Californie, u naccident mortel impliquait uen voiture autonome Tesla équipée du logiciel «d'aide à la conduite» Autopilot.
Sipa
Sylvain Rolland
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Le 23 mars 2018, en Californie, u naccident mortel impliquait uen voiture autonome Tesla équipée du logiciel «d'aide à la conduite» Autopilot.
Sipa
C'est un grand paradoxe, souligné par toutes les études. Les Français utilisent massivement la technologie et deux tiers pensent qu'elle leur facilite la vie, d'après le rapport Trust in Technology de la banque HSBC. Mais seulement 41 % d'entre eux pensent qu'elle rend le monde meilleur. Les cabinets de conseil ne cessent d'alerter sur l'augmentation de la défiance envers les technologies, accusées de prendre de plus en plus le pouvoir sur nos vies. Assistants vocaux qui nous écoutent, fake news et deepfakes (fausses vidéos virales) qui cherchent à nous manipuler, intelligence artificielle qui automatise jusqu'aux professions intellectuelles, reconnaissance faciale pour la surveillance... La société devient-elle petit à petit un épisode de la série Black Mirror ?
« Les technologies ont toujours suscité de la crainte depuis l'arrivée du chemin de fer. Une partie de cette peur est irrationnelle », relativise Eric Salobir, prêtre et président d'Optic Technology, un cercle de réflexion créé en 2012 par l'ordre des dominicains pour débattre de l'impact des technologies. Mais l'homme de foi estime que la vitesse des évolutions technologiques change la donne. « La crainte d'être dépassé par la machine, c'est-à-dire la peur de l'obsolescence de l'humain, paraît plus crédible que jamais », ajoute-t-il. Blockchain à la place des tiers de confiance (avocats, notaires, banquiers, assureurs), IA à tous les niveaux de l'entreprise pour prendre des décisions, robots pour les tâches répétitives, véhicules autonomes dans les villes... Quelle sera la place de l'humain dans la société tout technologique de demain ?
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« Il est plus difficile aujourd'hui de se dire que la théorie de Schumpeter sur la destruction créatrice va s'appliquer et tirer l'humanité vers le haut. La prolifération de la littérature alarmiste sur les robots voleurs d'emplois et l'IA dominatrice n'aide pas », note le prêtre, qui souligne, comme de nombreuses études, que les nouvelles technologies vont aussi créer de nombreux métiers encore inconnus. Le rapport compliqué des Français à la technologie vient de leur culture et de l'histoire. La société française repose plus qu'ailleurs sur le contrat social cher à Rousseau, sur l'État-providence et sur les corps intermédiaires. À ce titre, la blockchain, qui permet de garantir la confiance dans les transactions, incarne à la fois un progrès souhaitable (c'est une technologie sûre, traçable, auditable) mais aussi une forme de dérive.
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