Les deux champions européens des équipements télécoms ont tous deux affiché des résultats mitigés au titre du premier trimestre. Ils redoutent notamment un ralentissement des dépenses des opérateurs dans la 5G dans un contexte économique difficile.C'est un bilan en demi-teinte. L'équipementier télécoms finlandais Nokia a dévoilé ce jeudi ses résultats au titre du premier trimestre, au surlendemain de ceux de son grand rival, le suédois Ericsson. Du côté des ventes, les voyants semblent au vert. Le chiffre d'affaires de Nokia a progressé de 10% sur un an, à 5,8 milliards d'euros. Ericsson, pour sa part, a vu le sien progresser de pas moins de 14%, à plus de 62 milliards de couronnes (5,5 milliards d'euros).
Sur le front des bénéfices, Nokia a vu les siens progresser de 32%, à 289 millions d'euros. Mais ils se sont toutefois révélés inférieurs aux attentes des analystes. Les bénéfices d'Ericsson, eux, ont nettement reculé de 46%, à 1,6 milliard de couronnes (140 millions d'euros). Cela a déçu les investisseurs, qui n'ont pas manqué de le faire savoir : le titre a nettement baissé depuis deux jours, passant de 62 à 55 couronnes suédoises en Bourse.
Les difficultés des opérateurs télécoms
Les géants des équipements télécoms ne cachent pas leurs inquiétudes. Si Nokia bénéficie de l'accélération du déploiement de la 5G en Inde, ce n'est pas le cas aux Etats-Unis, un marché aussi important que stratégique. Au pays de l'Oncle Sam, les opérateurs lèvent, d'après l'équipementier, nettement le pied sur leurs dépenses. « Nous commençons à voir des signes de l'impact de l'environnement économique sur les dépenses des clients », souligne Pekka Lundmark, le PDG de Nokia.
Le dirigeant souligne que la conjoncture pèse sur les investissements des opérateurs dans les infrastructures. Ceux-ci sont, en effet, contraints de déployer en même temps des réseaux de fibre et la 5G, tout en faisant face à l'inflation et à la hausse des prix de l'énergie. Pekka Lundmark affirme que Nokia n'a donc d'autres choix que de « maintenir une discipline en matière de coûts » pour « naviguer avec succès dans ce climat d'incertitude ».