La propriété immobilière est-elle en danger ?

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Les pays du sud de la zone euro ont les taux de propriétaires les plus élevés.
Les pays du sud de la zone euro ont les taux de propriétaires les plus élevés. (Crédits : <i>Photos Wikipedia / LaTribune)
L'État français trop interventionniste nuit à la liberté d'accéder à la propriété immobilière, selon l'Union nationale de la propriété immobilière... Mais le sujet s'avère bien plus complexe.

La propriété immobilière est-elle vraiment en danger ? C'est en tout cas ce qu'assure l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi). Quels arguments avance-t-elle ? La présence très encombrante depuis plusieurs décennies d'un État trop interventionniste qui prône la propriété collective au détriment des libertés individuelles.
Un État qui téléguide la crise de la construction par l'assistanat et qui déresponsabilise les agents économiques français. Ce qui nuit à l'esprit d'initiative et à l'innovation. "A force d'encadrer, on rend les gens asservis", assure Jean Perrin, président de l'Unpi. "Une société qui ne respecte pas la propriété ne respecte pas la responsabilité et prive de liberté", ajoute-t-il.

Les plus hauts taux de propriétaires se trouvent dans les pays du sud de l'Europe

Le président de l'Unpi milite pour une France avec 100% de propriétaires, facteur de prospérité économique, car selon lui "plus il y a de propriétaires, plus il y a d'activité".
Certes... mais les faits montrent qu'un taux de propriétaires immobiliers élevé n'assure en rien la bonne santé économique d'un pays.
C'est même plutôt l'inverse en Europe, où la Roumaine, la Bulgarie, la Hongrie ou encore l'Espagne font partie des pays où les taux de propriétaires sont les plus élevés (entre 75% et 97%), d'après les données d'Eurostat. Alors que la France (63%), l'Allemagne (53,4%), l'Autriche (57,5%) et les Pays-Bas (67%) sont les pays avec les plus bas taux de propriétaires.

Les conditions économiques difficiles

Du surcroît, si "l'accès à la propriété n'est pas au mieux aujourd'hui, c'est davantage pour des raisons liées à la crise économique", juge Jean-Claude Driant, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris.
En effet, si les primo-accédants, les plus affectés en 2013, sont moins enclins à acheter, c'est avant tout à cause de la contraction de leurs revenus et du niveau de prix élevés dans les grandes villes. Et malheureusement "le faible niveau des taux d'intérêt de crédits n'arrive pas à compenser ce double effet crise/prix élevés", ajoute Jean-Claude Driant.
Les pouvoirs publics ont certes réduit le périmètre du prêt à taux zéro dans le neuf, après l'avoir supprimé dans l'ancien, mais qualifier ces actions d'atteinte à la propriété paraît excessif.

Les investisseurs locatifs dans le dur

Il faut en outre distinguer le propriétaire occupant du propriétaire-bailleur. Ce dernier peut en effet se plaindre de la disparition progressive d'incitations fiscales très avantageuses, et de la perspective de l'encadrement des loyers. Résultat, les investisseurs particuliers se retirent du marché : il n'y a eu que 30.000 investissements locatifs dans le neuf en 2013.

Mais il faut dire que les dispositifs fiscaux ultra-avantageux des années précédentes ont phagocyté une bonne part des moyens financiers des ménages pouvant investir. Il est donc logique qu'après une période faste (plus de 70.000 logements Scellier mis en chantier en 2010), un effet de rattrapage se fasse sentir. 

Les propriétaires-bailleurs ont des devoirs

Reste que si le propriétaire-bailleur a des droits, il a aussi des devoirs, notamment celui de répondre aux besoins en logements de la population. Et tout besoin humain implique une dimension sociale. Le propriétaire se doit alors de mettre en location dans des conditions décentes en matière de confort, de surface, d'équipements sanitaires et de qualité d'isolation thermique. "Ce sont ces caractéristiques particulières qui justifient l'intervention publique sur le marché du logement", estime Jean-Claude Driant.

Que la société fonctionne de manière harmonieuse

Nier cette réalité sociale, c'est tout simplement nier la réalité de la société française qui possède tout de même près de 40% de locataires. "Il est nécessaire que tout le monde soit logé et bien logé pour que la société fonctionne de manière harmonieuse. C'est pourquoi la notion de besoin en logements existe", explique Jean-Claude Driant.

La difficulté pour l'État est alors de trouver le juste équilibre pour satisfaire les besoins en logements, sans agir de façon néfaste sur l'offre. D'où la menace des propriétaires tenant des positions les plus libérales. 

 

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a écrit le 02/02/2014 à 19:51 :
Les propriétaires n'ont que des devoirs ! et les locataires n'ont que des droits qui pourrissent la gestion quotidienne des bailleurs.
Etre propriétaire dans ce pays est un piège à cons et pas autre choses, ceux qui devraient être tenté sans avoir eu l'expérience devraient s'abstenir.
Il faudrait même boycotter l'investissement dans le logement pour qu'ils comprennent enfin que nous devons être respecté, car l'Etat n'a su que ménager un terrain avec des lois discriminative permettant par autre chose que le piratage du logement des bailleurs du secteur privé.
Réponse de le 03/02/2014 à 8:27 :
Mais vendez donc si l'affaire n'est pas rentable et investissez dans une entreprise! Ca changera, vous n'investirez plus l'argent de l'état et de vos locataires! Aussi, vous pourrez toujours pleuré pour le sauvetage du cours de vos actions comme vous le faites en bon libéraux lorsque les prix de l'immobilier baissent pour se rapprocher des revenus!
Réponse de le 05/02/2014 à 10:25 :
C'est bien vous avez du pognon pour moi je ne me pose même pas la question de mettre un locataire dans un logement je me contente juste de rembourser mon premier prêt immobilier pour une maison dans la campagne et un crédit sur 20 ans... Et encore heureusement j'avais un gros apport sinon...
Réponse de le 06/02/2014 à 15:09 :
Les propriétaires qui pensent que ce n'est pas rentable devraient vendre, cela permettrait de faire dégonfler cette bulle immobilière et augmenter le nombre de primo-accédants.
Il faut comprendre que les acheteurs veulent être propriétaires simplement pour ne pas avoir de loyer à payer toute leur vie.
a écrit le 31/01/2014 à 18:09 :
La première urgence est de dégonfler la bulle immobilière. Après ça l'accession à la propriété redeviendra envisageable.
Réponse de le 01/02/2014 à 11:33 :
Le sujet est tabou et les lobbies ne seraient pas contents, c'est botus et mouche cousue.
Réponse de le 05/02/2014 à 13:03 :
D'ailleurs c'est marrant que le monsieur de l'article parle d'assistanat sans parler Scellier, ptz, etc...
a écrit le 31/01/2014 à 17:22 :
Pour moi, un "propriétaire", c'est quelqu'un qui a payé comptant, ou qui a fini de rembourser son crédit. Dans le cas contraire, il n'est que le locataire de sa banque.
Il y a donc assez peu de "vrais" propriétaires en France. Le débat est faussé à la base.
Réponse de le 01/02/2014 à 4:41 :
+1 Je suis d'accord avec vous. C'est un point trop souvent ignoré.
a écrit le 31/01/2014 à 15:55 :
Excellent article. Il faut en effet que l'état mette les moyens pour que la bulle de l'immobilier n'explose pas. Sinon, nous risquons de perdre de l'argent.
a écrit le 31/01/2014 à 14:41 :
Faire remonter les impots sur l'immobilier a partir de la residence principale. 2%3% par an comme dans les pays developpes genre US.
En plus baisser les prix fera repartir de suite le marche. Un 40% pour commencer sera salutaire.......
Réponse de le 31/01/2014 à 14:56 :
cet impot là existe déjà c'est l'ISF et les droits de succession
encore un masochiste qui adore la propension de nos énarques d'augmenter encore et encore la pression fiscal !!
Réponse de le 01/02/2014 à 7:32 :
ISF......vous le payez avec l'abatement sur la residence principale.......c'est dommage. Il faut justement inclure TOUT le patrimoine dedans. et l'imposer a 2-3% de la valeur du marche tous les ans. Cela devra vous ravir car les prix de l'immobilier sont orintes a la baisse.....Vous aller peut etre sortir des redevables a l'ISF....
Réponse de le 01/02/2014 à 7:37 :
Juste un petit autre detail.....sur le droits de succession: je remarque que ces droits sont payes une fois en generale dans sa vie..... payer toute sa vie en fonction de la valeur du patrimoine enlevera aussi cette charge pour les heritiers......En plus elle est previsible. Alors que vous avez tout le temps de minimiser l'heritage pendant toute une vie. Et puis payer une fois tous les 80 ans contre payer annuelement.....Cela aussi permets d'etaler les payement sur 80 ans en moyenne,,,,,,
a écrit le 31/01/2014 à 14:30 :
Il faut savoir qu'en Belgique, certains élus commencent à avoir un discours disant que la propriété individuelle peut être considérée comme une valeur active de l'état . Un moyen politique pour faire de l’hypothèque de voleur.
a écrit le 31/01/2014 à 13:45 :
65 % des français possèdent leur maison. c'est un résultat plutôt très satisfaisant.
Réponse de le 01/02/2014 à 4:45 :
Pas tout à fait. Il peut s'agir aussi de multiples propriétés (résidence secondaire, investissement locatif etc).
Le salaire médian est aux alentours de 1600 euros de mémoire, le salaire moyen de 2095 euros et le prix moyen d'un bien immobilier est de 220 000 euros. Cela nous donne quelques aperçus (insuffisant pour une réelle analyse, il est vrai).
a écrit le 31/01/2014 à 13:35 :
Investissez dans la production industrielle et laissons les artices pub de site parler.
Réponse de le 31/01/2014 à 15:57 :
Si la production industrielle licenciait moins, elle aurait des clients, aussi...
Réponse de le 31/01/2014 à 18:14 :
pour produire, il faut d'abord avoir des marchés. Sinon, faillite assurée
Réponse de le 01/02/2014 à 4:41 :
+1 La Loi des Débouchés n'a jamais été aussi vraie.
a écrit le 31/01/2014 à 12:46 :
Quel drôle d'article une fois encore qui n'a fondamentalement rien à voir avec un risque de remise en cause du droit de propriété.?!?
a écrit le 31/01/2014 à 12:31 :
c est vraiment n importe quoi: pendant au moins 10 ans l etat a subventionne les proprietaires (scellier, PTZ, deduction d emprunts). Bilan des courses: les prix du logement ont flambe et il n y a jamais eut autant de mal loge!
Autrement dit, ca a coute cher et c est un echec. et ce monsieur voudrait qu on continue !
Sinon son argement que plus il y a de proprietaire miex c est pour l economie est risible: regardez le spagne, quasiment que des proprios mais surendette et une economie qui a explosé quand la bulle immobiliere a fait plouf. au contraire, la RFA ou la suisse ont peux de proprietaires et leurs societes nous mettent regulierement la patee
a écrit le 31/01/2014 à 11:31 :
Devenir propriétaire il y a des tas de gens qui bossent et qui n’y pense pas car pour eux c’est financièrement impossible. Ils sont locataires et heureux. Puis il y a les fâcheux qui sermonnent a longueur de journée que la propriété c’est le bonheur et une sécurité garanti. Pour ceux qui ont les moyens oui mais ceux la ont déjà leur bonheur matériel. Faisons taire et sanctionnons ces bonimenteurs de l’accession à la propriété et donnons la parole a tous ceux qui chaque jour se mordent les doigts d’avoir tenté l’expérience. Quand on admettra qu’une grande partie de nos concitoyens ne pourront jamais devenir propriétaire le rêve de l’accès a la propriété ne viendra plus torpiller les relations bailleurs loueurs. Car le bonheur sera dans une relation de qualité.
a écrit le 31/01/2014 à 11:19 :
le droit à la propriété pour le tiers état que nous sommes est un droit gagné de haute lutte à la révolution Française. Le remettre en cause c'est vouloir revenir à l'ancien régime même si vous substituer le souverain et les nobles par l'Etat omnipotents et sa clientèle assistée
a écrit le 31/01/2014 à 11:19 :
C'est grotesque: plus il y a de propriétaires, plus il y 'a d'activité
C'est complètement faux. C'est tout le contraire. Il y a une très forte corrélation entre le taux de propriétaire et le taux de chomage. Plus il y a de propriétaires, plus il y a de chomage
a écrit le 31/01/2014 à 11:15 :
L'avantage d'une population de locataire est d'assurer une rente pour l'état. Cela permet aussi d'obliger les locataires à travailler plus, donc d'augmenter la productivité, pour compenser les augmentations de loyers et taxes. Le locataire devient donc esclave de sa location, et contrairement au propriétaire, il est géographiquement mobile, même si cela implique d'abandonner sa famille et ses amis, la fidélité n'étant pas nécessairement un qualité chez nos élites...
a écrit le 31/01/2014 à 10:50 :
Nos gouvernements succesifs (droite ou gauche) à faire que du sociale à tout va pour acheter la paix, n'ont réussit qu'a déposséder les gens de leurs biens ou tout du moins a les dissuader d'acheter. Les taux n'ont jamais été aussi bas et pourtant les invest immo ne décollent pas, faute à une fiscalité décourageant de vendre ou à des prix excissifs.
Réponse de le 01/02/2014 à 2:28 :
Face aux prix, la fiscalité est derisoire... arreter vos mensonges
a écrit le 31/01/2014 à 10:39 :
je l'ai entendu sur BFM hier, drôle de notion de l'esprit d'entreprise ....plutôt le défenseur d'une génération de rentiers qui viennent donner des leçons d'économie libérale après avoir largement bénéficié de l'état providence et du subventionnement par l'état de leurs plus values
Réponse de le 31/01/2014 à 11:10 :
BFM n'a pas le monopole de l'info, J'ai 71 ans et lorsque je regarde les aides de
l'État que DAL, par contre me coller des redressements (déduction des intérêts d'emprunt) çà il a su le faire. Je connais des personnes ayant des enfants à charge qui préférent rester locataires que proprio les aides au logement étant plus
importante. Dans les villes c'est la fiscalité qui tue, j'ai vu en 2009 à ST-Quentin 02
un jeune accédant pleurer devant les impots locaux qu'il allait payer. Par contre lorsque l'on passe dans les habitations "des assistés" On peut s'apercevoir que
les voitures sont parfois de luxe BMW ? Pour moi nous sommes à la fin de
l'Empire Romain LACTANCE ECRIVAIT le nombre de citoyens qui reçoivent des aides de l'état étant plus nombreux que ceux qui paient, on voit des citoyens partir chez les Barbares
Réponse de le 01/02/2014 à 2:33 :
Cessez donc de vous planquer derriere les parasites pour defendre ceux qui encaissent leurs APL.
a écrit le 31/01/2014 à 10:28 :
...et faites nous un article sur les 'Échevins ' locaux : service d'urbanisme ,mairie , conseil général, agglo..etc , qui nous taxent lourdement et augmentent toutes les années pour payer leurs 'n'importe quoi ' urbains .. : ' Édicules ', sécurités diverses ,rond-points....etc et justifier ,ainsi ,leur position de petits chefs administratifs !! exemple : le lotissement !! l'horreur administratives ! toutes initiatives individuelles est proscrites ou sanctionnées ,tout est figé et doit être aux normes ,les gens se surveillent ...etc ..l'immobilisme 'convulsionn el assuré ! c'est du ' Fascime administratif ' Vive le Cabanon de mon grand-père ! ...et le chateau de ma Mere..
Réponse de le 31/01/2014 à 14:32 :
C'est que dans certaines administrations les primes d'abondement se calculent
sur les dépenses et recettes, soit un certain pourcentage ?
a écrit le 31/01/2014 à 9:55 :
L'ARTICLE EST PARFAIT, l'état Français pronant depuis plusieures années, par ses textes et lois, de gauche ET de droite, une propriété collective, donc le collectivisme. Le code cicile dans ses articles sur la propriété et les biens, est d eplsu en plus vidé de son substrat, et n'a plus grand sens. C'est aussi une réalité qui conclue pour un particulier à ne plus investir dans l'immobilier, car jusqu'alors nul n'est obligé "de force" à investir dans un support non rentable. la boucle est ainsi bouclée, une fois de plus c'est la valise ou le cercueil fiscal, pour certains la valise a été faite depuis longtemps, les autres sont pris dans la nasse ce que recherchent lesdits "pouvoirs publics".
a écrit le 31/01/2014 à 9:52 :
Un véritable libéral serait opposé à l'APL, à l'ALS et autres allocations délivrées indirectement par l'Etat et tendant à maintenir des loyers élevés.

Mais nous ne connaissons que trop bien nos prétendus libéraux à la française : Non aux taxes, OUI aux subventions.

Le parasitisme dans sa splendeur.
Réponse de le 31/01/2014 à 13:43 :
"Un véritable libéral serait opposé à l'APL, à l'ALS et autres allocations délivrées indirectement par l'Etat et tendant à maintenir des loyers élevés."

C'est ce que j'ai expliqué à un bailleur qui se plaignait des problèmes avec ses locataires, en lui rappelant au passage que si plus d'APL des gens ne peuvent plus payer leur loyer.Il l'a alors un petit peut moins ramenée, lui qui se plaint de l'état providence.
a écrit le 31/01/2014 à 9:35 :
"mais les faits montrent qu'un taux de propriétaires immobiliers élevé n'assure en rien la bonne santé économique d'un pays." Ca peut aussi vouloir dire que quand on a un toit sur la tête, on n'a pas besoin de développer une énergie débordante pour assurer ses fins de mois, en particulier assumer un loyer, qui en cas de non-paiement peut vous jeter dans la rue.
a écrit le 31/01/2014 à 9:16 :
Suppression des logements sociaux pour faciliter l'acces a la propriete!
a écrit le 31/01/2014 à 8:44 :
Le dogme européen est contre "la propriété" car c'est un signe de patriotisme et qu'elle empêche la bonne circulation de la main d'oeuvre pour la création d'un meltingpot du "futur peuple au niveau continental".

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