Accord européen sur les produits dérivés

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Les ministres des Finances des vingt-sept pays de l'Union européenne se sont mis d'accord mardi pour réguler les produits dérivés , accusés d'avoir contribué à la crise sur les marchés financiers, suite à un compromis avec la Grande-Bretagne qui traînait des pieds.

"Une étape très importante a été franchie avec cet accord unanime des ministres des Finances sur la régulation", a déclaré à la presse le commissaire européen chargé du secteur des services financiers, Michel Barnier, à l'issue de la réunion ministérielle à Bruxelles. "Nous sommes dans les temps pour respecter nos engagements au sein du G20" sur ce sujet, s'est-il réjoui, ajoutant qu'il espérait parvenir "dans quelques jours" à un accord sur la question avec le parlement européen, appelé aussi à co-décider.

"Il fallait réguler ces produits dérivés parce que certaines faillites ont révélé les dysfonctionnements de ce marché", a souligné le commissaire européen, rappelant que "80% des échanges se font de gré à gré, échappent donc à tout contrôle et sont des facteurs de risque pour tout le système".

Bruxelles veut obliger tous les produits dérivés, y compris ceux échangés de gré à gré, à passer par des chambres de compensation, des organismes qui assurent le bon déroulement des opérations et jouent le rôle de fonds de garantie. Les produits dérivés de gré à gré avaient été pointés du doigt pour leur opacité durant la crise de 2008-2009 partie des Etats-Unis et de l'effondrement du marché des "subprimes".

"Le tout dernier point sur lequel nous devions réunir un accord était celui du rôle de la supervision de ces chambres de compensation" en Europe, a expliqué Michel Barnier.

L'accord a été obtenu grâce à un compromis avec Londres qui contestait le pouvoir de l'autorité de régulation financière européenne (ESMA), étant donné que la City contrôle 75% du marché européen des dérivé s et 50% du marché mondial. La chambre de compensation LCH.Clearnet, parmi les premières d'Europe, est basée à Londres. Les droits de vote sur les procédures d'autorisation des chambres de compensation sont plus favorables aux Britanniques que précédemment, tout en maintenant le rôle de l'ESMA, auquel le Parlement européen est attaché.

Dans un communiqué, un responsable de l'ONG Oxfam, Marc Olivier Herman, a qualifié l'accord entre Etats européen de "bonne nouvelle", soulignant notamment que "les dérivés sur les marchés de matières premières alimentaires devraient être beaucoup plus transparents", et a appelé à un accord rapide avec le parlement européen sur la question.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2012 à 18:47 :
Il est difficile de donner un avis sur des positions aussi sensibles techniquement. Néanmoins, M. Bernier est un européen de bonne fibre, cependant dans la vision futre du marché intérieur, il faudra accentuer les effets de distribution des rôles dans la fabrication et les échanges des produits européens. Les Britaniques ont une conception qui ne correspond pas à l'évolution nécessaire. Neurotex ne doit pas voir le jour dans sa conception actuelle.
a écrit le 25/01/2012 à 15:28 :
Les produits dérivés ne sont ni négatifs ni positifs et il n'y pas de relation de cause à effet dûs à ces derniers. Ce sont des montages financiers, emballés et présentés prêts à l'emploi pour les investisseurs attirés par un possible gain et/ou une protection contre les pertes etc.. La volatilité des actifs sous jacents permet l'existence des instruments dérivés. En 1987, j'étais un jeune analyste à Londres et après le crash boursier on a accusé les ordres de ventes automatiques. Aujourd'hui le micro-trading dérange les marchés, les dérivés sont les instruments de Satan etc. Si tout était parfait dans le monde, les indices grimperaient de 10% par année, les obligations paieraient 5% d'intérêts, le livret d'épargne 7%, l'immobilier serait la pierre magique et l'inflation anémique. Dans le meilleur des mondes il n'y aurait pas de dérivés... Mais c'est toujours la faute à l'autre.
Réponse de le 25/01/2012 à 17:59 :
Hors les spéculateurs qui veulent gagner beaucoup sans trop rien faire, la grande majorité des épargnants se contenterait d'un taux à 3% sur le obligations, 4.5% sur le livret épargne et contrat assurance-vie.... une inflation à 1%.... 80% de propriétaires, une SS à 90% de remboursement,0% de chômeurs, 0% d'Assedic, 0% de dettes.
a écrit le 25/01/2012 à 13:23 :
Pas clair le compromis,excusez moi mais je ne comprends pas, encore un truc tordu, je régule mais dans les faits je ne régule pas grand chose, on verra ce que dit le Parlement mais celui ci parait également retournable comme une crêpe, lobbies obligent.
a écrit le 24/01/2012 à 22:59 :
La création de chambres de compensation en remplacement des marchés de gré à gré est une excellente nouvelle. C'est la solution à la crise de défiance actuelle sur le marché interbancaire. Une précision : les chambres de compensation ne jouent pas le rôle de fond de garantie mais obligent à l'apport préalable de contreparties pour pouvoir entrer sur le marché. D'une façon générale, il ne faut pas qu'il existe de fonds de garantie. Ces fonds, comme les prêteurs en dernier ressort type banque centrale, créent un aléa moral qui est à l'origine des crises d'endettement. Les banques qui font n'importe quoi doivent être sanctionnées par la faillite.
a écrit le 24/01/2012 à 22:00 :
La city ne controle pas 75% des produits derivés de gré à gré. Il se trouve que du fait de leur antériorité c'est une association anglosaxonne" ISDA "international derivative association qui a ecrit les textes relatifs à ces produits et le "Master agreement" generalement co signé par les contreparties intervenantes entre elles sur ce marché. Ces contreparties ou établissements généralement bancaires sont internationaux
a écrit le 24/01/2012 à 21:48 :
J'aurais voulu en apprendre plus sur les termes de l'accord, l'échéance pour le passage via des chambres de compensations et les premiers produits concernés à moins que ce ne soit que des paroles en l'air
a écrit le 24/01/2012 à 21:31 :
Bon, pourquoi pas, mais il ne faudrait pas oublier d'interdire les CDS à nu, qui ont causé énormément de dégats récemment (cf faillite d'AIG, attaques spéculatives sur les dettes européennes).
Réponse de le 24/01/2012 à 22:51 :
Trois erreurs liées à la méconnaissance profonde du sujet. La première : les CDS n'ont provoqué aucune faillite par eux-mêmes. A peine ont-ils pu amplifier une faillite qui aurait eu lieu de toutes les façons. La deuxième : Les CDS ne peuvent pas servir à mener des attaques spéculatives car ils n'ont pas de cotation indépendantes de leurs supports. La troisième : le lendemain de leur interdiction, ils seront remplacés par d'autres produits équivalents, parce que les CDS sont indispensables.

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