BTP : « Il faut rouvrir le robinet de la commande publique » (FNTP)

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Selon un scénario « réaliste » de la Banque postale, une baisse de 21% des dépenses d'investissement de l'Etat en 2017 par rapport à 2014 entraînerait une chute du chiffre d'affaires des travaux publics de 3,8 milliards d'euros. Et la destruction de pas moins de 37.000 emplois.
Selon un scénario « réaliste » de la Banque postale, une baisse de 21% des dépenses d'investissement de l'Etat en 2017 par rapport à 2014 entraînerait une chute du chiffre d'affaires des travaux publics de 3,8 milliards d'euros. Et la destruction de pas moins de 37.000 emplois. (Crédits : Reuters)
Alors que tous les indicateurs économiques sont dans le rouge, Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des Travaux Publics (FNTP), appelle l’État à relancer l’investissement. Et à clarifier ses choix en ce qui concerne l’écotaxe et les grandes infrastructures.

L'embellie aura été de courte durée. Après un léger rebond au quatrième trimestre 2013, l'activité des travaux publics repart à nouveau à la baisse en 2014. Selon la Fédération nationale des Travaux Publics (FNTP), le chiffre d'affaires du secteur, qui pèse 41 milliards d'euros, devrait diminuer de 4% en 2014. Avec pour conséquence la suppression de 12.000 emplois. La baisse du chiffre d'affaires atteint même 21% depuis le pic d'activité enregistré en 2007. « Les travaux publics tournent au ralenti et aucun signe ne laisse entrevoir une amélioration d'ici à la fin de l'année, bien au contraire », se désole Bruno Cavagné, le président de la fédération.

A l'exception des leaders comme Eiffage, les 8.000 chefs d'entreprises du secteur, qui emploient 280.000 personnes dont 90% dans des PME de moins de 50 salariés, broient du noir. En 2014, ils font état d'une dégradation forte de leurs carnets de commande. Effectivement, les marchés conclus sont en diminution de 8,7% en rythme annuel. La valse des maires liée aux élections municipales (51% des communes ont changé de maire le 30 mars dernier) devrait encore amplifier le phénomène dans les prochains mois à cause de l'annulation ou de la modification des projets lancés par les municipalités battues.

Une activité qui dépend à 70% de la commande publique

Biberonnés à l'argent des collectivités, les Travaux publics subissent la crise de plein fouet. Selon la FNTP, son chiffre d'affaires dépend à 70% de la commande publique. Problème : l'heure n'est plus aux grands investissements mais aux économies d'échelle. « Après les annonces du Premier ministre, il est certain que les collectivités locales devront contribuer au redressement des finances publiques, avec une baisse des dotations de 3 milliards d'euros par an entre 2015 et 2017 », poursuit Bruno Cavagné. Une très mauvaise nouvelle pour le secteur. L'investissement des collectivités devrait déjà diminuer de 5,6% cette année. Selon un scénario « réaliste » de la Banque postale, une baisse de 21% des dépenses d'investissement de l'Etat en 2017 par rapport à 2014 entraînerait une chute du chiffre d'affaires des travaux publics de 3,8 milliards d'euros. Et la destruction de pas moins de 37.000 emplois.

Bruno Cavagné n'y va pas par quatre chemins. « Il y a urgence. L'Etat doit rouvrir le robinet de la commande publique ou du moins, ne pas le fermer davantage », préconise-t-il. Selon la FNTP, le pouvoir aurait tout à perdre s'il diminuait encore les investissements. « En plus des conséquences sociales sur l'emploi, reporter ou annuler l'investissement en faveur de notre patrimoine en routes, ponts, réseaux d'eau et d'électricité fera porter un poids encore plus lourd sur la dépense publique… à venir ! ».

 L'écotaxe est censée financer des infrastructures de transport

Ségolène Royal sera-t-elle sensible à cet argument ? La ministre de l'Ecologie est attendue jeudi en clôture du Forum des travaux publics 2014. Elle devra, entre autres, clarifier les positions du gouvernement sur sa politique d'investissements. Et éclaircir les zones d'ombres qui planent sur l'écotaxe. Cette taxe très polémique était censée contribuer au budget de l'AFITF (Agence de financement des infrastructures de transports de France) à hauteur de 800 millions d'euros. Son abandon suite au mouvement des Bonnets rouges créé un trou dans le budget de l'Afitf qui menace, par ricochet, de nombreux projets d'infrastructures, à l'image de la nouvelle ligne de métro de Toulouse.

La Fédération déplore également le retard dans l'exécution de nombreuses infrastructures, dont la ligne Lyon-Turin, le Canal Seine Nord et les métros du Grand Paris. Elle attend aussi de Ségolène Royal une réponse concernant l'imbroglio qui entoure le plan de relance des autoroutes. Il prévoyait 3,6 milliards d'euros de travaux contre l'allongement de la durée des concessions autoroutières. Mais Bruxelles étudie toujours le projet… Bruno Cavagné s'impatiente. « Tous ces projets vitaux pour notre secteur vont-ils se réaliser ? Quand et avec quel financement ? » Dans le domaine des travaux publics comme dans d'autres, les entreprises attendent de l'Etat une politique claire et cohérente.

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Commentaires
a écrit le 14/05/2014 à 13:40 :
Je ne comprend pas ...Pourtant , Cécile Duflot a tout fait pendant 2 ans pour dynamiser le marché....!
a écrit le 14/05/2014 à 12:07 :
Mais que font Medef et Gattaz pour le BTP? Rien, ils en appellent à l'Etat pour donner du travail... en plus de réductions de charges et pourquoi pas aussi le c.l de la fermière?
a écrit le 14/05/2014 à 11:35 :
C'est marrant, tout de même... Quand tout va bien, faut pas d'état, il est le Mal, c'est Mauvais, c'est l'impôt... Quand tout va mal, l'état fait pas assez, il DOIT nous sauver, et faire encore moins d'impôts... Quelle bonne blague...
a écrit le 14/05/2014 à 10:40 :
En France, depuis 1959....

L'investissement publique est resté stable autour de 3% du PIB.
Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 4 points de PIB.
Les prestations sociales ont augmenté de 14 points de PIB.

La France dépense trop dans les dépenses de fonctionnement et les prestations sociales.
a écrit le 14/05/2014 à 8:25 :
y a plus d'argent pour construire des ronds points ou boucher des trous fraichement crees ( oui je sais, c'est ce que propose krugman)
a écrit le 14/05/2014 à 4:31 :
J'ai cru comprendre qu'ils avaient des difficultés à trouver de la main d'oeuvre. Ils n'ont jamais pensé à aller chercher des contrats ailleurs.
Si c'est l'ETAT qui doit tout faire il faut alors changer de société, opter pour un régime communiste.
Personnellement j'ai des difficultés pour obtenir des devis auprès des artisans pour effectuer des travaux à mon domicile.
a écrit le 13/05/2014 à 23:03 :
Moi je comprends pas paraît que c est la crise dans le bâtiment et qu'en je fais faire des devis pour des travaux chez moi, les prix sont exorbitants...
a écrit le 13/05/2014 à 22:43 :
Il est possible d'investir un peu en restructurant les actifs. Exemple : revendre tous les bâtiments administratifs anciens de Paris intra muros et reloger tous les fonctionnaires de bureau en banlieue dans des bâtiments neufs plus fonctionnels. Ne garder que Bercy pour le gouvernement et les directeurs généraux. Sinon il faut BAISSER LES DEPENSES à service à l'usager constant et donc en effet en particulier sevrer les entreprises vivant de commandes publiques ou subventions.
a écrit le 13/05/2014 à 22:11 :
Et qui va payer l'ardoise? Qui sont ces patrons qui veulent un etat socialiste?Pauvre France
Réponse de le 14/05/2014 à 10:56 :
BOUYGUES en tête; l'affaire numéricable est très révélatrice du mélange état/et ces riches financeurs de partis
a écrit le 13/05/2014 à 22:02 :
Diminuer les contraintes et le nombre de normes pour faire chuter les prix à la construction.
a écrit le 13/05/2014 à 20:31 :
L'industrie pharmaceutique est subventionnée par la sécurité sociale
Le BTP par les commandes de l'état
Les compagnies des eaux par les concessions octroyées par les collectivités locales.
Il est clair que si on veut diminuer nos déficits, ces entreprises devront trouver d'autres modes de rémunération plus saines.
Réponse de le 14/05/2014 à 5:35 :
La commande publique pour le BTP et pour d'autres secteurs que vous citez, n'est-ce pas là, une forme de "fonctionnariat" déguisé ?
Réponse de le 15/05/2014 à 11:56 :
Si on devait faire la chasse aux formes de fonctionnariat déguisés (càd dépendantes des aides publiques) on serait surpris:
Secteur Agriculture (via la PAC) : 300 000 personnes
industrie d'armement 150 000 personnes
Secteur médical dans son ensemble (2.5M°d'emplois dont 1M°de fonctionnaires hospitaliers)
services à la personne réduction d'impot de 50% pour 1,5M°de salariés)
le BTP (1,5M°de salariés)
Le secteur action social - 1 millions
le secteur associatif (subventionné ou non => le mécene privé peut bénéficier jusqu'à 60% de réduction d'impôts) 1.8M°
On pourrait y ajouter les autres secteurs bénéficiant d'aides d'état : Aeronautique, aerospatiale, Recherche...
le secteur public représente officiellement 5.7M°d'emplois (FPE - FPT et FPH comprise)
le Privé se nourrit du Public. Si on additionne en défalquant ne serait ce que 50% de ce que j'ai comptabilisé et en retirant les pourcentages de réduction d’impôts (50% Services à la personne et 60% Assos)
On arrive à 10 millions d'emplois de fonctionnaires déguisés ou non, et encore on n'a pas tout compté !
Le dogme qui veut que, puisque le privé paye de l'impôt au public, le public est dépendant du privé est donc un vaste mensonge !! dans certains secteurs c'est même le contraire qui se passe !
a écrit le 13/05/2014 à 20:22 :
on y arrive.
la progression de la pseudo croissance (déficit public > taux de croissance depuis x années) est très très faible.
et la dette, très très élevée.
la rente de situation du BTP dépendait de la progression exponentielle de la dépense publique. Hélas, la dette atteint le plafond et avec la kyrielle de traités signé dernièrement, engageant la France sur la voie de la vertu, il n'est plus possible d'ouvrir le robinet.
a écrit le 13/05/2014 à 20:10 :
le contribuable n a plus d argent .l etat non plus faudra s y faire !
Réponse de le 13/05/2014 à 21:50 :
Si je comprends bien il faut tout faire couler pour nous redresser !!!
Réponse de le 14/05/2014 à 1:46 :
@jkari

Qui paie ses dettes s'enrichit en entretenant son réseau social...

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