Travail du dimanche : la Fnac prête à payer triple pour obtenir un accord

 |   |  280  mots
Principal problème, les contreparties en termes de salaires et de repos compensateur, ainsi que l'encadrement du volontariat, pour les magasins situés en zones touristiques internationales (ZTI) qui pourront ouvrir tous les jours jusqu'à minuit et jusqu'à 52 dimanches par an.
Principal problème, les contreparties en termes de salaires et de repos compensateur, ainsi que l'encadrement du volontariat, pour les magasins situés en zones touristiques internationales (ZTI) qui pourront ouvrir tous les jours jusqu'à minuit et jusqu'à 52 dimanches par an. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Les 12 dimanche avec la plus forte activité seront rémunérés à 300%, contre 200% pour les 40 autres. Pour espérer signer un accord, la direction doit obtenir l'assentiment des syndicats CFTC, CFDT et CFE-CGC.

La direction de la Fnac a indiqué vendredi 8 janvier qu'elle avait proposé de payer 300% douze des 52 dimanches travaillés les plus générateurs de chiffre d'affaires et qu'une dernière réunion aurait lieu lundi avec les organisations syndicales.

"Nous avons la volonté de rémunérer à 300% les 12 dimanches de plus forte activité et à 200% les 40 autres", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'enseigne de biens culturels, confirmant une information du quotidien Les Echos.

"La direction s'engage par ailleurs à recueillir le volontariat des salariés trois fois par an pour une période de 3 mois, avec un préavis d'un mois en cas de changement de décision par la suite", a ajouté ce porte-parole.

L'accord nécessaire des syndicats

Il a indiqué qu'une "dernière réunion de discussions aura lieu lundi, suite à quoi les organisations syndicales ont quelques jours pour se prononcer". A l'instar des discussions en cours dans les grands magasins, aucun accord sur le travail du dimanche et de nuit n'a pu intervenir à la Fnac jusqu'à présent dans le cadre des ouvertures dominicales prévues dans certaines zones par la loi Macron.

Pour espérer signer un accord, la direction doit obtenir l'assentiment des syndicats CFTC, CFDT et CFE-CGC. Première force syndicale au niveau du groupe, la CGT, comme SUD et FO, est opposée au travail dominical.

Lire Travail du dimanche dans les grands magasins : la CFDT bloque l'accord

Principal problème, les contreparties en termes de salaires et de repos compensateur, ainsi que l'encadrement du volontariat, pour les magasins situés en zones touristiques internationales (ZTI) qui pourront ouvrir tous les jours jusqu'à minuit et jusqu'à 52 dimanches par an.

(avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/01/2016 à 12:20 :
Ce processus décisionnel vertical est un handicap majeur pour le pays. Les syndicats ne représentent que 10 à 15% des travaillerus et l'élu présidentiel ne représente qu'environ 20% des voix des inscrits au 1er tour...et pourtant, ce sont eux qui décident pour tout le monde !!! Personnellement, je souhaite un processus horizontal, c'est-à-dire des décisions prises par l'ensemble des gens concernés et pas par des minorités qui ont un agenda politique et non social !!! Il faut changer le système en France sous peine de rejoindre rapidement la Grèce et le tiers monde :-)
a écrit le 10/01/2016 à 10:46 :
Je ne suis pas pour le travail du dimanche. Mais je constate aussi que des patrons sont prêts à payer x3 pour arriver à leurs fins alors que, parallèlement, et malgré les aides supplémentaires importantes accordées récemment à l'ensemble du patronat (CICE, surinvestissement, cotisation AF...) ils veulent encore de la déréglementation (contrat de travail "agile", nouvelles exo de charges / apprentis...). Les multiples formes de contrats de travail ont prouvé surtout l'agilité du salarié. Peut être faudrait il aussi fournir un peu de pouvoir d'achat au salarié pour qu'il puisse acheter les produits proposés. Si. L'entreprise arrivait à vendre correctement sa production, le problème ne se poserait pas. Peut être faudrait il également différencier PME et PMI / grandes boîtes, qui sont deux mondes différents, avec des contraintes et des moyens spécifiques.
Réponse de le 10/01/2016 à 17:33 :
"Peut être faudrait il aussi fournir un peu de pouvoir d'achat au salarié pour qu'il puisse acheter les produits proposés" C'est la politique de la demande : c'est tabou ! En parler, c'est passer pour un débile incompétent... Mais je suis comme vous un débile incompétent
a écrit le 10/01/2016 à 10:33 :
Travaillant en 3x8 tout le long de l'année, je pense que le travail le dimanche est parfaitement acceptable si 3 conditions sont réunies :
1) si ça donne lieu à des jours de repos supplémentaires
2) si ça donne lieu à une bonification sensible de la rémunération
3) (la plus importante) si une forme de roulement évite aux salariés de travailler systématiquement durant les jours désagréables.
Perso je préfère largement travailler un dimanche sur deux en gagnant plus que tous les samedis sans un sou de plus, comme c'est le cas dans beaucoup de magasins...
a écrit le 10/01/2016 à 9:41 :
A tous ceux qui crient ne pas vouloir travailler le dimanche ... Se posent ils la question quand ils vont au resto, boire un verre ou à l'hotel un dimanche ? Ayant travaillé dans l'hotellerie pendant 8 ans, je travaillais tous les dimanches et samedi, et ce sans etre payer trois fois plus, de nuit idem.... Et les pompiers, ne travaillent pas le dimanche non plus : vous les appelez ce jour, et vous tombez sur un répondeur vous demandant d'appeler au horaires d'ouverture qui son bien connus (du lundi au vendredi de 09h00 à 17h00).
a écrit le 09/01/2016 à 16:17 :
Est il si difficile que ça de trouver des salariés pour travailler le dimanche ? Est ce légitime de multiplier les salaires de façon irraisonnable pour obtenir d'un salarié qu'il fasse ce qu'il ne souhaite pas faire : un travail trop pénible, trop dangereux, qui remette trop en cause sa vie personnelle ? En remettant en cause le droit du travail (merci Macron !) on pourra obtenir n'importe quoi et dans n'importe quelle condition de la part de certains salaries. Quel progrès !
Réponse de le 10/01/2016 à 10:13 :
Certes les employeurs ont naturellement tendance à organiser une course à la moins-disance entre les salariés. Mais la loi est là pour protéger le personnel et fournit un socle minimal en dessous duquel le patron ne peut pas aller. Et il ne faudrait pas l'oublier.
Réponse de le 10/01/2016 à 17:25 :
La loi est là !!! Mais on voit bien qu'elle évolue justement pour remettre ces droits en cause. C'est bien le problème !
a écrit le 09/01/2016 à 15:36 :
Peut on nous expliquer le pourquoi de cette grosse contradiction? Sachant que ce qui sera acheté le dimanche, ne sera pas acheté en semaine. Sachant que le pouvoir d'achat des français ne progresse pas. Quel est l' intérêt pour une entreprise d'ouvrir le dimanche? On connait une partie de la réponse: les habitudes de consommation se sont déplacée vers le dimanche. OK, mais en augmentant ses employés l'entreprise fait-elle encore des bénéfices en ouvrant le dimanche? A l'heure d'Internet, le débat n'est-il pas déjà dépassé?
Réponse de le 10/01/2016 à 9:49 :
"A l'heure d'Internet", ce débat est plus que dépassé. Amazon ne ferme pas le dimanche et chaque heure de fermeture pour les magasins culturels représentent des millions de chiffre d'affaire qui partent vers les plateformes de commerce en ligne.
Non, le budget des Français n'est pas extensibles, mais si je ne peux pas acheter un CD ou un livre aux heures auxquelles je ne travaille pas (personnellement, je travaille un dimanche sur 3), je le commande sur Amazon pour le recevoir le lendemain.
Réponse de le 10/01/2016 à 10:19 :
1) par le biais de l'ouverture le dimanche, certains magasins peuvent piquer des clients aux magasins qui n'ouvrent pas ces jours-là (et il y en aura toujours).
2) il y a les touristes, avec qui l'ouverture le dimanche fera une vraie différence en terme de chiffre d'affaire.
Réponse de le 10/01/2016 à 12:05 :
@simplement
"Peut on nous expliquer le pourquoi de cette grosse contradiction? Sachant que ce qui sera acheté le dimanche, ne sera pas acheté en semaine. "

En réalité, les libéraux utilisent une donnée : les magasins qui ouvrent le dimanche présentent effectivement une hausse du chiffre d'affaires, tant qu'ils ne sont que quelques uns à le faire. Ils présentent ça comme une vérité absolue : "quoiqu'il arrive, en ouvrant le dimanche, on augmente le CA".
Mais j'ai vu une métaphore intéressante à ce sujet : dans un théâtre, une ou deux personnes au milieu de la salle voient mal la scène. Elles se mettent debout, et résultat : elles voient mieux la scène. Mais suite à ça, tout le monde dans la salle se met debout, pour lui aussi voir mieux. Résultat : l'effet est nul, personne ne voit mieux que s'il était assis, mais tout le monde souffre de la nuisance de devoir rester debout.
Réponse de le 10/01/2016 à 17:23 :
" il y a les touristes" : j'aime cet argument qui a permis aux Darty des quartier touristique d'ouvrir le dimanche ; je n'ai pas vu de touristes Japonais prtir avec des machines à laver. D'ailleurs, j'ai surtout vu des Darty vides le dimanche au centre de Paris....
Réponse de le 10/01/2016 à 17:29 :
"Sachant que ce qui sera acheté le dimanche, ne sera pas acheté en semaine" : c'est la politique de l'offre, alors, pour un économiste mainstream, c'est forcément bien .... Comme je l'expliquais plus bas, le touristes Japonais vont pouvoir acheter des machines à laver lors de leur bref séjour à Paris ...
a écrit le 09/01/2016 à 15:22 :
Pourquoi payer triple les salariés du dimanche ?
Naivement je croyai que le travail du dimanche permettait à ces "volontaires" de s'occuper en travaillant et d'eviter l'ennui du repos dominical, qui selon les personnes favorables à cette mesure estimaient que le dimanche etait un jour comme les autres.
En meme temps une fois l'accord signe, il suffira pour les dirigeant de revenir dessus...c'est pas bien difficile.
a écrit le 09/01/2016 à 14:58 :
De toute façon internet est ouvert 7jours sur 7, 24h/24. Les magasins traditionnels sont condamnés d'ici quelques décennies.
Effectivement ouvrir le dimanche permettrait de retarder l'inévitable. Attirer ceux qui bossent en semaine et n'ont pas le temps de faire du shopping en semaine
Réponse de le 09/01/2016 à 16:20 :
Personnellement, je fais l'effort d'aller chez les commerçants traditionnels quand ils existent. Je ne souhaite pas que ma ville devienne une ville morte ! Par ailleurs cela a des avantages : qualités, conseils, sécurité ...
a écrit le 09/01/2016 à 13:39 :
Il faut aussi interdire de travailler le samedi et le dimanche pour ceux qui ont des enfants

Il faut a minima jour par semaine avec sa famille

Après que ce jour soit le samedi ou le dimanche je ne vois pas trop la différence ...
a écrit le 09/01/2016 à 12:15 :
Ca a l air correct
On ne peux pas demander de travailler le dimanche pour rien
Réponse de le 09/01/2016 à 16:23 :
Jusqu'ou estimez vous que votre employeur doit aller pour que vous acceptiez des contraintes ? Vous trouverez toujours quelqu 'un qui fera plus que vous et vous serez viré .... Le message de la FNAC, c'est ça !
Réponse de le 10/01/2016 à 10:09 :
"et vous serez viré"
Restons sérieux : Malgré le travail du dimanche, la France reste un des pays où les salariés sont les mieux protégés. On ne vire pas les gens juste comme ça...
Réponse de le 10/01/2016 à 11:58 :
@Tom
"Restons sérieux : Malgré le travail du dimanche, la France reste un des pays où les salariés sont les mieux protégés. On ne vire pas les gens juste comme ça..."
Effectivement, mais curieusement cette personne qui travaille tous les dimanches va obtenir des augmentations et une meilleure évolution à travail égal, et la personne qui ose avoir une vie va stagner et se voir reprocher son "manque d'investissement".
Réponse de le 10/01/2016 à 17:17 :
"On ne vire pas les gens juste comme ça...": non effectivement, pas comme ça ! Mais de façon bien plus insidieuse.... Refus d'une mutation alors qu'il faut réduire le nombre de personnes d'un site, raison économiques, et dans certaines boites (que d'exemple on a eu) harcèlement, pression du management....
Réponse de le 10/01/2016 à 17:33 :
@ Alatar :
"la personne qui ose avoir une vie va stagner et se voir reprocher son "manque d'investissement"."

C'est parfaitement vrai, et ça me semble normal : Sans faire de jugement de valeur, quelqu'un qui refuse de travailler le dimanche est objectivement quelqu'un qui "s'investit" moins dans son travail que quelqu'un qui l'accepte.

De la même manière, il est normal que quelqu'un qui privilégie sa carrière et qui bosse 70h par semaine soit mieux payé et ait une meilleure progression que quelqu'un qui privilégie sa famille et qui en fait simplement 35h.

Les deux choix sont tout aussi respectables l'un que l'autre, mais il ne faut pas s'étonner après que l'un ait une meilleure carrière ou que l'autre ait une meilleure vie de famille.

Par ailleurs, ne plus être augmenté n'est pas la même chose qu'être licencié, ce qui était la peur de Labo à la base de cette conversation. Il y a plein de gens qui travaillent le dimanche, en France comme à l'étranger, sans que ce soit la fin du monde. Après on aime ou on aime pas, c'est à chacun de faire son choix au moment de l'embauche ou au moment d'aller faire ses courses.
Réponse de le 11/01/2016 à 13:47 :
@Tom
"[...]Les deux choix sont tout aussi respectables l'un que l'autre, mais il ne faut pas s'étonner après que l'un ait une meilleure carrière ou que l'autre ait une meilleure vie de famille."

Effectivement, quelqu'un qui accepte de travailler même le week-end est quelqu'un "qui s'investit davantage". De même que quelqu'un qui travaille 70 heures par semaine. D'ailleurs, nos entreprises s'en vont en Asie parce que là-bas les gens "s'investissent davantage" : ils acceptent de bosser dès l'âge de 8 ans, sont très "flexibles" niveau horaires, demandent très peu de salaire parce qu'ils "s'investissent" et sont tellement "investis" qu'ils ont même demandé à leurs gentils dirigeants de ne pas leur accorder le droit de grève. Ce que vous décrivez n'est ni plus ni moins qu'un système d'enchères inversées et une course au moins-disant social.

Mais au delà de ça, si on admet cela comme une "réalité qu'il faut accepter", cela signe l'arrêt de mort de toute forme de procréation chez les actifs, de peur de se faire damer le pion par quelqu'un de plus "investi". Ou, à la limite, faire des enfants, les croiser à l'occasion une poignée d'heures dans la semaine, et faire connaissance avec eux le jour où on sera à la retraite, ça deviendra aussi une solution viable.
Si vous êtes favorable à l'idée de dessiner cet avenir dans lequel faire un enfant quand on a un job signifie soit qu'il va falloir le négliger gravement, soit qu'on a mis un point d'arrêt à sa carrière, il ne va pas falloir se plaindre des conséquences (déjà amorcées avec la chute de la natalité en Europe) : que seuls les inactifs, les chômeurs et quelques smicards résignés acceptent d'avoir des enfants. Même si ce n'est pas une fatalité, d'autres solutions sont possibles : par exemple retirer les femmes du marché du travail pour les renvoyer s'occuper des mômes, mais il faut voir si c'est souhaitables.
Réponse de le 11/01/2016 à 21:37 :
@ Alatar : Je crois que vous partez trop loin. Cette loi parle seulement d'offrir la possibilité aux magasins dans certaines zones d'ouvrir un certain nombre de dimanche par an. Il ne s'agit pas de fouetter les salariés les plus à la traine ou je ne sais quoi.

Il est parfaitement possible dans ce pays d'occuper un emploi tout en maintenant un équilibre vie professionnelle/vie de famille. Et il faut simplement s'attendre à se voir offrir moins de promotions qu'un salarié plus "investi". Et c'est parfaitement normal : Jugeriez vous normal, si vous faisiez le choix de ne pas avoir d'enfant pour vous consacrer à votre carrière, de ne pas être récompensé plus que votre collègue qui se barre tous les jours à 16h pour s'occuper de ses enfants ?

Personne ne parle d'empêcher les salariés d'avoir des enfants, je dis juste qu'on a tous des priorités (c'est bien notre droit), et qu'il faut savoir en assumer les (assez maigres) conséquences.

Enfin, il ne faudrait pas oublier que le travail le dimanche est déjà une réalité dans plein de secteurs : Le téléphone, l'électricité ou la télévision pourraient très bien être coupés hors heures ouvrables, et je ne vous entends pas vous plaindre au nom de tous les salariés que cela nécessite le dimanche pour que vous puissiez profiter de ces services !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :