La SNCF face à ses défis, 75 ans après sa création

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Renouveler sa convention collective, gagner en compétitivité sur le fret et le matériel ferroviaire, mieux satisfaire les passagers, défendre l'offre low cost... les défis à relever ne manquent pas au sein de l'entreprise publique.

Des billets de trains à prix réduits? Des animations gratuites ouvertes au public? Non. Pour fêter ses 75 ans, la SNCF a choisi de convier à une manifestation en interne le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier ce mardi 30 octobre. Pourquoi cette date? Il se trouve que cela tombe pile à mi-chemin entre deux dates-clés de l'histoire de la création de la société nationale des chemins de fer. En fait, sa création a été décidée le 31 août 1937 et le décret actant son existence est entré en vigueur le 1er janvier 1938. La SNCF a donc semble-t-il choisi de couper la poire en deux et de commémorer ses 75 ans, à deux mois de ces deux dates.

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Cette commémoration correspond aussi à une période où il est dans l'intérêt de la SNCF de se mettre en avant: le gouvernement présente ce mardi la réforme du système ferroviaire. Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a réussit à convaincre que son groupe est le mieux placé pour reprendre sous sa responsabilité le réseau d'infrastructures, géré de façon indépendante depuis 1997, date de création du RFF (Réseaux Ferrés de France). L'unification de la gestion doit permettre de rationaliser le système et d'ainsi réaliser des millions d'euros d'économies. Le système ferroviaire français affiche aujourd'hui 32 milliards d'euros de dette. La SNCF en assumait 8,3 milliards d'euros en 2011, et a présenté le mois dernier sa recette pour redresser les comptes: créer un groupe public unifié pour gérer les réseaux et l'exploitation de concert, créer une nouvelle branche professionnelle, mettre en place une gouvernance ouverte associant l'État aux collectivités pour arbitrer les investissements et créer un "pacte national pour le rail". "Il y a de nombreux bouleversements auxquels nous devons faire face: la rénovation du réseau, la concurrence mondiale", estimait le président de la SNCF en mars.

? Renouveler sa convention collective

Ces changements représentent de véritables défis pour la SNCF. Elle devra par exemple négocier une nouvelle convention collective, en vue de l'arrivée de la concurrence sur le marché des transports ferroviaires européens. Le statut des cheminots risque fort de représenter un point sensible dans ces négociations. "Il ne faut pas sous-estimer le choc que peuvent avoir le sentiment de subir les cheminots. Nous sommes dans une période de tensions et il nous faut créer un nouveau pacte social", déclarait Guillaume Pépy en mars dans un entretien publié par La Tribune.

? Etre plus compétitive sur le fret et le matériel ferroviaire

Autre gros enjeu actuel: le fret. La SNCF se doit de gagner en compétitivité dans ce domaine, avec l'ouverture prochaine de l'espace ferroviaire unique au sein de l'Union européenne. Par ailleurs, Guillaume Pépy estimait dans ce même entretien: "Nous avons aussi un rôle à jouer dans la filière industrielle du matériel ferroviaire. La concurrence est vive face à Alstom et Bombardier. Les Coréens, les Japonais et les Indiens sont en embuscade et la France a intérêt à bien se positionner si elle veut toujours avoir une industrie ferroviaire dans dix ans".

? Réduire le mécontentement des voyageurs

Selon une enquête du magazine Que choisir n°508 daté du mois de novembre, la SNCF voit le nombre des passagers mécontents du service augmenter. C'est particulièrement le cas chez les usagers réguliers. Le mensuel titre d'ailleurs: "SNCF: retards, tarifs... la satisfaction déraille". Comment renverser la vapeur et regagner le c?ur d'un nombre maximal de voyageur? Le groupe devra d'autant plus y réfléchir qu'elle va subir la concurrence de nouveaux acteurs sur certains trajets à terme.

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? Défendre son offre low cost

La SNCF devra également réussir à développer son offre low cost: le "TGV éco" doit être lancé au premier semestre 2013. Des billets à moins de 25 euros devraient être commercialisés pour des trajets entre Marne-la-Vallée et Marseille en passant par Lyon. Mais les voyageurs seront-ils suffisamment nombreux à solliciter un service qui impose de se rendre dans des gares "secondaires" en termes de trafic comme celle de Marne la Vallée, compte tenu des contraintes de temps et de coût que cela engendre?

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Malgré tous ces défis à relever, la SNCF reste aujourd'hui la deuxième compagnie ferroviaire au monde.

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