Crash A320 : 2 navigants dans le cockpit, l'AESA le recommande

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Cela peut prendre entre trois et six mois, a averti un responsable européen. La procédure est longue: l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) doit rendre un avis et présenter des propositions à la Commission européenne qui les soumets ensuite aux Etats et au Parlement européen.
"Cela peut prendre entre trois et six mois", a averti un responsable européen. La procédure est longue: l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) doit rendre un avis et présenter des propositions à la Commission européenne qui les soumets ensuite aux Etats et au Parlement européen. (Crédits : Reuters)
L'AESA, l'agence européenne pour la sécurité aérienne, a émie ce vendredi un "Safety Information Bulletin" recommandant aux compagnies européennes la a présence de deux membres d"équipage en permanence dans la cabine de pilotage.

L'AESA, l'agence européenne pour la sécurité aérienne, va ce vendredi, non pas imposer, mais recommander la présence de deux membres d"équipage en permanence dans la cabine de pilotage des avions après le crash de l'Airbus A320 de Germanwings.

"L'AESA va émettre ce vendredi un Safety Information Bulletin sur le sujet », explique une source française. Interrogée l'AESA a confirmé, précisant avoir consulté les autorités compétentes de chaque pays européen et des compagnies aériennes.

Si, sur le papier, le texte laisse une marge de manœuvre aux compagnies, ces dernières n'ont en fait pas le choix.

"Certes, l'AESA n'impose rien mais qui prendra le risque de ne pas suivre cette recommandation», explique un observateur. Plus tôt dans la journée, la Commission européenne a évoqué la possibilité d'imposer cette mesure.

La Commission n'exclut pas de revoir les règles

"Nous attendons les conclusions de l'enquête en cours et, si cela s'avère nécessaire, les règles de sécurité seront revues", avait déclaré plus tôt dans la journée la porte-parole de la Commission, Mina Andreeva. L'obligation d'avoir en permanence deux membres d'équipage dans le cockpit "est à l'étude", a-t-elle ajouté.

"Nous envisageons des mesures à très court terme et l'une des mesures est le nombre de personnes présentes dans le cockpit", a précisé une source communautaire. "Des consultations ont été engagées avec les compagnies et les Etats sur l'opportunité d'adopter de telles mesures et voir si elles sont applicables", a-t-elle expliqué.

"A ce jour, aucune règle européenne n'impose de remplacer un des pilotes par un membre de l'équipage s'il doit s"absenter pour un besoin physiologique", a-t-elle confirmé. "Si de nouvelles procédures sont rendues obligatoires, il faudra vérifier leur impact, leurs effets, leurs conséquences".

Des mesures prises par plusieurs compagnies

Plusieurs compagnies aériennes européennes ont pris des mesures sans attendre, notamment les compagnies allemandes, qui ont décidé vendredi d'adopter la règle des deux personnes en permanence dans le cockpit de leurs avions.

Elle a aussi été imposée par l'Autorité aérienne autrichienne Austro Control avec effet immédiat aux compagnies Austrian Airlines et Flyniki, filiales respectivement des groupes allemands Lufthansa et Air Berlin.

La procédure est longue: l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) doit rendre un avis et présenter des propositions à la Commission européenne qui les soumets ensuite aux Etats et au Parlement européen.

"Cela peut prendre entre trois et six mois", a averti un responsable européen. Mais "rien n'interdit aux compagnies et aux Etats d'aller au-delà des règles existantes dans l'UE, à condition de ne pas aller à l'encontre" de ces règles, a-t-il précisé.

Blindage des portes

Le blindage des portes et la sécurisation des cabines de pilotage ont été décidés par l'AESA après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis afin de "prévenir toute intrusion et résister à une tentative de les forcer".

Si, à l'intérieur de la cabine, la position de blocage de la porte a été verrouillée, personne ne peut entrer. "Ce qui s'est produit sur le vol de la Germanwings n'avait pas été envisagé", a expliqué une source européenne. "Dans ce cas, la présence de deux personnes dans la cabine aurait été positif".

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Commentaires
a écrit le 28/03/2015 à 9:07 :
Avant votre commentaire la compagnie planchait déjà sur une procédure
La critique est facile
L'analyse beaucoup moins
Réponse de le 28/03/2015 à 12:59 :
"Planchait" ... toujours une guerre de retard.
a écrit le 28/03/2015 à 3:07 :
Cette tragédie aérienne m'a profondément bouleversé . Barcelonette est l'endroit où j'ai effectué mon service militaire . Si les causes de la catastrophe sont bien sûr différentes je revis le crash du Concorde à Roissy il y a 15 ans que j'ai vu au sol et brûler , ce jour là le Concorde plein de croisiéristes allemands se rendaient à New- Your pour rejoindre une croisière au départ de cette ville , en cette journée ensoleillée de juillet je sortais d'un stage de sécurité et je décidais de me rendre à mon secteur de vol pour demander ma mutation sur Concorde , je voulais terminer ma carrière sur ce < bel oiseau> il est autour de 16 heures , dans ma division de vol , personne les instructrices et instructeurs hôtesses et stewards étaient sortis de leur bureau je croise certains au visage décomposé ils regardaient dehors au loin dans un silence effroyable . .... une fumée s'élevait dans le ciel la fin de la piste d'envol était proche !! J'entends une conversation téléphonique d'un collègue en uniforme sur le départ qui dit certainement à son épouse en éprouvant des difficultés pour parler :
<< le Concorde vient de s'écraser il est en flamme >>il était en larme .
À ce moment là je comprends la situation et je range dans ma poche ma demande de mutation.

Je suis resté plusieurs heures dans ce bâtiment où régnait silence , nous nous croisions sans un mot nous étions tous incapables de parler .

En salle de départ les équipages se succédaient pour monter dans les navettes de piste et rejoindre leur avion , en uniforme dans le silence et avec une dignité stricte et impressionnante car comme disait Mermoz la mission continue .

La Direction d'Air -France avait désactivé tous les accès informatiques , plus de télévision afin que nous ne puissions pas avoir connaissance de la liste de l'équipage ... Nous venions de perdre nos collègues et cette centaine de vacanciers heureux de partir .

Il ne m'appartient pas de porter un jugement sur la personne responsable de ce crash sur les Alpes, mais mon admiration va à ces équipages allemands qui eux aussi aujourd'hui se disent
<< la mission continue>>

Je voulais vous faire part de mon témoignage car 15 ans après le souvenir demeure ancré dans ma mémoire .
a écrit le 27/03/2015 à 21:10 :
Une porte blindée ok. Mais il fait laisser un minimum de pouvoir au commandant de bord pour l ouvrir. Un code secret, un déblocage par un centre de contrôle. Pas une porte qui ne sert qu a nous enfermer. Et comme d habitude trop de pouvoirs confiés a quelqu'un c est catastrophique. En tout cas paix â leurs âmes.
a écrit le 27/03/2015 à 18:28 :
Étonnant qu'une compagnie décriée comme Ryanair l'oblige déjà et qu'une major comme Air France non. Serait on low cost - high secure d'un côté et high cost - low secure de l'autre?

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