Pourquoi la Bourse de Tokyo peut continuer à flamber

 |   |  783  mots
En hausse de 50% depuis le 1er janvier 2013, l'indice Nikkei affiche sa meilleure performance annuelle depuis 1972. REUTERS.
En hausse de 50% depuis le 1er janvier 2013, l'indice Nikkei affiche sa meilleure performance annuelle depuis 1972. REUTERS. (Crédits : AFP)
L’indice Nikkei, qui a clôturé le 28 novembre à son plus haut niveau depuis six ans, grimpe de 50% depuis le 1er janvier. Soit la plus forte progression de toutes les grandes places boursières mondiales.

Shinzo Abe, le Premier ministre du Japon - revenu au pouvoir le 26 décembre 2012 avec la ferme intention d'endiguer la déflation dans laquelle le pays est englué depuis 15 ans -, peut se frotter les mains. En octobre, les prix à la consommation ont augmenté de 0,3% (hors énergie et alimentation), selon des statistiques publiées vendredi 29 novembre. Une hausse d'une ampleur inédite depuis 15 ans, précisément.

La Bourse de Tokyo a semblé bouder ce début d'inversement de tendance, l'indice Nikkei se repliant de 0,41%. Mais il avait clôturé à 15.727,12 points la veille, son plus haut niveau depuis la mi-décembre 2007, en pleine crise des "subprimes" (crédits hypothécaires américains risqués).

 Les "zinzins" étrangers ont placé 110 milliards de dollars sur les actions japonaises

Résultat, Tokyo est, de toutes les grandes places boursières mondiales, celle qui affiche la meilleure performance depuis le début de l'année. Et de loin. Les gains de 26% et de 17% respectivement enregistrés par Wall Street et le Dow Jones Euro Stoxx 50 font pâle figure à côté du bond de 50% du Nikkei, le plus fort jamais enregistré par l'indice depuis… 1972. Une belle revanche pour la Bourse nippone, qui, au cours des 25 dernières années, avait sous-performé à 17 reprises les autres places boursières mondiales.

Il faut dire que les investisseurs institutionnels étrangers, après avoir snobé ces dernières années un Japon à la croissance anémique, ont placé près de 110 milliards de dollars sur les actions japonaises depuis janvier. C'est "l'effet Abenomics", le surnom donné à la politique de relance de la croissance initiée par Shinzo Abe.

Une politique dont le Premier ministre japonais a déjà dégainé les deux premières "flèches", comme il le dit lui-même. A savoir 80 milliards d'euros de dépenses publiques destinées à soutenir l'économie (dont la moitié financera des grands travaux), et une politique monétaire ultra-accommodante.

 Le yen a chuté de 25% par rapport au dollar et à l'euro

A la manière de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale du Japon - la BOJ - s'est donc lancée dans des rachats massifs d'obligations souveraines japonaises, afin d'affaiblir le yen et de contenir les taux d'intérêt, de façon à encourager les ménages et les entreprises à emprunter pour consommer et investir. L'objectif final étant que le taux d'inflation atteigne 2% d'ici deux ans. A cet égard, le chiffre publié vendredi 29 novembre semble des plus encourageants.

Quant au yen, il a déjà chuté de 25% par rapport au dollar et à l'euro, au cours des six premiers mois de l'année. Une bonne nouvelle pour les entreprises japonaises, qui réalisent une très grande partie de leur activité à l'export. Les investisseurs, qui sont revenus en masse sur les actions de sociétés comme Toyota et Panasonic, en ont pris bonne note: le constructeur automobile a vu son cours de Bourse s'envoler de 34% depuis le 1er janvier, et celui du fabricant de téléviseurs a grimpé de 94%.

 Le taux de chômage reste au niveau faible de 4%

Mais la Bourse de Tokyo n'a-t-elle pas mangé son pain blanc ? "Le Japon va continuer à surperformer" les autres places boursières mondiales, au cours des prochains mois, affirme la société de gestion d'actifs ING IM. Une opinion partagée par sa concurrente Pictet AM, qui continue de faire du Japon l'un de ses principaux paris pour 2014.

D'abord parce les indicateurs économiques reflètent de nouvelles améliorations. Outre l'inflation, les chiffres de la production industrielle et du chômage ont été publiés le 29 novembre. La première a augmenté de 0,5% en octobre, par rapport au mois précédent, preuve que la demande intérieure continue de compenser la faiblesse des exportations. De son côté, le taux de chômage reste au niveau faible de 4%.

Un Nikkei à 18.000 points en 2014 ?

Ensuite, l'amélioration de la croissance économique, tant au Japon - la BOJ table sur une hausse de 1,5% en 2014 - que dans le reste du monde, couplée à la baisse du yen, devrait permettre aux entreprises nippones de continuer à dégager des bénéfices en très forte hausse l'an prochain, de l'ordre de 40% selon ING IM.

Enfin, Shinzo Abe doit mettre en œuvre la troisième flèche de sa politique économique, c'est-à-dire des réformes structurelles qui concernent la fiscalité, la déréglementation de secteurs comme ceux de la santé et de l'énergie ou encore l'incitation au travail des femmes. Une mise en œuvre qui, si elle est jugée convaincante par les investisseurs, pourrait permettre à l'indice Nikkei de dépasser les 18.000 points, l'an prochain, selon le courtier Daiwa Securities.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/12/2013 à 11:27 :
Imaginons que la politique de ABE marche (vous remarquerez, ABE, trois lettres inverses de EBA l’emblème de la soit disant autorité de la banque européenne implantée à Londres, on ne sait pas pourquoi d'ailleurs,, mais identiques en français Autorité Bancaire Européenne), tout ça avec un ratio d'endettement public carabiné aux f...., c'est donc bien ce qu'on dit certains commentateurs, c'est le renouveau industriel et économique du Japon. Pour supporter la dette, les taux d'intérêt servi comme aux US et en GB sont négatifs, et le PIB augmente du fait d’une politique monétaire beaucoup plus agressive induisant une forte baisse d’une monnaie dont la parité asphyxiait le Japon, la croissance revient, via les exportations et la consommation (finies les japonais rentiers assis sur leur tas d’or) donc le ratio d’endettement s'améliore "automatiquement". Quelle est la situation de l'Europe continentale, la stagnation et la déflation, tout pour l''Allemagne et ses satellites paradis fiscaux ou presque mais ça ne va pas durer, le Japon va venir les taille en pièces, des taux de chômage Abracadabrantesques dans tous les grands pays du Sud, France, Espagne, Italie et dans les autres – taux réel de sous-emploi en France proche des 25% mais en faisant bien les calculs on doit en fait approcher des 30% . Avec l’UEM et la technocratie de la BCE et de Bruxelles, les allemands à commencer par leurs décideurs politiques et leurs grands patrons ont tout faux. Mais le pire c’est ces incompétents du FMI, des gens qui demande la baisse des salaires, et des cures drastiques d’austérité, encore et encore, tels des médecins de Molière.
a écrit le 01/12/2013 à 11:26 :
Imaginons que la politique de ABE marche (vous remarquerez, ABE, trois lettres inverses de EBA l’emblème de la soit disant autorité de la banque européenne implantée à Londres, on ne sait pas pourquoi d'ailleurs,, mais identiques en français Autorité Bancaire Européenne), tout ça avec un ratio d'endettement public carabiné aux f...., c'est donc bien ce qu'on dit certains commentateurs, c'est le renouveau industriel et économique du Japon. Pour supporter la dette, les taux d'intérêt servi comme aux US et en GB sont négatifs, et le PIB augmente du fait d’une politique monétaire beaucoup plus agressive induisant une forte baisse d’une monnaie dont la parité asphyxiait le Japon, la croissance revient, via les exportations et la consommation (finies les japonais rentiers assis sur leur tas d’or) donc le ratio d’endettement s'améliore "automatiquement". Quelle est la situation de l'Europe continentale, la stagnation et la déflation, tout pour l''Allemagne et ses satellites paradis fiscaux ou presque mais ça ne va pas durer, le Japon va venir les taille en pièces, des taux de chômage Abracadabrantesques dans tous les grands pays du Sud, France, Espagne, Italie et dans les autres – taux réel de sous-emploi en France proche des 25% mais en faisant bien les calculs on doit en fait approcher des 30% . Avec l’UEM et la technocratie de la BCE et de Bruxelles, les allemands à commencer par leurs décideurs politiques et leurs grands patrons ont tout faux. Mais le pire c’est ces incompétents du FMI, des gens qui demande la baisse des salaires, et des cures drastiques d’austérité, encore et encore, tels des médecins de Molière.
a écrit le 01/12/2013 à 11:06 :
hahaha.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :