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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Capital-innovation: les nouveaux outils pour garder en France nos pépites

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 24 octobre 2014 à 08:05 - Mis à jour le 27 octobre 2014 à 18:02

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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+38% dans le financement des startup au 1er semestre par rapport à l'an dernier, le rebond est significatif. Jusqu'ici, les start-up françaises arrivées à un certain degré de maturité manquaient d’outils de financement dans le domaine du "large venture." Dans son rapport semestriel, l’Afic note une forte augmentation des tickets de 5 à 30 millions d’euros investis par les fonds de capital-innovation.

Il n'y a pas si longtemps, le principal problème de financement des start-up françaises résidait dans la traversée de "la vallée de la mort", lorsque leurs besoins en fonds propres s'échelonnent entre 500.000 et 2 millions d'euros. Mais, avec la multiplication des fonds d'entrepreneurs, comme Isai, Kima Ventures ou Jaina Capital, le lancement d'initiatives publiques telles que la création de Bpifrance (la Banque publique d'investissement) et, maintenant, l'essor du crowdfunding, cette fameuse "vallée de la mort" semble en passe d'être reléguée au rang de mauvais souvenir.

En revanche, les jeunes pousses ont toujours du souci à se faire à l'autre extrémité de la chaîne de financement. "Il manque des outils dans le 'large venture', c'est-à-dire les levées de fonds comprises entre 5 millions et 30 millions d'euros", estimait ainsi Jacques Chatain, co-fondateur de la société de capital-risque (ou capital-innovation) Auriga, dans les colonnes de La Tribune Hebdo du 3 septembre.

Une catégorie d'investissement particulièrement risquée

Si les fonds de capital-innovation boudent le "large venture", c'est d'abord parce que cette catégorie d'investissement est particulièrement risquée, du fait de l'ampleur des financements nécessaires à l'internationalisation d'une start-up, à l'industrialisation de sa technologie ou encore à son déploiement sur de nouveaux segments de clientèle. Et ensuite, parce que cela fait plusieurs années que le capital-risque n'a plus les moyens d'accompagner les jeunes pousses à ce stade de leur développement, ses ressources se raréfiant en raison de la désaffection des banques, des assureurs et des particuliers pour le capital-innovation.

Le problème, c'est que, de facto, les start-up françaises parvenues à un certain degré de maturité n'ont d'autre solution que de se tourner vers des investisseurs étrangers pour tenter de devenir des champions mondiaux dans leur secteur d'activité. La pépite Criteo, partie il y a un an se faire coter sur le Nasdaq américain, est un exemple criant de cette lacune dans le financement de l'innovation, en France.

Une forte augmentation des tickets de 5 millions à 30 millions d'euros

Les chiffres publiés mercredi 22 octobre par l'Afic (Association française des investisseurs pour la croissance, le lobby du capital-investissement hexagonal) apportent cependant une lueur d'espoir. Non seulement les fonds français de capital-innovation ont investi 378 millions d'euros dans des start-up, au premier semestre, soit un rebond de 38% par rapport aux six premiers mois de 2013, mais, de plus, les tickets de 5 millions à 30 millions d'euros - le "large venture", donc - sont en "forte augmentation", souligne l'Afic.

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De fait, sur le total de 378 millions d'euros investis, 141 millions l'ont été sous forme de tickets de 5 millions à 15 millions, soit un montant plus de deux fois supérieur à celui du premier semestre 2013. Quant aux tickets compris entre 15 millions et 30 millions, ils ont généré un total de 44 millions d'euros d'investissements, contre... zéro un an auparavant. C'est que le capital-risque a pris conscience de la nécessité d'investir davantage dans de potentiels futurs champions nationaux de l'innovation, afin d'éviter qu'ils ne succombent aux sirènes des fonds d'investissement américains.

Investisseurs publics et privés cherchent à dynamiser le "large venture"

"La profession du capital-innovation s'organise pour accompagner des entreprises innovantes qui ont besoin de capitaux importants lors de derniers tours de table, et donc de tickets plus conséquents, afin d'assurer leur développement", explique Michel Chabanel, président de l'Afic. Exemple de ce branle-bas de combat, Bpifrance avait lancé, en novembre 2013, "Large Venture", un fonds de 500 millions d'euros destiné à investir des tickets de 10 millions à 50 millions d'euros dans des start-up innovantes issues des secteurs du numérique, de l'environnement et de la santé. Et ce, en partenariat avec des investisseurs privés.

"Avec, par exemple, la possibilité - pour les investisseurs professionnels privés - de s'appuyer sur le fonds "Large Venture" de Bpifrance, le capital-innovation a retrouvé une certaine marge de manœuvre pour participer à des tours de table importants. C'est une très bonne nouvelle",

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se félicite Michel Chabanel. Autre bonne nouvelle, les investisseurs privés cherchent, eux aussi, à dynamiser le "large venture." La preuve avec Auriga, qui envisage de lancer un véhicule d'investissement de "large venture", dans le domaine du numérique. Un fonds qui pourrait être souscrit par des groupes industriels soucieux de ne pas rater le virage du digital, dans une France qui dans ce domaine bouillonne de jeunes talents et de projets pointus. Nul doute qu'ils seront nombreux à répondre à l'appel.

Christine Lejoux

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