Inondations : l'OCDE défend le modèle français d'assurance

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(Crédits : MICHAELA REHLE)
Plus l’assurance contre les risques d’inondation est répandue, moins l’impact économique des catastrophes est important, souligne l’organisation internationale, dans une étude publiée ce lundi. La France est l’un des pays où le taux de couverture est le plus élevé

 Alors que la Seine reflue lentement, que de nombreux sinistrés évaluent leurs dégâts, aussi bien dans le centre de la France qu'en Seine et Marne, l'OCDE publie opportunément une étude sur l'impact économique des inondations. L'organisation internationale a répertorié les pays selon le plus ou moins grand risque d'inondation. Est-ce une surprise ? La France fait partie des pays les plus exposés, avec une fréquence élevée d'événements à la fois sur les côtes et à l'intérieur des terres. Seuls deux autres pays cumulent ces deux risques à un niveau important : le Vietnam et les Philippines. La France est donc particulièrement exposée. Mais est-elle protégée ? En tous cas, son système d'assurance semble être approuvé par les experts de l'OCDE. Ils ne le disent pas de manière aussi directe, mais leurs recommandations vont en ce sens.

Des coûts croissants

Il ne fait aucun doute que les coûts liés aux inondations ne font que croître. Ils étaient dans le monde proches de 5 milliards de dollars par an, au début des années 70. Aujourd'hui, la tendance est proche de 40 milliards (en dollars constants de 2015). Bien sûr, ce sont les grandes villes asiatiques qui sont les plus exposées. Mais pas seulement.

 Plus d'assurance, plus de croissance

Comment faire face à ces événements, limiter en tous cas leurs conséquences ? L'OCDE insiste sur le rôle de l'assurance. Dans les pays où la plupart des habitants ne sont pas assurées, les inondations importantes ont un impact négatif sur le PIB, y compris à long terme: au bout de 10 ans, la baisse du PIB atteint 3%. En revanche, dans les pays où le taux d'assurance est important, non seulement l'impact négatif est faible dans un premier temps, mais il existe un effet positif sur le PIB. Celui-ci est accru de 0,5 point par an de la deuxième à la quatrième année après l'événement, en liaison, bien sûr, avec les efforts de reconstruction, qui dopent l'activité du secteur du bâtiment, notamment. Ainsi, au bout de 10 ans, le PIB est légèrement accru (0,2 point) par rapport à une situation sans inondation.

Les Français parmi les mieux couverts

Bien sûr, plus la proportion de personnes assurées est importante, plus cette tendance positive se fait sentir. Or, parmi les pays de l'OCDE, la France est le troisième pour le taux de pénétration de l'assurance contre les inondations (97% des de couverture), après l'Islande et la Suisse, où elle est obligatoire. La France fait partie des pays, pas si nombreux, qui prévoient une extension automatique des contrats -habitation, automobile ou entreprise- pour une couverture du risque inondation. Dans le cadre du système "catnat" une taxe de 12% des exigée s'agissant des contrats multi risque habitation, et de 6% pour l'automobile, qui sert, pour l'essentiel, à financer la Caisse Centrale de réassurance, laquelle couvre au moins 50% du coût des inondations.

Cette extension automatique, dans un contexte d'assurance obligatoire pour l'habitation ou l'automobile, contribue à un large financement du système de protection, alors que les systèmes optionnels sont beaucoup moins performants. Comme le souligne l'OCDE, le risque est grand, dans ce cas, de voir les habitants qui se savent non concernés par les inondations, ne pas souscrire de telles assurances : du coup, seuls les ménages qui présentent des risques souscrivent ces options, ce qui renchérit le coût de cette couverture, et contribue encore à diminuer le nombre d'assurés.

Pas d'incitation à la prudence

Certes, le système français présente d'autres inconvénients. Le financement collectif avec une taxe équivalente pour tout assuré n'incite guère à la prudence : construire dans une zone à risque n'entraîne pas un surcoût de l'assurance. Pourquoi se gêner, alors ?

Mais, lorsqu'il a été question de réforme notre sytème « cat nat », nul n'a envisagé de toucher les particuliers. L'idée est de table sur la vigilance des maires lors de l'attribution des permis de construire. On a vu celle-ci prise en défaut, notamment, évidemment, en Vendée, à La Faute sur mer, suite à la tempête Xynthia.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2016 à 11:38 :
Le système français incite à l'irresponsabilité. Et ce sont les gens prévoyants qui payent pour les autres. Il n'y a qu'à voir le nombre de PPRI (Plan de Prévoyance du Risque d'Inondations) que l'on peut considérer comme arrangés pour faire plaisir à son électorat.

On peut se demander pourquoi il y a eu d'aussi gros dégâts dans une ville comme LONGJUMEAU, en région parisienne alors que celle-ci a déjà été inondée plusieurs fois par les eaux.

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