Blockchain : Credit Suisse teste dans la gestion d'actifs avec Fundsquare

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Le schéma de la plateforme Blockchain FundsDLT qui entend révolutionner la distribution des fonds d’investissement.
Le schéma de la plateforme Blockchain FundsDLT qui entend révolutionner la distribution des fonds d’investissement. (Crédits : FundsDLT)
Credit Suisse Asset Management et la banque portugaise Best ont testé la plateforme FundsDLT, basée sur la Blockchain, pour des échanges de parts de fonds. Cette plateforme, développée par une filiale de la Bourse du Luxembourg est en concurrence avec Iznes, celle de Setl, soutenue par de nombreux acteurs français.

La gestion d'actifs est un des terrains de jeu où s'invite la Blockchain. Credit Suisse Asset Management et la banque en ligne portugaise Banco Best ont annoncé jeudi 7 février avoir réussi des transactions "de bout en bout" sur des parts de fonds (Sicav, FCP) en utilisant la plateforme FundsDLT, s'appuyant sur la technologie Blockchain (DLT signifie en anglais "technologie de registre distribué"). Cette plateforme a été développée par une filiale de la Bourse du Luxembourg, Fundsquare, en coopération avec InTech (groupe de la Poste luxembourgeoise) et KPMG Luxembourg. Il ne s'agit  encore que d'une démonstration de faisabilité ("proof of concept").

"La distribution transfrontalière d'un fonds d'investissement sur la Blockchain a démontré la solidité d'un nouveau modèle qui s'est révélé plus efficace, évolutif et rapide dans le traitement, et marque une nouvelle étape dans la transformation de la distribution des fonds. Les transactions comprenaient toutes les étapes du processus d'échange de fonds, de la livraison de la commande au traitement de l'opération" ont expliqué les participants dans un communiqué.

Credit Suisse AM n'est pas le premier : dès juin 2017, la filiale de gestion d'actifs de Natixis avait testé la plateforme FundsDLT. En janvier 2018, BNP Paribas AM avait indiqué avoir réalisé avec succès sa première transaction de souscription dans un fonds avec FundsDLT.

Réduire les coûts et se rapprocher du client

L'objectif est notamment d'automatiser et de sécuriser plusieurs processus afin de rationaliser les tâches d'administration de fonds et d'acheminement des ordres (enregistrement de l'opération, collecte des données, mise à jour des registres, etc), donc de réduire les coûts.

"Dans le cadre de notre transformation numérique, nous considérons la technologie des chaînes de blocs comme un formidable levier pour accroître l'efficacité" a souligné le Chief Digital Officer de Credit Suisse Asset Management, Pascal Nägeli.

Les gestionnaires d'actifs restent aujourd'hui tributaires d'intermédiaires comme le dépositaire Euroclear ou les filiales spécialisées des banques (Caceis, SGSS, BP2S). Ils se plaignent aussi des lenteurs et du manque de relation directe avec le client final, ce à quoi peut remédier la Blockchain. Aujourd'hui, la distribution d'un fonds vers un investisseur peut prendre plusieurs jours.

"La technologie Blockchain, associée à la potentielle mutualisation de services KYC [connaissance client] changera la donne pour le secteur des fonds d'investissement. Cette initiative profite grandement aux investisseurs, aux distributeurs et aux agents de transfert du point de vue de l'efficacité opérationnelle, et nous ne sommes qu'au début de cette aventure très prometteuse" a commenté le responsable des services aux actionnaires de Credit Suisse Fund Services, Claude Metz.

Place de marché de fonds

La plateforme FundsDLT est notamment en concurrence avec Iznes, développée par la startup britannique Setl (dont l'ex-banquier central Christian Noyer a récemment rejoint le conseil d'administration). Iznes se présente comme "la plateforme pan-européenne d'investissement de parts d'OPC et de tenue de registre en Blockchain compatible avec l'intégralité des canaux de distribution". Iznes regroupe 25 sociétés de gestion, notamment Amundi, Aviva Investors, mais aussi BNP Paribas AM et Natixis AM (rebaptisée Ostrum AM); elle compte parmi ses actionnaires Arkéa Investment Services, Groupama AM, La Banque Postale AM, La Financière de l'Echiquier et Lyxor AM (Soc Gen), aux côtés de Setl et Ofi AM. Cette blockchain privée, qui fonctionne grâce à un protocole propriétaire, sans crypto-monnaie, assure la confidentialité des données. Elle est à la fois une plateforme d'investissement, un carnet d'ordres et un registre mis à jour en temps réel.

L'entreprise londonienne Calastone, spécialisée dans la distribution de fonds, et qui fournit des services de back-office et middle-office à plus de 1.700 sociétés financières, dont JPMorgan Asset Management et Schroders, a annoncé en décembre dernier qu'elle basculerait sur la Blockchain en mai prochain pour créer "la première mondiale d'une place de marché de fonds tournant sur la Blockchain."

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Commentaires
a écrit le 10/02/2019 à 15:17 :
Il y a 30 ans, avec un minimum de connaissances il était possible de de comprendre la Bourse, de s'intéresser aux entreprises cotées, acheter des valeurs mobilières, suivre les évolutions du marché, boursicoter et avoir l'impression de contribuer à aider l'économie à progresser. Quelques décennies et purges plus tard, la Bourse est réservée aux initiés du trading HF.
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Le Casino s'est transformé en un immense "bouge" ou les malversations, les mafias règnent en maîtres que les États ne contrôlent plus.
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