Nyse Euronext reste le bienvenu en tant que client et actionnnaire, selon Xavier Rolet et Jacques Aigrain

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De gauche à droite, Jacques Aigrain et Xavier Rolet / Photo DR
De gauche à droite, Jacques Aigrain et Xavier Rolet / Photo DR
Xavier Rolet, le directeur général du Groupe London Stock Exchange, et Jacques Aigrain, le président de LCH.Clearnet, reviennent pour "La Tribune" sur l'annonce du jour, la prise de contrôle de la chambre de compensation par l'opérateur boursier. Ouverture semble être le mot clé.

En quoi le contrôle de LCH est-il un accélérateur de diversification pour LSE Group ?

Xavier Rolet :  Ces dernières années, nous avons engagé une stratégie de partenariat avec nos clients, qui s'est notamment concrétisée dans Turquoise [la plateforme alternative rachetée par LSE, ndlr], sur les actions et dérivés sur actions, ou encore dans MTS, la plate-forme de négociation obligataire. Notre stratégie consiste à nous aligner avec nos clients pour offrir de nouveaux produits ou des dérivés. Sur ce segment, la concurrence s'exerce au travers de Liffe et d'Eurex, puis une longue liste de petits joueurs nationaux. Nous avions besoin du soutien de nos clients, de la propriété intellectuelle des produits, et c'est pourquoi nous avons repris FTSE International [qui calcule notamment l'indice Footsie 100]. Enfin, côté compensation, nous avions besoin de l'accès à une expérience multiproduits et à un pool de collatéral  suffisant. Avec LCH.clearnet, qui partagent les mêmes utilisateurs et les mêmes actionnaires de Turquoise, nous pourrons offrir cette expérience et cette efficience s'agissant de la gestion des risques.

Vous refusez l'étiquette du silo, le nom donné à ces groupes qui réunissent l'ensemble des activités de la chaine, de la négociation à la compensation ?

Xavier Rolet : La gouvernance que nous proposons, avec des actionnaires qui sont les banques et certains de nos concurrents, reflète notre stratégie. Nous proposons un accès ouvert, nous offrons nos compétences à toute plate-forme légitime, qui profitera ainsi de la même protection et des mêmes conditions économiques [que pour nos propres marchés, ndlr]. Cela n'a pas toujours été le cas.
Cette ouverture permettra de résoudre certains problèmes réglementaires dans la mesure où le schéma proposé se situe entre le silo et l'hyperfragmentation. Cela va dans le sens du souhait des utilisateurs qui réclament la concurrence sur le segment de la négociation et souhaitent pouvoir concentrer les efforts en matière de gestion des risques et en dinimuer le coût.

Est-ce l'offre de services pour le gré à gré de LCH.Clearnet qui a attiré LSE ?

Jacques Aigrain : Je l'espère. Depuis le désastre de Lehman Brothers [tombé en septembre 2008, ndlr], les chambres de compensation sont perçues, je pense notamment au G20, comme étant parties de la solution. C'est un avantage et cela nous donne des devoirs. Nous devons fournir une solution de gestion des risques. Plus les produits sont complexes, plus les méthodes de gestion des risques sont importantes. Ce n'est pas la même chose que de gérer des transactions sur actions au comptant, qui sont un sujet deux jours seulement, et un swap de taux d'intérêt à 50 ans. LCH.Clearnet a commencé à travailler sur son offre SwapClear dès 1999, à une époque où les autorités n'y pensaient pas encore. Nous avons l'espoir de construire le développement de notre offre sur les CDS et nous pensons pouvoir lancer bientôt un service sur les devises.

Nyse Euronext a dénoncé son contrat avec LCH.Clearnet sur les actions comme les dérivés ? Quel est le risque pour LCH.Clearnet et pour le LSE ?

Jacques Aigrain : Il est clair que nous avons tenu compte de cet élément dans notre analyse. Dans le contexte d'une structure ouverte, chaque participant est libre d'utiliser ou non nos services. C'est vrai pour le London Metal Exchange [la bourse des métaux, ndlr]. Le LME a parlé de lancer une chambre de compensation. A ce jour, toutefois, le LME n'a pas donné fin à son contrat. C'est vrai pour Nyse Euronext, qui en revanche, a envoyé une notice de fin de contrat. Mais cela peut changer. Nyse Euronext, son activité en France, sont totalement les bienvenus en tant qu'utilisateurs présents et futurs et en tant qu'actionnaires, s'ils veulent le rester.

Nyse Euronext souhaite-t-il rester actionnaire ?

Xavier Rolet : Nous n'avons pas cette information et dans le cas contraire, il ne serait pas approprié pour moi de commenter une telle information. Mais je peux confirmer que du côté du LSE, nous avons conçu cette proposition sur la base d'une gouvernance ouverte. Nyse Euronext est toutjours bienvenu en tant que client et en tant qu'actionnnaire.

Il y a quelques années, l'offre de fusion de l'américain DTCC sur LCH.Clearnet avait provoqué une réflexe de défense de la place de Paris. A quel point êtes vous confiant ?

Xavier Rolet : Je peux vous dire que les utilisateurs, les banques nous ont apporté leur soutien, y compris les banques françaises.

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