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Espagne : l'avenir des banques reste incertain

Gaëlle Lucas, à Madrid

Publié le 27 juillet 2012 à 22:34 - Mis à jour le 27 juillet 2012 à 22:41

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L'impact du sauvetage du secteur bancaire espagnol par les fonds européens dépendra notamment des résultats des stress tests de septembre prochain.

Les banques espagnoles enregistrent des bénéfices en chute libre au premier semestre : baisse de 45,7% pour Santander à 1,7 milliards d'euros, de 80,1% pour Caixabank à 166 millions, ou encore de 42,5% pour Banco Popular à 176 millions. Les annonces de résultats semestriels se suivent et se ressemblent.

L'immobilier plombe toujours les banques espagnoles
La principale raison réside dans les provisions pour risque immobilier. Deux réformes du Gouvernement de Mariano Rajoy ont en effet imposé un assainissement de 84 milliards d'euros sur les actifs immobiliers problématiques. En sacrifiant ses résultats du second trimestre, Santander a ainsi couvert 70% des 8,8 milliards d'euros de provisions qui lui reviennent. Sans ces provisions, le bénéfice aurait baissé de 8,5%. « Ces résultats ne sont pas mauvais », rappelle Alberto Roldán, responsable d'analyse de rente variable chez Inverseguros. De fait, le PNB de Santander augmente de 6% au premier semestre, celui de CaixaBank, de 0,1%, et celui de Popular de 33%.
Outre l'augmentation des provisions imposée par le Gouvernement, les résultats futurs risquent d'être pénalisés par l'évolution de l'activité bancaire, freinée par l'environnement macroéconomique défavorable : « Au cours des prochains trimestres, les banques continueront à limiter les risques et à réduire les coûts », prévient Roldán. Le Fonds Monétaire International (FMI) prévoit en effet une croissance négative de 1,2% du PIB en 2013. L'impact de ces prévisions sur la confiance des marchés pèse sur la dette souveraine espagnole en imposant des taux à 10 ans de 7%, mais aussi sur les banques, bien que ces dernières n'accèdent plus aux marchés depuis « des mois », signalent les analystes. « Un tel niveau d'intérêts risque de retarder à moyen terme l'ouverture des marchés aux banques », estime Alberto Roldán.

Pas de baisse des créances douteuses avant 2014
Toutefois, l'accès au financement ne signera pas la fin des problèmes pour le secteur. « Dans ce climat économique, il ne faut pas s'attendre à une baisse des créances douteuses avant 2014 », estime Nuria Álvarez, chez Rentas 4. La moyenne actuelle est de 8,95% des crédits. Pour réduire l'impact sur leurs résultats des provisions pour créances douteuses, les banques s'efforcent de réduire leur exposition au secteur immobilier. Santander a ainsi vu ses efforts couronnés ce trimestre avec la réduction des actifs immobiliers saisis ce trimestre, à 8,3 milliards d'euros.

Le MOU va nécessiter des recapitalisations, des réductions d'effectifs et des suppressions de dividendes
L'autre difficulté pour le secteur sera de se soumettre aux exigences du Memorandum of understanding (Mou) qui édicte un certain nombre de conditions en échange de l'aide à la recapitalisation des banques via les fonds européens.
L'impact global du Mou est incertain puisque les besoins en capital de chaque entité ne seront connus qu'après de nouveaux stress tests en septembre. CaixaBank, Santander et BBVA devraient les passer sans encombres. Les autres banques devront présenter des plans de recapitalisation qui, s'ils passent par l'octroi de fonds publics, incluront les conditions de l'UE : ségrégation des actifs dans une structure de défaisance, réduction des effectifs, ou encore suppression des dividendes. Certaines banques jugées non viables pourraient être liquidées dès octobre. Enfin, celles qui veulent faire face à cette recapitalisation sans aide publique devront sans doute céder des actifs ou augmenter leur capital. Popular a ainsi confirmé vendredi son intention d'augmenter son capital de 700 millions d'euros avant juin 2013, date limite fixée par l'UE pour la recapitalisation.

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Quel destin pour les caisses d'épargne ?
L'une des principales inconnues réside aussi dans le destin des caisses d'épargne. Le Mou impose en effet qu'elles perdent le contrôle des banques commerciales qu'elles ont créées à partir de leurs actifs financiers. Or, cela pourrait pénaliser des entités considérées comme solides, comme La Caixa : « Si cela se confirme, La Caixa devrait vendre une part importante de CaixaBank », signale Nuria Álvarez, qui rappelle toutefois que « pour l'instant, on ne sait ni par qui, ni comment sera appliquée cette condition ». Tant que ces doutes ne seront pas levés, l'avenir proche du secteur bancaire espagnol restera incertain.

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Gaëlle Lucas, à Madrid

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