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La crise ? Les groupes du CAC 40 n'en voient pas le début de la fin

Christine Lejoux

Publié le 27 juin 2013 à 13:06

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En 2012, les groupes du CAC 40 ont passé 17 milliards d'euros de dépréciations d'actifs, selon le cabinet Ricol Lasteyrie. Un montant record, qui témoigne des craintes des grandes entreprises françaises quant aux perspectives macro-économiques.

Les Français ont le moral dans les chaussettes, d'après l'Insee. Les grandes entreprises aussi, qui ne voient pas le début de la fin d'une crise économique qui les a déjà durement frappées en 2012. « Leurs bénéfices sont au fond du trou, il faut remonter à l'annus horribilis 2009 pour retrouver des niveaux aussi faibles », indique Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante au sein du cabinet Ricol Lasteyrie, qui présentait jeudi la septième édition de son « profil financier du CAC 40. »

L'an dernier, la marge opérationnelle des sociétés membres de l'indice-phare de la Bourse de Paris a chuté de 1,3 point, en moyenne, à 8,2%, au plus bas depuis la récession de 2009 (7,8%). Et le bénéfice net cumulé des 40 plus grandes entreprises françaises a dégringolé de 28%, à 53 milliards d'euros. Il s'agit, là encore, du plus mauvais score depuis 2009, année qui avait vu le résultat net global du CAC 40 tomber à 47 milliards d'euros.

Un montant record de dépréciations d'actifs

En réalité, c'est moins la crise économique que son anticipation qui a pesé sur les bénéfices, en 2012. Ceux-ci ont avant tout été grevés par les 17 milliards d'euros de dépréciations d'actifs passées par les sociétés du CAC 40, l'an dernier. Un montant record depuis que Ricol Lasteyrie a commencé à réaliser cette étude, il y a sept ans. « En rythme de croisière, les dépréciations tournent autour de 3 à 4 milliards d'euros seulement par an », renchérit Sonia Bonnet-Bernard.

« Même en 2009, au plus fort de la crise économique, les entreprises avaient relativement peu déprécié leurs actifs », rappelle Alban Eyssette, associé chez Ricol Lasteryrie. Pour qui ce montant record de dépréciations « témoigne d'un changement de perspective : face à la faiblesse durable de l'activité économique, nombre d'entreprises reconnaissent désormais que certains volets de leurs plans de marche doivent être revus à la baisse. » A commencer par les bénéfices attendus d'acquisitions réalisées il y a quelques années mais qui, récession oblige, risquent en fait de ne pas se matérialiser avant longtemps. Les dépréciations de « goodwills » [écart entre le prix d'acquisition d'une société et la valeur réelle de cette dernière ; Ndlr] ont ainsi représenté près des trois quarts du total des dépréciations, en 2012.

Trop d'incertitudes pour se lancer dans des fusions

Autre signe du manque de confiance des patrons du CAC 40 dans les perspectives économiques, « ils remettent sur le devant de la scène d'anciens programmes de réduction des coûts, voire les augmentent, comme cela a été le cas chez Michelin, qui a relevé son plan « d'efficacité », de 1 milliard à 1,3 milliard d'euros », signale Alban Eyssette.
De la même façon, « la réduction des ratios d'endettement n'est pas forcément une bonne nouvelle », estime l'associé de Ricol Lasteyrie. De fait, si les sociétés du CAC 40 ont ramené leur gearing (dettes nettes sur fonds propres) à 35%, en moyenne, l'an dernier - contre 38% en 2011 et 45% en 2007, avant le début de la crise financière -, c'est parce qu'elles jugent l'environnement économique trop incertain pour se lancer dans des fusions et acquisitions.

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Une valorisation boursière très faible

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Les poids lourds de la cote parisienne n'ayant que très peu de perspectives de croissance - organique ou externe - à faire briller aux yeux des investisseurs, ces derniers continuent de les valoriser faiblement. La capitalisation boursière des entreprises du CAC 40 représente 1,17 fois seulement leurs fonds propres, en moyenne. Même en 2009, ce multiple était plus élevé, à 1,36. A noter que LVMH, L'Oréal et Danone font exception, avec des « price to book » (cours de Bourse rapporté à l'actif net) de l'ordre de 3. Normal, cela fait déjà longtemps que ces géants mondiaux ont choisi d'aller puiser leur croissance ailleurs qu'en France ou en Europe.

Christine Lejoux

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