Leeto, la Fintech qui veut surfer sur la réforme du comité d'entreprise
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Leeto
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Alors que les entreprises accueillaient jusqu'ici plusieurs instances de représentation du personnel (comité d'entreprise, délégation unique du personnel, comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, etc.), la réforme du code du travail simplifie leur organisation comme leurs procédés. Un calendrier sur lequel compte bien surfer la jeune pousse Leeto (anciennement Clan.io), qui a développé une plateforme dédiée aux avantages des salariés à laquelle sera bientôt couplée une carte de paiement.
Pour surmonter ces écueils, la startup a développé une plateforme en ligne avec un accès administrateur et un accès salarié. Côté entreprise, la solution permet de créer un avantage, de le paramétrer et de le communiquer directement aux salariés. Ces derniers peuvent accéder aux différentes offres et les gérer depuis la plateforme. Ils ont, par exemple, la possibilité de demander le remboursement d'une dépense liée à une activité (comme une cotisation à une salle de sport) et d'être remboursés en 24 heures.
Dans les semaines à venir, Leeto entend ajouter à cet outil une carte de paiement entièrement dédiée aux avantages salariés. Pour ce faire, elle s'est enregistrée auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR adossée à la Banque de France) en tant qu'agent prestataire de paiement pour le compte de Treezor (la Fintech des Fintech rachetée par Société Générale). "Cet agrément nous permet de proposer un compte de paiement au CSE et d'émettre des cartes à destination des salariés", précise l'entrepreneur.
Plutôt que de se faire rembourser a posteriori, un employé pourra réaliser directement la dépense (si elle est considérée comme éligible par son entreprise) avec cette carte de paiement. Il n'aura ainsi plus besoin d'avancer de l'argent. "Et si, au moment de la transaction, le montant de la dépense dépasse le budget attribué au salarié, la différence sera automatiquement prélevée sur son moyen de paiement personnel", détaille Arthur Reboul. Avec ce système, un salarié pourrait, par exemple, souscrire à un abonnement Netflix, en puisant directement dans l'enveloppe prévue par son entreprise.
Depuis son lancement commercial il y a près d'un an, Leeto revendique avoir séduit 30 entreprises clientes représentant 10.000 salariés. Parmi elles : Uber, l'e-commerçant ManoMano, la plateforme publicitaire Criteo ou encore Wemanity, une société spécialisée dans la transformation des entreprises. Leeto espère toucher entre 40 et 50.000 salariés d'ici la fin 2020 et a récemment levé 2 millions d'euros auprès de Founders Future (créé par le serial entrepreneur Marc Ménasé) et de plusieurs business angels, dont Thomas Rebaud (Meero), Benjamin Netter (October) et Vincent Luciani (Artefact), pour accélérer son développement. La jeune pousse, qui compte une dizaine de salariés, prévoit de doubler ses effectifs sur la même période.
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Ambitieux, l'entrepreneur n'entend pas se limiter au seul comité d'entreprise. "Nous souhaitons aider les entreprises à rendre leurs salariés heureux", fait-il valoir. Une vision qu'affichent aussi de sérieux concurrents, que sont les géants Edenred, Up ou encore Sodexo, qui ont écopé récemment d'une amende de 414 millions d'euros pour entente.
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Dans cette optique, Leeto envisage de bâtir une plateforme regroupant une batterie d'avantages aux salariés comme les titres-restaurant, l'épargne salariale, la mutuelle ou encore les chèques cadeaux. Dans cette idée, Leeto pourrait nouer des partenariats avec d'autres Fintech positionnées sur ces différents créneaux, comme Lunchr pour les titres-restaurant, Epsor dans l'épargne salariale ou encore Alan pour l'assurance santé.
Juliette Raynal