Qui est Luis de Guindos le futur vice-président de la BCE ?

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L'actuel ministre espagnol de l'Economie prendra en juin la vice-présidence de la Banque centrale européenne. Réputé compétent, cet économiste de formation est passé par le privé, notamment à la tête de Lehman Brothers pour l'Espagne et le Portugal.
L'actuel ministre espagnol de l'Economie prendra en juin la vice-présidence de la Banque centrale européenne. Réputé compétent, cet économiste de formation est passé par le privé, notamment à la tête de Lehman Brothers pour l'Espagne et le Portugal. (Crédits : Reuters)
Le ministre espagnol de l'Economie a été choisi par les ministres de la zone euro pour la vice-présidence de la Banque centrale européenne, après le retrait du candidat irlandais. Conséquence : le remplaçant de Mario Draghi l'an prochain à la présidence de la BCE pourrait revenir à un pays du Nord, notamment au gouverneur de la Bundesbank.

Il n'y a plus de suspense : les ministres des Finances de la zone euro ont choisi ce lundi Luis de Guindos, candidat unique depuis le retrait dans la journée du gouverneur de la Banque d'Irlande, Philip Lane, pour la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE). Le ministre espagnol de l'Economie, de l'Industrie et de la Compétitivité succédera le 1er juin au Portugais Vitor Constâncio pour un mandat non-renouvelable de huit ans. Cette recommandation du Conseil européen sera formellement adoptée lors d'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE les 22 et 23 mars prochain, a indiqué l'Eurogroupe dans un communiqué.

"J'ai été ministre mais être ministre n'est pas quelque chose qui limite mon attachement à la défense de l'indépendance de la Banque centrale européenne. Je défendrai l'indépendance de la Banque centrale européenne", a-t-il déclaré à la presse à Bruxelles, après avoir été choisi par l'Eurogroupe.

Agé de 58 ans, diplômé en sciences économiques, proche du Parti populaire (PP), Luis de Guindos Jurado a fait sa carrière dans le public et le privé, en fonction des alternances politiques, comme le montre son curriculum vitae officiel  (en espagnol). Pour les eurodéputés espagnols, il symbolise « les politiques d'austérité qui ont fait tant de dégâts en Europe », qu'il a défendues en tant que membre de l'Eurogroupe et appliquées dans son pays. Il défend son bilan, notamment d'avoir remis l'Espagne sur les rails de la croissance.

"Ma principale satisfaction est d'être passé d'une situation dans laquelle nous étions au bord de l'effondrement à une situation dans laquelle nous sortons de notre cinquième année de croissance, même s'il reste encore beaucoup à faire", a-t-il récemment déclaré.

BCE processus nomination directoire

[Le processus de nomination du directoire de la BCE. Crédits : Eurogroupe]

De Lehman Brothers à l'austérité sous Rajoy

Marié, père de deux enfants, Luis de Guindos a dirigé à ses débuts une société de Bourse acquise par Morgan Stanley, AB Asesores. Il passe ensuite dix ans dans la haute administration, comme directeur général de la politique économique au ministère des Finances et devient secrétaire d'Etat à l'Economie en 2002 dans le gouvernement de Jose Maria Aznar pendant deux ans. Retour au privé après l'échec du PP aux élections, période où il devient président exécutif de Lehman Brothers pour l'Espagne et le Portugal, jusqu'à la faillite de la banque américaine emportée par la crise des subprimes. Il travaille ensuite au cabinet PwC avant de revenir au gouvernement en 2011 comme ministre de l'Economie. Il est considéré comme un poids lourd du gouvernement de Mariano Rajoy.

Une photo devenue célèbre le montre en mars 2012 aux côtés de Jean-Claude Juncker, faisant mine de l'étrangler, incarnant la pression de l'Union européenne sur l'Espagne pour que celle-ci réduise ses déficits.

"Luis de Guindos a joué un rôle très souvent décisif à l'intérieur de l'Eurogroupe, il a une bonne réputation, il est reconnu par ses collègues, je crois que nous avons trouvé un bon candidat", avait déclaré Peter Altmaier, l'actuel ministre allemand des Finances, qui  deviendra sous peu ministre de l'Economie. Son prédécesseur Wolfgang Schäuble, ardent défenseur de l'orthodoxie budgétaire, l'avait qualifié d'"excellent ministre."

BCE directoire gouverneurs nomination

[Le directoire de la BCE, où siège le Français Benoît Cœuré. Crédits : Eurogroupe]

Pour de nombreux observateurs, ce choix d'un candidat d'un pays du Sud de l'Europe accroît la probabilité de celui d'un candidat d'un pays du Nord pour remplacer le président de la BCE, l'Italien Mario Draghi, en octobre 2019. Et notamment du gouverneur de la Bundesbank, l'Allemand Jens Weidmann, 49 ans, un opposant à l'actuelle politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne, ce qui pourrait jouer en sa défaveur.

Cependant, d'autres postes importants sont en jeu à la tête des institutions européennes, notamment la présidence de la commission, celle du Conseil européen et celle de l'euro-parlement, toutes à renouveler l'an prochain.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2018 à 12:15 :
Le nouveau promu " défendra l'indépendance de la BCE ". Vu que toutes les BC sont indépendantes vis à vis des États, pas trop de danger ...Ce bon acteur de l'austérité, ex CEO de Lehman Brothers en faillite en 2008, est aussi un participant des conférences du groupe Bilderberg . Un homme du sérail , les moutons seront bien gardés.
a écrit le 21/02/2018 à 9:34 :
Cela fait peur avec un bilan pareil dont il se satisfait: 20% de chômage dont 50 % chez les jeunes, proches de la révolution dans un état délabré.
a écrit le 20/02/2018 à 17:57 :
Pour répondre à la question quelqu'un qui est dans le moule du lbéralisme mondial et européen et qui ne déntera pas! Pourquoi est ce que les peuples n'ont pas leur mot à dire et pourquoi n'y-a-t-il qu'une seule pensée économique de représenter?
Réponse de le 21/02/2018 à 14:09 :
@GABUZO, tôt ou tard les peuples auront leur mot à dire. Patience...
a écrit le 20/02/2018 à 13:08 :
"Qui est Luis de Guindos le futur vice-président de la BCE ?" Un européiste sans nul doute, qui ne réfléchira pas en dehors du dogme et n'aura que le mot "réforme" a la bouche!

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