Air France-KLM commande 110 long-courriers

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Le groupe annonce la commande de 110 appareils Airbus A350 et Boeing 787. L'avantage d'Airbus est compensé par 10 B787 déjà loué en secret par KLM.

Depuis trois ans, la commande d'une centaine d'avions long-courriers est sans cesse repoussée. Mais cette fois, même si les perspectives moroses de l'économie appellent à la prudence, Air France-KLM appuie sur le bouton. À l'issue d'un conseil d'administration, qui s'est tenu jeudi après-midi à New York, le groupe devait, selon nos informations, annoncer ce vendredi avant Bourse une commande de 110 gros-porteurs de moyenne capacité de type Airbus A350 et Boeing 787, d'une valeur dépassant 20 milliards de dollars au prix catalogue, dont 60 options. Si Air France-KLM a décidé de partager équitablement les commandes fermes entre les deux constructeurs (25 A350 et 25 B787), il a décidé de prendre en options davantage d'avions européens (35 A350 contre 25 B787). De fait, alors que les pressions politiques ont été importantes en juin pour qu'Air France-KLM privilégie Airbus, la commande comporte plus d'Airbus que de Boeing (60 A350 contre 50 B787). Une évolution par rapport au schéma arrêté en juillet (La Tribune du 22 juillet) : 50 commandes fermes (25 A350 et 25 B787) et autant d'options avec la même répartition. Pourquoi ce changement ? Si les besoins ont été revus à la hausse, cette évolution de la commande tient compte des 10 B787-8 déjà commandés en catimini par KLM en location longue durée auprès de ILFC, un contrat dévoilé dans nos colonnes le 22 juillet. Aussi avec ces 10 Boeing qui ne seront pas mentionnés dans le communiqué, Air France-KLM parvient à partager ses besoins d'avions.

En augmentant le nombre d'Airbus commandés, Air France-KLM évite que Boeing puisse apparaître comme le gagnant de la commande. « Les pressions nous les avons écoutées, entendues mais je n'ai pas le sentiment qu'elles pèsent sur notre décision », a déclaré la semaine dernière le directeur général d'Air France-KLM Pierre-Henri Gourgeon.

Cette commande est stratégique. Déjà débordé sur le réseau court et moyen-courrier par le train à grande vitesse et les transporteurs à bas coûts, le groupe doit préparer le renouvellement sa flotte long-courriers s'il veut résister au développement à marche forcée des compagnies chinoises, indiennes et du Golfe, qui s'équipent, en masse, d'avions les plus modernes. « Les créneaux de livraisons des avionneurs sont pleins. Il nous faut passer commande pour être sûr de disposer des avions en temps et en heure quand ceux dans notre flotte actuelle arriveront en fin de vie », explique-t-on chez Air France. En clair entre 2016-2017 et 2024.

 

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