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EADS : l'Allemagne dicte ses exigences à la France via le journal Handelsblatt

Michel Cabirol

Publié le 23 novembre 2012 à 09:06 - Mis à jour le 23 novembre 2012 à 09:07

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Le gouvernement allemand souhaite racheter directement à la France certaines de ses parts dans le groupe d'aéronautique et de défense EADS, affirme vendredi le quotidien économique allemand "Handelsblatt". Et cela ressemble à un ordre : "ces 3 %, dont la France doit se défaire, pour aboutir à une parité avec l'Allemagne, doivent maintenant être repris par KfW", écrit le "Handelsblatt".

Décidemment le gouvernement allemand a décidé de communiquer via le quotidien économique allemand, "Handelsblatt", en faisant fuiter ses exigences sur le dossier de la recomposition du capital du groupe aéronautique EADS. Il avait déjà procédé de la sorte lors de la fusion entre EADS et BAE Systems, cachant systématiquement la copie aux négociateurs d'EADS et de BAE Systems tout en dévoilant au fur et à mesure leurs exigences dans la presse allemande.

Le "Handelsblatt" canal officiel de Berlin ?

Selon l'édition de vendredi, Berlin souhaite racheter directement à la France certaines de ses parts dans le groupe d'aéronautique et de défense EADS, affirme vendredi le quotidien économique allemand. "Le gouvernement a chargé la banque publique d'investissement KfW, d'acheter directement des parts de l'entreprise à l'Etat français", écrit le journal, citant des sources gouvernementales. "En conséquence, la KfW reprendrait moins de parts à Daimler", le constructeur automobile actionnaire d'EADS souhaitant se désengager, ajoute le "Handelsblatt".

Un oukase plutôt qu'une négociation ?

Ce journal avait déjà affirmé mardi que Berlin, qui pour l'heure n'est pas actionnaire direct d'EADS, Paris et Madrid devraient aboutir fin novembre à un accord sur l'actionnariat du groupe. Avec cet accord, les parts des gouvernements allemands et français s'établiraient chacune à 12 % et celle de Madrid resterait à 5,5 %. Cela signifierait donc que la France accepte de voir sa participation directe passer de 15 % à 12 %. "Ces 3 %, dont la France doit se défaire, pour aboutir à une parité avec l'Allemagne, doivent maintenant être repris par KfW", écrit le quotidien allemand. Formulé ainsi, cela ressemble plus à un oukase qu'à une négociation... Faut-il rappeler que c'est Daimler qui veut sortir du capital et qui met dans l'embarras le gouvernement allemand.

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En conséquence, Berlin, qui reprendrait la part détenue actuellement par le consortium public-privé Dedalus, "n'aurait plus besoin de reprendre que 1,5 % dans la part de Daimler", le constructeur automobile étant alors libre de vendre le reste sur le marché, poursuit le quotidien. Pour éviter de rompre l'équilibre franco-allemand au sein du capital d'EADS, Berlin avait prévu à l'origine de racheter la moitié des parts de Daimler dans EADS, soit 7,5 %.

Michel Cabirol

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