Le think tank CEPS incite l'Etat à vendre ses participations dans les groupes de défense

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Le Centre d'étude et de prospective stratégique dévoile ce jeudi soir un rapport intitulé "la défense sans fard". La Tribune dévoile quelques propositions du CEPS notamment sur le plan de la politique industrielle de l'Etat. Et lui recommande de se retirer "au plus vite de toutes ses participations au capital des sociétés et groupes du secteur" au profit de golden share.

A quelques semaines de la publication du livre blanc sur la défense, le Centre d'étude et de prospective stratégique (CEPS) dévoile ce jeudi un rapport intitulé "la défense sans fard, plateforme de propositions pour la défense et la sécurité nationale". L'une des propositions phares de ce document est de faire payer aux entreprises françaises installées à l'étranger la protection de l'armée française dont elles bénéficient... Au-delà de cet impôt kaki sur les sociétés, le think tank a travaillé sur dix thèmes pour faire avancer le débat sur les freins au développement d'une politique de défense cohérente. C'est bien sûr le cas du volet industriel. Dans un chapitre intitulé "Etat a-t-il les moyens de conduire uen politique industrielle de défense", le CEPS incite l'Etat à se "retirer au plus vite de toutes ses participations au capital des sociétés et groupes du secteur, et de s'en tenir aux golden share, qui préservent les intérêts stratégiques pour la défense de la nation".

Pourquoi une telle révolution ? Pour trois raisons. La mise en oeuvre d'une politique industrielle dans le secteur de l'armement se heurte à la conjonction "de trois objectifs contradictoires : développer la concurrence pour obtenir un meilleur prix, construire des champions industriels performants (...) et garder le contrôle de son industrie pour sécuriser l'approvisionnement en équipements critiques". Deuxièmement, les contraintes réglementaires nationales et européennes s'alourdissent et permettent de moins en moins aux Etats de favoriser leurs entreprises en leur confiant des programmes. Enfin, l'Etat est impuissant à impulser une politique industrielle alors qu'il est dans le capital de la plupart des groupes de défense. Cela a été le cas dans le cadre d'une opération d'échanges dactifs entre Thales et Safran, un dossier sur lequel l'Etat a battu en retraite face aux réticences des deux industriels. Plus classique, le CEPS propose également à l'Etat de "définir une politique de maintien des compétences stratégiques et opérationnelles critiques, inscrite dans une stratégie globale à dix-vingt ans" et de fixer "ce que l'on peut et souhaite partager". Au niveau européen, leCEPS préconise d'encourager et de laisser s'opérer "les inéluctables regroupements entre certains ensembliers et systémiers" et de favoriser "l'émergence d'un tissu industriel structuré de PME/ETI".

Espace militaire, "plus personne ne vous entend crier"

Pour le CEPS, la politique spatiale militaire française est une réelle déception. D'où l'intitulé du chapitre "plus personne ne vous entend crier"... Aussi, le CEPS dans ses préconisations, demande au ministère de la Défense de faire "entendre sa voix, de façon claire et affirmée" pour que ses besoins stratégiques et tactiques ont "une chance d'être correctement pris en compte". Et le CEPS propose notamment au ministère "de concentrer ses ressources sur ses priorités, quitte à abandonner certains projets" de "définir ceux qui peuvent être réalisés avec succès en national, en ayant recours si nécessaire et quand cela est bien fondé, à des modes de financement innovants", de "considérer l'Europe spatiale pour ce qu'elle est et ne pas en attendre davantage" et enfin "de prendre en compte, en pleine connaissance de cause, les enjeux spatiaux de l'OTAN".    

 

 

 

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a écrit le 01/02/2013 à 15:06 :
Rappelons-nous la tentative de fusion BAE-EADS 40%-60%... qui aurait permis au complexe militaro-industriel US d'obtenir une majorité décisionnelle au CA en ajoutant aux 40% BAE seulement 11% d'actions EADS (probablement déjà en possession de ses bras financiers Goldman, Morgan, Rotschild...). Cette fusion n'a pas eu lieu, ils ont changé de tactique et sont parvenus après de multiples et obscures pressions à réduire le droit de regard des Etats européens sans qui EADS n'existerait pas, et pire, à expulser deux de nos industriels (Lagardère et Daimler) de l'actionnariat. Cette ingérence constante a mis EADS dans une situation très VULNÉRABLE aujourd'hui. La lutte n'est pas égale, les gouvernements européens - tout comme nos industriels - sont acculés par les attaques des financiers anglo-saxons qui bénéficient de la planche à billets, fixent eux-mêmes les taux et abusent des échanges de titres liés à leurs actifs financiers douteux qui gonflent les marchés.
a écrit le 31/01/2013 à 20:44 :
Même chose que TerraNova, surtout faire le contraire.
a écrit le 31/01/2013 à 13:34 :
Vendez : les USA seront très contant de mettre la main sur des sociétés stratégiques surtout quand ils peuvent les acheter avec de la monnaie de singe qui ne vaut rien (et en se moment ils en impriment 85 milliards par mois, il faut bien qu'ils servent à quelque chose !)
a écrit le 31/01/2013 à 11:18 :
Pour qui roule le CEPS?
Avant même de lire leurs arguments, probablement très pertinents de leur point de vue, il est nécessaire de s'assurer que le CEPS est indépendant et qu'il n'est soumis à aucune influence de pays étrangers qui auraient intérêt à voir le gouvernement français seul se retirer des groupes de défense. Quelle est la NATIONALITE et les INTÉRÊTS des entreprises auxquels appartiennent ou pour lesquelles travaillent les membres de son conseil d'administration et quelles sont les entreprises PARTENAIRES qui le finance?
- OTAN IBM BAE MARSH BARCLAYS FINMECANICA, POLARIS QUALCOMM
- ainsi que TOUTES les entreprises de défense française ou franco-européennes.
Je trouve personnellement plus crédible les engagements du CEPS pour permettre à des jeunes diplômés des quartiers défavorisés à trouver du travail et à devenir des exemples positifs de réussite et d'ascension sociale et non des contre-exemples incitant au décrochage scolaire.
Deuxième point, c'est aussi à la portée d'un journaliste de porter ce type d'analyse et non faire du copier/coller d'un communiqué de presse. Il s'agit aussi là d'un avis très personnel.

Réponse de le 31/01/2013 à 11:58 :
les vrais journalistes sont au chômage aujourd'hui. Malheureusement pour notre démocratie.
Réponse de le 31/01/2013 à 11:58 :
C'est quoi le CEPS, peut être tout simplement une SECTE ?
a écrit le 31/01/2013 à 11:00 :
Il faut que l'ETAT conserve à tout le moins les fameuses "golden share" dans les sociétés stratégiques; pour garder un oeil sur le juteux business militaire. Il est un peu facile aujourd'hui d'incriminer les pouvoirs publics dans toutes les mauvaises décisions.Ne surtout jamais oublier qu'un groupe comme SAFRAN aurait depuis longtemps disparu s'il n'avait pas été soutenu à bout de bras et à coups de milliards depuis plus de quarante ans par le dit ETAT.
a écrit le 31/01/2013 à 9:57 :
La protection des ressortissants fait partie des obligation d'une nation!
a écrit le 31/01/2013 à 9:40 :
Quand un club de "réflexion" de ce type fait une proposition, il est urgent de faire tout le contraire.
a écrit le 31/01/2013 à 8:21 :
Incohérence, idéologie, lobbying...De libres entreprises, pour un marché libre, pour vendre plus d'armes dans le futur pour finalement alimenter des conflits et faire gagner du pognon aux actionnaires sur le dos de ceux qui vont au "casse-pipe".L'Etat n'est peut-être pas un bon actionnaire,ni un bon patron, mais dans le domaine des armes, un contrôle démocratique est plus que nécessaire.
"Méfiez-vous du complexe militaro-industriel" .Dwight Eisenhower Président des US..













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