ISS : quand la NASA finance à fonds perdus Boeing et SpaceX

 |   |  743  mots
Le lanceur Falcon 9 de SpaceX embarquera la capsule Dragon V2 (illustration) pour ravitailler la station spatiale internationale (ISS). Credit SpaceX
Le lanceur Falcon 9 de SpaceX embarquera la capsule Dragon V2 (illustration) pour ravitailler la station spatiale internationale (ISS). Credit SpaceX (Crédits : SpaceX)
Boeing et SpaceX ont décroché un contrat de 6,8 milliards de dollars de la la part de la NASA pour transporter des équipages vers la station spatiale internationale (ISS) d'ici à 2017.

La Nasa a annoncé mardi avoir choisi Boeing et SpaceX pour construire les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS) et mettre fin à la dépendance vis-à-vis des Soyouz russes. Sierra Nevada, dont le projet n'a pas été retenu, proposait une mini-navette de cinq places appelée "Dream Chaser" capable de revenir se poser comme un avion. "Boeing et SpaceX ont tous deux soumis des systèmes - le CST-100 et le Dragon V2, respectivement - qui nous permettront de transporter des équipages vers l'ISS d'ici à seulement quelques années", a déclaré le patron de la Nasa, Charles Bolden, lors d'une annonce à la presse au Centre spatial Kennedy, près de Cap Canaveral, en Floride.

Il s'agit d'un contrat de 6,8 milliards de dollars au total. Boeing s'est vu attribuer la plus grande part avec 4,2 milliards de dollars, tandis que 2,6 milliards reviennent à SpaceX. La Nasa a déjà dépensé 1,5 milliard de dollars depuis 2010, dont 800 millions cette année pour concevoir et développer des vaisseaux spatiaux privés pouvant transporter des astronautes vers l'ISS, avec une première sélection en 2012 de Boeing, SpaceX, et d'un troisième concurrent, Sierra Nevada.

Un nouveau pas de géant ?

"Aujourd'hui, nous avons fait un pas de géant qui nous rapproche de la possibilité de lancer nos astronautes depuis les Etats-Unis dans un vaisseau spatial américain", a lancé Charles Bolden, lui-même ancien astronaute. "Le partenariat de Boeing et de SpaceX promet de donner l'occasion à plus de personnes de connaître l'excitation des vols spatiaux", a-t-il aussi promis. En outre, "confier le transport en orbite terrestre basse à l'industrie privée permet à la Nasa de se concentrer davantage sur un ambitieux voyage vers Mars", a insisté le responsable de l'agence spatiale américaine.

Les premiers vols de ces vaisseaux privés devraient avoir lieu en 2017. Le contrat couvre au total six missions habitées vers l'ISS pour chacune des deux compagnies. Le choix de retenir deux sociétés pour construire deux vaisseaux s'explique par le désir de la Nasa de maintenir une concurrence qui, selon l'agence, est la meilleure façon de construire le système de transport spatial le plus sûr et le moins cher.

Des vaisseaux de 7 places

Boeing, fort d'une longue expérience dans le secteur spatial et maître d'oeuvre de l'ISS, a promis de construire sa capsule, le CST-100, d'une capacité de sept places, dans les anciens locaux modernisés du Centre spatial Kennedy, où étaient assemblées les navettes spatiales. Cette activité devrait créer 550 emplois, pour la plupart locaux. Le CST-100 sera lancé avec sa fusée Atlas V, qui a déjà effectué près de 50 lancements, depuis la base aérienne de Cap Canaveral.

Quant la capsule Dragon V2 de SpaceX, également sept places, dérivée de la capsule Dragon qui a déjà effectué cinq vols parfaitement réussis vers l'ISS pour livrer du fret et ramener des charges sur Terre, elle sera lancée par sa fusée Falcon 9. Ce lanceur a déjà effectué onze vols. Contrairement à Boeing, SpaceX créerait peu d'emplois au Centre Kennedy, d'où la firme lancera néanmoins Dragon V2. SpaceX loue à la Nasa le pas de tir historique 39A, d'où sont parties les missions historique Apollo vers la Lune.

Une dépendance vis-à-vis... de la Russie

Depuis le dernier vol de la navette spatiale en juillet 2011, la Nasa dépend exclusivement des vaisseaux russes Soyouz pour transporter ses astronautes vers l'ISS, au coût de 70 millions de dollars le siège. Mais cette situation est devenue très délicate à gérer avec la forte détérioration des relations entre Washington et Moscou en raison de la crise ukrainienne.

Le choix de la Nasa a été salué par plusieurs membres du Congrès. "Je félicite la Nasa et attends avec impatience le moment où les Etats-Unis lanceront de nouveau des astronautes américains avec des fusées américaines depuis le sol américain", a déclaré le représentant républicain Lamar Smith, président de la Commission de la Science et de l'Espace de la Chambre, ajoutant que "payer les Russes 70 millions par astronaute pour accéder à l'ISS" devait "cesser le plus vite possible". Pour le sénateur Marco Rubio, républicain de Floride, cette annonce marque "une étape importante dans le programme spatial de notre nation".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/01/2015 à 21:11 :
À fonds perdus? 6,8 milliards de dollars pour deux systèmes de transport d'astronautes (lanceurs et vaisseaux) c'est moins cher que ce qu'a coûté Ariane 5 ou que ce que coûtera le développement d'Ariane 6 qui ne lanceront bien évidemment jamais d'astronautes !
a écrit le 18/09/2014 à 6:19 :
Le titre est faux : la NASA ne finance pas à perte mais augmente par deux de la sorte la probabilité d'atteindre un résultat qui fonctionne. On est dans un projet risqué en avenir incertain et l'utilité de ravitailler l'Iss est telle que le gain est énorme : si un programme ne parvient pas à atteindre son résultat le risque devient majeur de perdre les dizaines de milliards déjà investis. Donc le surcoût est faible. L'Europe à fait de même avec les horloges atomiques du programme "GPS" Galileo.
a écrit le 17/09/2014 à 15:32 :
;;;;;;;;
a écrit le 17/09/2014 à 15:31 :
L'ISS est à l'origine une station spaciale russe, ce que la presse "oxydentale" fait semblant d'oublier. On peut donc s'attendre à que la Russie reprenne sa partie de l'ISS et laisse le reste aux américains. C'est quelque part comme si les allemands reprennaient le deutschemark et quittaient l'euro.
Réponse de le 17/09/2014 à 16:00 :
C'est faux, le projet est lancé en 1983 par les États-Unis. Avant cela, la station orbitale Mir était soviétique, mais c'était deux projets différents.
Réponse de le 17/09/2014 à 17:43 :
Heu non... L'ISS est plutôt une sorte de mariage entre l'ancien projet de station spatiale US appelée Freedom et le projet russe de succession à Mir. D'ailleurs la partie russe n'est pas finie et l'envoi des nouveaux éléments est sans cesse repoussé. J'adore vraiment les commentaires de "spécialistes" sur les forums...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :