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Colère des agriculteurs : la Confédération agricole dit avoir été entendue par Emmanuel Macron... mais maintient la pression

latribune.fr

Publié le 15 février 2024 à 06:28 - Mis à jour le 15 février 2024 à 12:56

Emmanuel Macron a rencontré, mercredi, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole.

Emmanuel Macron a rencontré, mercredi, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole.

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Si le deuxième syndicat agricole a estimé avoir été écouté par le chef de l'Etat, lors d'une rencontre mercredi soir, il entend continuer de maintenir la pression. A l'image de la FNSEA qui a menacé de reprendre les blocages si les mesures d'urgence annoncées par Gabriel Attal n'étaient pas suivies d'effet. En visite dans une exploitation ce jeudi, ce dernier a listé plusieurs avancées.

[Article publié le jeudi 15 février 2024 et mis à jour à 13h56] Quelques signes d'apaisement sur le front de la colère agricole. Reçue mercredi par le président de la République, la Coordination agricole a estimé que ce dernier avait « pris la mesure » de la crise. « Il a bien écouté », s'est réjoui le deuxième syndicat agricole, assurant que le chef de l'Etat a entendu « notre message subliminal : "Foutez-nous la paix et laissez-nous travailler" », a déclaré Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne et figure du syndicat.

Ce dernier s'est exprimé devant la presse mercredi soir à la suite de cette rencontre, à laquelle ont également participé la présidente du syndicat Véronique Le Floc'h ainsi que le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, et sa ministre déléguée, Agnès Pannier-Runacher.

Evoquant l'empilement des normes et la paperasserie, Serge Bousquet-Cassagne a estimé avoir été « bien compris » par le président, expliquant que « c'est son administration qui déconne, qui surjoue les lois. À lui de faire le boulot. Parfois, il prend des lois qui sont pas ou peu appliquées sur le terrain », donnant l'exemple du développement de l'agrivoltaïsme - qui consiste à installer des panneaux solaires au-dessus et sur des exploitations agricoles - qui serait « freiné » par l'administration en région.

«Cela avance au niveau national», assure ce jeudi Attal

Aussi attendu au tournant, le Premier ministre Gabriel Attal a tenu à faire un point ce jeudi, à l'occasion d'une visite dans un élevage bovin de Janvilliers (Marne). « Cela avance au niveau national », a donc affirmé Gabriel Attal, en particulier pour les « dix mesures de simplification » concernant entre autres « le curage des cours d'eau » et « la réduction des délais pour les recours ».

Quatre décrets sont « déjà sortis », trois autres ont été transmis « en début de semaine au Conseil d'Etat » ou le seront « dans les tout prochains jours », a-t-il précisé. Les trois mesures restantes « relèvent de la loi » que le gouvernement « présentera autour du salon » de l'agriculture, qui débutera le 24 février à Paris.

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Quid des éleveurs bovins frappés par la maladie MHE ? Selon le chef de l'exécutif, ils vont commencer à recevoir les aides promises. « Ca a mis du temps à arriver », a reconnu Gabriel Attal, mais « les guichets sont ouverts » et « les premiers versements interviendront cette semaine », afin que « dès la fin du mois, on ait un nombre important d'éleveurs qui puissent avoir été indemnisés ».

Au niveau local aussi, « il faut que ça avance vite », a insisté le Premier ministre. Les réunions entre préfets et syndicats ont fait remonter « 900 propositions sur des normes nationales et locales » et « en une quinzaine de jours à peine, on en est à une soixantaine d'arrêtés préfectoraux partout en France qui ont déjà été modifiés ou abrogés », a-t-il souligné sur le sujet.

Trésorerie, simplification et clauses miroir...

Les demandes du syndicat portent, de manière générale, sur « l'urgence de trésorerie » et sur la simplification administrative nécessaire « à tous les étages », comme l'a expliqué, à l'issue de la rencontre avec le président Macron, la co-présidente du syndicat en Lot-et-Garonne, Karine Duc. Outre cette mesure, figurent parmi les « quatre points forts » des demandes présentées à Emmanuel Macron : la levée des contraintes de production, notamment environnementales, l'exigence de « clauses miroir » - sur la réciprocité des normes pour les produits importés -, et enfin un gros effort « sur les transmissions » de fermes, comme elle les a énumérées.

Et de conclure : « L'écologie, c'est nous qui la faisons dans nos champs, on a déjà fait plein d'efforts. Laissez-nous produire », tout en ajoutant avoir demandé au chef de l'Etat « un calendrier clair » concernant les mesures d'urgence précédemment annoncées par le gouvernement, représentant, au total, un montant de 400 millions d'euros.

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Le 1er février dernier, le Premier ministre, Gabriel Attal, avait, en effet, déroulé une série de mesure en faveur des agriculteurs notamment concernant le respect de la loi Egalim, qui vise à empêcher que les producteurs ne fassent les frais de la guerre des prix féroces entre supermarchés d'une part, et distributeurs et fournisseurs de l'agro-industrie d'autre part.

Le chef du gouvernement avait également annoncé un soutien fiscal et social de 150 millions d'euros pour les éleveurs, et la mise sur pause du plan Écophyto, qui a pour but d'atteindre l'objectif de réduire les usages de produits phytopharmaceutiques de 50% d'ici 2025 et de sortir du glyphosate d'ici fin 2020 pour les principaux usages et au plus tard d'ici 2022 pour l'ensemble des usages.

De nouvelles menaces de blocages

Depuis cette période, l'exécutif n'a eu de cesse de se montrer à l'écoute de la profession agricole avec, en ligne de mire, le Salon de l'agriculture qui ouvrira ses portes dans dix jours. D'autant que les syndicats ont menacé à plusieurs reprises de reprendre leurs actions.

Le 12 février dernier, le patron de la FNSEA, premier syndicat agricole, avait ainsi déploré que, « depuis 10 jours » et la suspension des barrages et actions des agriculteurs, il n'y a « pas eu de rencontre ministérielle » ni avec le ministre de l'Agriculture ni avec le Premier ministre, et « pas de point de suivi ». « Quand il n'y a pas de réunion programmée, pas de coup de fil passé, oui ça nous inquiète », notamment sur le plan élevage, avait ajouté Arnaud Rousseau.

Et de conclure :« Nous on a mis des propositions très concrètes sur la table (...). Si on se moquait de nous, évidemment que ça ne pourrait pas se passer dans les conditions classiques de l'accueil du président de la République le premier samedi d'ouverture du salon ».« Personne n'a intérêt à nous balader. Parce que s'il n'y a pas de rendez-vous, à la fin on reviendra », avait encore insisté Arnaud Rousseau.

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De même, la Coordination agricole a indiqué, mercredi, vouloir « maintenir la pression » en poursuivant ses actions, allant de la distribution de tracts aux actions coup de poing contre des camions de produits étrangers ou au déversement de foin devant des commerces ou administrations. « Il faut utiliser ces méthodes-là, les seules à être entendues », a justifié Karine Duc.

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Après avoir également reçu, mercredi, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole - qui a demandé au gouvernement « d'annoncer l'arrêt des négociations des traités de libre-échange », notamment celui du Mercosur avec l'Amérique latine « pour mettre fin à la mise en concurrence des agriculteurs entre eux » - Emmanuel Macron s'entretiendra avec la FNSEA la semaine prochaine, tandis que Gabriel Attal doit se rendre ce jeudi dans une exploitation bovine de la Marne.

(Avec AFP)

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