Comment le suisse Reitzel relance le cornichon français
Guillaume Fischer
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Sous la marque Hugo, Reitzel promeut la renaissance de la filière du cornichon français.
Reuters
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Sous la marque Hugo, Reitzel promeut la renaissance de la filière du cornichon français.
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La filière du cornichon français est en train de renaître en Centre-Val de Loire après son abandon presque total au milieu des années 90 au profit de l'Inde. Ainsi, le premier fabricant dans l'Hexagone, Reitzel France, a conditionné en 2022 quelque 700 tonnes de petites curcubitacées élevées pour plus de la moitié dans la région, et pour le reste en Sarthe, en Bretagne et en Alsace. Elles sont commercialisées principalement sous les marques Hugo et, dans une moins mesure, Jardin d'Orante, également détenue par Reitzel.
Le tonnage de cornichons made in France représente désormais 7% de la production totale de Reitzel France, qui inclut également les condiments (câpres, oignons, piments, pickels). Démarrée en 2016 avec deux agriculteurs et 70 tonnes produites, la relance de la filière de cornichons s'appuie désormais sur près d'une trentaine d'exploitations représentant environ 35 hectares entièrement dédiés à cette culture.
Filiale du groupe suisse Reitzel (100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021), Reitzel emploie au total 130 salariés sur ces deux sites de production situés à Montrichard en Loir-et-Cher, et à Connerré dans la Sarthe. Le groupe, qui a produit au total 12.000 tonnes de cornichons et de condiments, commercialise ses marques à 80% dans la grande distribution, le reliquat étant destiné à la restauration hors domicile (restaurants, snacks). Il a développé des gammes apéritives, ainsi que des produits issus de l'agriculture biologique sous la marque Bravo Hugo, qui viennent compléter les produits historiques. « Contrairement à l'épicerie fine, nos bocaux de cornichons français sont accessibles au plus grand nombre, assure Martial Chauvière, directeur de Reitzel France. Pour proposer un écart de prix raisonnable par rapport aux cornichons indiens, les deux sites doivent veiller en permanence à maintenir leur profitabilité ».
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Délocalisée en Inde en raison de son climat particulièrement adapté à la culture des cucurbitacées -trois récoltes y sont réalisables par an-, la reconstruction de la filière du cornichon hexagonal se heurte à un frein majeur : la disponibilité et les coûts de la main d'œuvre. « Non mécanisée et entièrement réalisée manuellement, la récolte nécessite des milliers de saisonniers, qu'il est de plus en plus difficile de motiver, poursuit Martial Chauvière. Environ 12.000 personnes seraient nécessaires par an pour assurer une consommation de cornichons 100% français à l'échelle de l'Hexagone. Ces difficultés de recrutement empêchent les agriculteurs de faire croître de façon significative les parcelles dédiées à cette culture ». D'autant plus que le marché est également très concurrentiel. Seul producteur de cornichons made in France vendus en grandes et moyennes surfaces, Reitzel est confronté à des poids lourds comme Maille-Amora (Unilever) et le groupe allemand Kuhn, qui eux se fournissent essentiellement en Inde. S'y ajoutent des producteurs du sous-continent qui approvisionnent directement les marques de distributeurs des enseignes de GMS.
Guillaume Fischer
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