Le groupe agroalimentaire Eurogerm opère un virage stratégique en devenant lui-même producteur d’ingrédients. Il investit 21 millions d’euros dans la construction d’une usine de biofermentation de levain, près de Dijon, en Bourgogne-Franche-Comté. Un projet qui sera opérationnel début 2024.Dans ce contexte de pénurie des matières premières sur fond de crise énergétique, Eurogerm est capable de proposer, à ses clients de la meunerie, des solutions pour remplacer certains ingrédients difficiles à trouver sur le marché -ou trop chers-, tout en gardant la texture et le goût, ou encore des ingrédients qui permettent de cuire à plus faible température pour diminuer les coûts d'électricité.
«En ce moment, par exemple les œufs ont fortement augmenté. Nos équipes ont trouvé des solutions avec des protéines végétales pour dorer les galettes, par exemple», précise Jean-François Honoré, président d'Eurogerm.
Internaliser la fabrication de produits très techniques
Le groupe, fondé en 1989, se déploie dans le monde entier et emploie plus de 600 personnes réparties entre le siège français et un réseau de 15 filiales en Europe, Afrique, Etats-Unis, Brésil, Mexique et Asie.
«Lorsque j'ai repris les rênes de l'entreprise en 2021, la société générait 135 millions d'euros de chiffre d'affaires. En 2022, nous prévoyons 185 millions d'euros de chiffre d'affaires. Nous serons autour de 240 millions d'euros, l'année prochaine, avec près de 740 collaborateurs», s'enthousiasme le dirigeant.
Avec 35% de part de marché en France, Eurogerm travaille avec tous les grands groupes du secteur, mais aussi avec les petits artisans. Il développe des expertises pour apporter des recettes à ses clients de la filière blé-farine-pain-pâtisserie, à travers des solutions techniques, gustatives et sensorielles.
«Jusqu'à présent, nous achetions la totalité de nos produits. Avec la construction de cette usine de biofermentation, une partie des produits très techniques, seront fabriqués par notre propre entreprise, avec une signature particulière», explique Jean-François Honoré.
«C'est un passage, une transformation importante, pour notre modèle économique de demain», poursuit-il.
Un projet redimensionné, avec un doublement de l'enveloppe