Exit le centre logistique dernier cri que le fabricant du Nutella projetait d’implanter dans l’Eure. Le groupe italien jette l’éponge après que la fédération d'associations France Nature Environnement a déposé un recours au motif de la présence sur les lieux de plusieurs espèces d’oiseaux protégées. Il cherche un nouveau point de chute.
Ce n'est pas un virus mais un autre petit être qui aura eu raison du projet de Ferrero de créer un nouveau centre de distribution dans la vallée de la Seine. En septembre dernier, la firme italienne annonce par voie de communiqué de presse son intention de lancer les travaux de construction d'un bâtiment à vocation logistique de 36.000 m2 à Criquebœuf-sur-Seine dans l'Eure pour remplacer deux plateformes vieillissantes en Seine-Maritime et dans l'Aube. Un investissement de belle taille est promis : trente millions d'euros.
Trop heureux de relayer la bonne nouvelle dans une France en crise, le ministre du Commerce extérieur prend la plume pour saluer l'événement : « Les efforts entrepris pour densifier la relation bilatérale franco-italienne sont payés de retour. Ferrero confirme que nos territoires sont cœur de la stratégie d'attractivité », commente Franck Riester, enthousiaste.
On ne plaisante pas avec la biodiversité, dit FNE
C'était sans compter sur l'œdicnème criard aussi appelé courlis de terre : un petit oiseau protégé qui aime à nicher parmi les roseaux. Sur le site de vingt hectares convoité par l'entreprise, il cohabite avec une trentaine d'autres volatiles plus ou moins menacés. Trop pour France Nature Environnement (FNE) qui dépose, en fin d'année, un recours contre l'arrêté dérogatoire du préfet autorisant la construction.
Les élus de l'agglomération Seine Eure, tous disposés à ouvrir les bras aux 70 salariés que le groupe promet de relocaliser chez eux, sont vent debout mais FNE soutenu par les écologistes n'en démord pas. Pour les associations qu'elle représente, le projet présente décidément trop de risques pour cette espèce rare. Le magazine Bastamag, connu pour ses positions tranchées, s'en fait l'écho, appelant à demi mot à la mise en place d'une ZAD en cas de rejet du recours.
Très attentif à ne pas entacher son image depuis la polémique sur l'huile de palme, le chocolatier de la péninsule a-t-il craint que l'affaire ne fasse trop de vagues ? Toujours est-il qu'il vient de jeter l'éponge avant même que la justice administrative ne rende son avis. « Nous retirons notre projet car nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre le délai d'une procédure de recours en cours, c'est-à-dire plus d'un an », explique aux Echos Fausto Rotelli, directeur des relations extérieures.
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