Stéphane Le Foll face aux agriculteurs : "C'est moi le ministre mais je ne peux pas tout régler"

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Stéphane Le Foll a donné rendez-vous aux éleveurs le 12 juin prochain.
Stéphane Le Foll a donné rendez-vous aux éleveurs le 12 juin prochain. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
Le ministre de l'agriculture s'est retrouvé au centre d'un échange houleux avec des éleveurs bretons très en colère.

Stéphane Le Foll ne s'attendait peut-être pas à cet accueil. En visite lundi 1er juin dans le Finistère, le ministre de l'Agriculture a été reçu par un cortège de tracteurs. Impressionnant, mais silencieux, ce convoi "exceptionnel" a accompagné le ministre dans son parcours.

C'est donc sous pression que Stéphane Le Foll arrive au siège du volailler Doux, la société sauvée in extremis de la faillite il y a un an. Quelques éleveurs prennent le ministre à partie... Le ton monte. "Arrêtez de crier, ça sert à rien", a exhorté le ministre à une foule en colère. "Vous pensez que je vais tout régler ?" a-t-il interrogé comme un aveu de son impuissance.

"Mais c'est vous le ministre", lui répond un agriculteur.

"C'est moi  le ministre mais je ne peux pas tout régler seul", s'est-il justifié.

"On est tous en train de crever dans les fermes et vous vous en foutez. Et nous comment on fait pour payer les factures?" a demandé un manifestant.

Le ministre, à bout

Face à une femme, Stephane Le Foll s'est défendu d'avoir des amis dans les grandes surfaces. Affirmation mise en doute par l'agricultrice.

Visiblement à bout, Stéphane Le Foll a conclu cet échange en donnant rendez-vous le 12 juin. "On est là pour vous aider... On s'expliquera.", a-t-il conclu... d'un revers de main. "C'est honteux", lance alors un éleveur au ministre qui a déjà le dos tourné.

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Commentaires
a écrit le 22/07/2015 à 1:23 :
Il faut se rappeler que la soit disante politique agricole europeene a ete mise de l'avant par tous y compris les francais... En france il y a 60 millions de consommateurs pour qui la productivite est importante lorsqu'ils achetent des produits qui viennent de France et d'ailleur. Mais si les producteurs de tout secteur ne comprennent que la competitivite et la productivite sont a l'avantege des consommaturs alors ils n'ont rien a faire dans une economie de marche....
a écrit le 22/07/2015 à 1:13 :
A quoi sert un ministre dans un systeme de marche? Ce n'est tout de meme pas l'etat qui orchestre l'offre et la demande que ce soit dans l'agriculture ou dans d'autres secteurs! L'etat est la pour l'ordre et la sante publique un point c'est tout. Il existe suffisamment de moyens pour des producteurs a s'organiser pour produire plus et moins cher. Mais alors qu'attendent donc les producteurs agricoles francais...qu'ont les enmenent par la main pour leur dire ce qu'ils doivent faire pour devenir plus competitifs? Ils acceptent la competitivite dans le sport mais pas dans leur domaine? Ils ne n'appartiennent pas au 21iem siècle et ils ne contribuent certainement pas a l'essor economique de leur pays....
a écrit le 06/06/2015 à 0:15 :
Quand on n'est pas à la hauteur ,on démissionne ,et il faudrait arrêter de signer n'importe quoi à Bruxelles ,et n'oublier pas le référendum de 2005 ,la classe politique a trahie le peuple , il va falloir un jour designer des coupables qui seront jugés et condamner pour l'exemple !
a écrit le 03/06/2015 à 11:42 :
Jamais les prix des matières premières agricoles n'ont été aussi basses; le maïs est en dessous de ses coûts de production aux USA (3,65 $ contre 4,25/4,50 environ aux USA.. par exemple, mais on peut prendre presque tous les produits, c'est kif kif). Alors, on a du souci à se faire, et il faut souhaiter des productions en net recul pour rebooster tout cela. Prions El Nino.. Remarquons cependant que la hausse du dollar protège (partiellement) les agriculteurs européens.
a écrit le 02/06/2015 à 20:18 :
La politique agricole commune promeut une course effrénée à la productivité et à la rentabilité, sans considération des agriculteurs ni des consommateurs

La politique agricole commune :

Met les agriculteurs français en concurrence déloyale avec ceux d’États dont les normes salariales, sociales et fiscales sont très inférieures à celles de la France ;
Autorise des pratiques comme les OGM ou les farines animales qui sont contraires aux souhaits profonds de la population et qui font peser des incertitudes sur la santé des consommateurs ;
Pousse les exploitations à grandir sans cesse, avec des objectifs de rentabilité et de productivité maximaux préjudiciables à l’environnement, en contradiction avec la notion de terroir si chère aux Français.

Le résultat de la politique agricole commune est la dégradation accélérée de la condition agricole

Il résulte de la politique agricole commune :

Des revenus qui permettent à peine de survivre, et qui subissent la volatilité des prix mondiaux. 40% des agriculteurs français touchent moins que le SMIC et les retraites du monde agricole sont très faibles ;
Des fermetures massives d’exploitations et donc une désertification accélérée des campagnes françaises. Passé de trois millions en 1960 à 500 000 aujourd’hui, le nombre d’agriculteurs devrait être de 200 000 en 2030 d’après les prévisions : c’est la mort programmée de l’agriculture française alors que la France a, de tout temps, été le grenier de l’Europe. Le désespoir pousse chaque jour en moyenne entre un et deux agriculteurs français au suicide ;
La transformation des agriculteurs en « fonctionnaires de la terre » en raison des règlements européens qui suppriment toute liberté et toute indépendance dans la conduite des exploitations.

La sortie de la France de l’Union Européenne et de l’euro grâce à l’article 50 du Traité sur l’Union Européenne permettra de sauver l’agriculture française de la destruction

L’Union Populaire Républicaine est le seul rassemblement politique :

À expliquer que les subventions « européennes » sont en réalité françaises puisque la France donne 21 milliards d’euros par an en moyenne au budget européen pour n’en récupérer que 14 : la sortie de l’Union Européenne permettra donc non seulement de conserver les subventions au monde agricole, dans le cadre d’une politique nationale, mais de disposer en plus de 7 nouveaux milliards ;
À vouloir, grâce à la sortie de l’Union Européenne, rétablir des protections frontalières intelligentes, en fonction des besoins de l’économie et de l’agriculture françaises, et mettre fin à la surévaluation destructrice de notre monnaie ;
À proposer l’instauration d’un revenu minimal agricole permettant aux agriculteurs de vivre dignement dans quelque conjoncture économique que ce soit ;
À prévoir une diversification des canaux de distribution des produits agricoles grâce à l’instauration de plateformes de vente dans les centres urbains ;
À vouloir former la population au vrai goût des aliments, c’est-à-dire tels qu’ils sont produits naturellement.
Réponse de le 03/06/2015 à 11:23 :
@Gremillon Voilà pourquoi l'impuissance de LE FOL est patente, les ministres ont donnés les clés du royaume à l'Europe mais n'oublient pas de prendre la paie qui va bien.
Réponse de le 03/06/2015 à 16:27 :
C'est qui, "l'Europe" ?
a écrit le 02/06/2015 à 17:16 :
Mr le ministre se tient à la pointe des techniques modernes de l'agriculture (semis sous couvert, agroforesterie, méthanisation, aquaponie...etc) et à ses nouveaux réseaux de distribution en circuit court et autonome et donc ....il est en mesure de réfléchir avec son gouvernement à la manière de mettre en œuvre tout cela de manière rapide et efficace pour aider les agriculteurs éleveurs à basculer vers une exploitation respectueuse de l'environnement et autonome à terme (cad sans subventions systématiques sans charges absurdes sur les intrants et des machines à doser le repas d'une vache!!!) Et n'a pas le droit de s'avouer vaincu!!! Il est payé pour ça!
De leur côté, les agriculteurs doivent se bouger et ne pas attendre un hypothétique changement de la part de nos politiques: ils se préoccupent plus de finir leur mandat en signant un énième traité qu'ils pourront afficher comme une gloire pour 2017 que d'organiser un véritable changement avec des objectifs simples, clairs et chiffrés!!!!
a écrit le 02/06/2015 à 15:17 :
Quand des entreprises soi-disant sous-compétitives ferment et envoient des milliers de gens au chômage, ces agriculteurs ne bougent pas le petit doigt. Quand des agriculteurs non compétitifs et gavés de subventions (7 milliards d'euros) et dont les caisses de retraite et de maladie sont lourdement déficitaires (7 milliards d'euros aussi) et non compétitifs ont des problèmes, il faudrait continuer le gavage aux subventions ?
a écrit le 02/06/2015 à 15:10 :
Cette dame a raison on privilegie les gdes surfaces qui licencient au detriment des petits producteurs qui eux revent d'embaucher mais ne peuvent pas le faire, sans meme parler de la qualite pitoyable de la gde distribution.
a écrit le 02/06/2015 à 14:37 :
Et que pourra t'il invoquer, ce ministre démuni , si les accords (dont peu de monde souhaite qu'ils aboutissent) TAFTA sont signés ? Ce sera le plus grand bazar et les consommateurs que nous sommes tous, tout autant que nos agriculteurs seront les dindons de la farce.
a écrit le 02/06/2015 à 14:17 :
l'agriculture où l'exemple même de la non construction européenne..
des Etats qui saignent leur budget pour maintenir à flot des paysans qui finalement crèvent, une soit disant politique commune qui n'a aucune ligne directrice entrainant de fait le chacun pour soit, des directives environnementales lachées ça et là à la pelle pour toujours plus de contraintes ... le tout laissé sans aucune protection !
Le soviétisme à la sauce capitaliste, un cocktail tout à fait intéressant...

Le grand perdant de tout cela étant in fine le consommateur (celui que l'on veut soit disant protéger) qui paie cher des produits de qualité tout à fait médiocre issus de la GMS toute puissante et d'importations de pays dans le terme "bonne pratique environnementale" n'existe tout simplement pas.

Connaisant bien le milieu agricole, je sais de quoi je parle, mais j'imagine que ce n'est pas le seul secteur à subir cette loi magique de la compétitivité à armes inégales (et sans même parler du coût de la main d'oeuvre)
a écrit le 02/06/2015 à 14:09 :
Le titre de La Tribune Stéphane Le Foll face aux agriculteurs : "C'est moi le ministre mais je ne peux pas tout régler"

reprenons ensembles : " Stéphane Le Foll, c'est moi le ministre pour le train de vie mais je ne peux pas tout régler ... alors je parlotte comme mes mentors Valls Sarkozy Hollande Fillon...Raffarin, Wauquiez, Lemaire"
a écrit le 02/06/2015 à 13:54 :
D'un côté il y la surproduction agricole qui mène inéxorablement vers une baisse des ventes et donc provoque des faillites; de l'autre il y a les marionnettes politiques qui font semblant d'agir à grand renfort de subventions. Si les subventions ne sont plus versées, les agriculteurs se noient. Les uns n'auraient jamais dû tomber dans le piège tendue par le lobbying agricole qui leur fait miroiter monts et merveilles à coût d'intrant chimique, et de matériels aux prix astronomiques; les autres sont soumis aux règles de Bruxelles et bientôt du tafta. Bon courage pour la suite.
a écrit le 02/06/2015 à 13:48 :
Lui aider? L'état est ruiné et les entreprises accablées sous les charges. Il va donner des illusions, faire des promesses. L'important est de tenir jusqu'en 2017. Ces politicards démolissent la vie des gens avec des politiques clientélistes puis prétendent les aider.
a écrit le 02/06/2015 à 13:17 :
Les agriculteurs sont largement responsables de ce qui arrive, collectivement s'entend. Ils ont comme héros un Jacques Chirac qui leur a versé des subventions en les faisant disparaître. La PAC et son processus européen étaient à l'oeuvre à travers ce Président prodigue. Le nombre des exploitations est passé de 4 millions en 1940 à moins de 200 000 actives. Ne l'ont-ils pas vu ? Ce sont des entreprises comme les autres qui veulent des subventions à court terme et qui votent pour ceux qui leur en donnent. Les français dans leur ensemble font de même, sans projet. Il est peut-être temps de changer.
Réponse de le 02/06/2015 à 16:41 :
Les agriculteurs font aussi les frais d'une compétition internationale ou le prix de la main d'oeuvre, des matières premières et de la revente leurs sont extrêmement défavorable. A pays différent les coûts incompressible en monnaie locale sont très différent pour un prix de revente identique puisque lié au marché. A ce petit jeu c'est la course vers la baisse des coûts au détriment, entre autre, de la qualité qui prime. Avec a terme la fin de la production locale et donc un problème sanitaire et de souveraineté. L'arbitrage politique en faveur de la grande distribution et de l’élevage intensif a aussi fait et fait mourir beaucoup des petit acteurs aux profits de très peu de monde.
Réponse de le 02/06/2015 à 16:41 :
Les agriculteurs font aussi les frais d'une compétition internationale ou le prix de la main d'oeuvre, des matières premières et de la revente leurs sont extrêmement défavorable. A pays différent les coûts incompressible en monnaie locale sont très différent pour un prix de revente identique puisque lié au marché. A ce petit jeu c'est la course vers la baisse des coûts au détriment, entre autre, de la qualité qui prime. Avec a terme la fin de la production locale et donc un problème sanitaire et de souveraineté. L'arbitrage politique en faveur de la grande distribution et de l’élevage intensif a aussi fait et fait mourir beaucoup des petit acteurs aux profits de très peu de monde.
a écrit le 02/06/2015 à 13:01 :
Ce type c est vraiment la haine et le refus du dialogue social !!!!!!
( c est le genre de debilites qu on entendait y a pas si longtemps alors on perpetue la tradition ;-) )
a écrit le 02/06/2015 à 12:21 :
Eh bien il est temps de changer de modèle! non???
a écrit le 02/06/2015 à 12:14 :
je comprend les agriculteurs, il ne pouvait pâs avoir pire comme sinistre. il reste la crème avec le toréador d'opérette et le soit disant président. avec ces trois les paysans pourront faire du beurre avarié.

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