Les scissions d'entreprise se multiplient. Appelées « spin-off » dans le monde anglo-saxon, ces opérations consistent à transformer une branche d'activité d'un groupe en une nouvelle entreprise indépendante. Ces dernières semaines, deux grands noms du capitalisme français en difficulté ont dévoilé des projets de scission en plusieurs entités. Atos, l'un des fleurons français de la tech, et surtout Renault qui prévoit de se séparer en deux branches distinctes : l'une pour les voitures électriques et l'autre pour les véhicules à moteur thermique. Outre-Atlantique, Johnson & Johnson, General Electric ces derniers mois et Kellogg la semaine dernière ont évoqué ou acté des projets de scission. Dans le conseil, les géants du secteur comme EY s'y mettent aussi. Comment expliquer cet engouement soudain pour ce découplage ? Est-ce un choix dicté par des impératifs financiers ? Y a-t-il un intérêt industriel ? La Tribune fait le point.
Pourquoi de grandes entreprises décident-elles de se scinder ?
Une scission d'entreprise est d'abord une opération financière qui vise à mieux valoriser une branche d'activité, en la séparant des autres métiers d'un groupe pour ensuite l'introduire en Bourse dans la plupart des cas. Il s'agit en général d'une entité promise à un bel avenir comme des activités dans la transition écologique. Il existe par exemple une tendance de fond dans le secteur énergétique chez ENI, ThyssenKrupp ou Repsol à faire des scissions de divisions hydrogènes ou renouvelables pour augmenter leur valorisation. « Les « spin-off » se font selon des cycles économiques. Aujourd'hui le cycle est porteur notamment pour scinder les branches renouvelables. Les entreprises des renouvelables sont bien vues, valorisées et les plans de relance, de transformation écologique débloqués par les Etats leur offrent une manne financière abondante », explique à La Tribune Matthias Desmarais, responsable de la recherche chez ODDO BHF, qui constate que les « spin-off » sont « plus fréquents dans les économies anglo-saxonnes en raison d'une forte culture de l'ingénierie financière ».