Fiat suspend les négociations à Mirafiori

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Les discussions sur l'avenir de l'usine turinoise ont été interrompues ce vendredi. L'investissement promis d'un milliard d'euros est en suspens.

Fiat fait monter la pression. Le constructeur italien a annoncé ce vendredi avoir supendu les discussions avec les syndicats sur le sort de son usine de Mirafiori, à Turin. Le groupe piémontais avait affirmé la semaine dernière qu'il voulait investir plus d'un milliard d'euros sur ce site historique, pour y construire des véhicules communs avec Chrysler, dont il détient 20% des parts. Il s'agissait notamment de fabriquer des 4x4 compacts pour Alfa Romeo et Jeep. 

La  production envisagée était de 250 à 280.000 unités annuelles avec un démarrage en 2012. De quoi assurer l'avenir d'un site aujourd'hui largement sous-employé et où travaillent plus de 5.000 personnes (en production). Ce projet fait partie intégrante du plan "Fabbrica Italia". Fiat accepte d' investir 20 milliards d'euros en Italie d'ici à 2014. Histoire d'y doubler la production.

Mais, en échange, Fiat réclame une plus grande flexibilité du travail et la révision des accords sociaux. Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat et patron de Chrysler, s'est en effet récemment insurgé punliquement contre des usines transalpines "qui sont sans cesse en perte", provoquant un beau tollé dans la péninsule.

"Les conditions ne sont pas réunies pour parvenir à un accord sur le redémarrage de Mirafiori", a déclaré vendredi après-midi, laconiquement, un porte-parole du constructeur italien. Les syndicats sont divisés. "Nous sommes dans l'impasse", assure pour sa part Bruno Vitali, qui a assisté aux négociations pour le syndicat Fim CISL. La partie de bras de fer est donc loin d'être terminée. Tout comme celle qui a lieu à Pomigliano d'Arco, près de Naples, où doit être produite prochainement la Panda II.

Toutefois, Fiat ne peut pas se passer de ses usines italiennes. Son site polonais est saturé. Tout comme son dispositif industriel turc, qui fabrique déjà les utilitaires Qubo et Doblo. Les capacités de l'usine de Kragujevac, en Serbie, sont quant à elles limitées. Et Fiat a déjà décidé d'y  produire son futur monospace cinq et sept places. Les usines américaines de Chrysler sont loin. Les syndicats savent donc que les menaces de Sergio Marchionne sont en partie vaines. Mais Fiat pourrait quand même, au cas où les choses tourneraient mal, regrouper la production italienne sur quelques sites privilégiés. Il compte en effet dans la péninsule trop d'usines surcapacitaires et souvent peu productives.

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