Renault abandonne son projet de "Smart" biplace en Lorraine

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La firme au losange renonce à un modèle à deux places de moins de 3 mètres de long, qui aurait dû être assemblé en Lorraine, dans l'usine Smart. En revanche, il fabriquera en Slovénie dès 2014 une Twingo III et, en parallèle, une "grande" Smart.

Renault abandonne son projet de Smart biplace. C'était pourtant l'un des projets phares de l'alliance entre Renault, Nissan et Daimler. L'usine lorraine de Hambach, qui fabrique les micro-voitures du groupe allemand, ne produira pas in fine  la soeur jumelle de sa future Smart à deux places de moins de trois mètres de long, prévue pour 2014.  Renault affirme  que, finalement, les débouchés sont trop faibles. Par ailleurs, une mini-voiture viendrait rivaliser avec... la nouvelle Twizy électrique. 

Smart quatre places en parallèle de la Twingo III

En revanche, la firme au losange fabriquera, à partir de 2014, une Twingo III sur une nouvelle plate-forme révolutionnaire... inspirée de l'actuelle architecture de la fameuse Smart, qui devrait donc être une propulsion (aux roues arrière et non plus une traction avant). C'est le projet "Edison" (nom de code chez Renault). Ce véhicule sera produit à Novo Mesto, en Slovénie, sur le site qui fabrique l'actuelle Twingo. Au terme du rapprochement scellé il y a deux ans entre Renault, son partenaire japonais et le consortium germanique à travers des échanges de participations (3,1 % du capital), Smart lancera, quelques mois après la Twingo III, une soeur jumelle à quatre places sur la même base et assemblée dans la même usine! Renault fournira d'ailleurs en principe les moteurs essence et diesel pours les versions frappées du label du losange comme de l'emblème Smart. Ces véhicules auront  un pendant électrique.

Rentabiliser les Smart coûte que coûte

Daimler doit absolument rentabiliser ses Smart,  chroniquement déficitaires, en accroissant coûte que coûte les volumes sur cette plate-forme, dont les divers modules seront utilisés pour les Smart biplaces et les Twingo III-Smart quatre places. Renault, pour sa part, a avoué des pertes l'an dernier  sur ses "petits" modèles. D'où ce rapprochement, a priori paradoxal, entre le français et le célèbre groupe de Stuttgart, dont la marque émblématique est Mercedes. 

Diesels Renault pour Mercedes

C'est aussi pour redresser la rentabilité de ses modèles d'entrée de gamme que Mercedes va monter des diesels Renault 1,5  dCi sous le capot de ses prochaines Mercedes Classe A. Une mécanique à gazole de faible cylindrée, qui équipe déjà... les Twingo, Clio, et même les Dacia. Pas très "glamour", mais la firme d'outre-Rhin manque de diesels  sobres et  peu prodigues en émissions de C02. Il lui fallait donc bien s'adresser à l'extérieur. C'est Carlos Ghosn, PDG de la firme au losange, qui l'a confirmé vendredi dernier, lors de l'Assemblée générale des actionnaires du constructeur français.

Une fourgonnette allemande "made in France"

La firme à l'étoile a par ailleurs déjà dévoilé sa fourgonnette Citan, qui n'est autre qu'un... Renault Kangoo produit à Maubeuge, restylé à l'avant et aussi à l'intérieur. Ce modèle  "made in France" sera aussi équipé de moteurs tricolores, pour une commercialisation en octobre prochain. Mercedes n'avait rien jusqu'ici dans sa gamme d'utilitaires, alors qu'il est le premier constructeur mondial de véhicules utilitaires et industriels.

Modules Mercedes pour un haut de gamme français

En échange de l'aide apportée par le français, « des modules Mercedes seront utilisés sur un véhicule de haut de gamme Renault  », a précisé, en outre, Carlos Ghosn, lors de l'assemblée générale. Ce modèle de luxe, produit en Europe, arrivera dans la deuxième partie du plan de Renault, c'est-à-dire entre 2014 et 2016. Carlos Ghosn avait  par ailleurs annoncé, au dernier salon de Francfort à la mi-septembre 2011, que Daimler fournirait des moteurs à quatre et six cylindres essence et diesel... à Infiniti, la marque de luxe de Nissan. Cette dernière utilisera également une plate-forme du constructeur de Stuttgart pour sa prochaine compacte.

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a écrit le 02/05/2012 à 19:23 :
Il est plus simple d'investir en périphérie de l?Europe,Maroc, Turquie demain Algérie et de rapatrier la majeure partie de la production sur l'Europe.Les usines Françaises, Espagnoles Roumaines de Renault perdront des emplois mais cela c'est le dernier des soucis de Mr Ghosn, sa rémunération et celle des actionnaires étant préservées le reste peu importe... Après les politiques hurlent à la délocalisation il suffirait de taxer
tous les véhicules venant hors de l?Europe à 33% ...il n'y aurait plus autant d'intérêt à produire en Turquie, au Maroc où en Algérie....
Réponse de le 02/05/2012 à 23:36 :
sauf que si on veut vendre en dehors de l'europe, faut pas se les mettre à dos !!!!
a écrit le 02/05/2012 à 18:38 :
Je peux vous dire que Renault n'est plus capable de penser l'avenir des voitures et encore moins l?avenir du pays!!!
Cette entreprise qui va finir nationalisée n'est même plus capable de penser un véhicule à très basse consommation de bas prix et de très petites performances(et oui l'avenir est à 40 km.h-1 heure ou sera apocalyptique.) cela préfère faire du cash sur des boites de savons dans les pays à bas revenus..... Une belle image de la mentalité des dernières années ..Pas de talent pas d'espoir pas de luminosité ..que de la tristesse ..ça c'est pour NS
a écrit le 02/05/2012 à 14:30 :
Smart (daimler) a raté complêtement le coche en arrétant trop tôt la fabrication de la smart roadster alors que les coupés cabriolets peugeot et autres se sont vendus comme des petits pains quelques années plus tard. Renault pourrait reprendre le concept sous la marque alpine.
Réponse de le 02/05/2012 à 17:11 :
Comme des petits pains, tout est relatif. Les cabriolets Peugeot ou la Wind de Renault ne courent pas les rues. Ça reste un marché de niche.

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