Pour Volkswagen, la reconnaissance syndicale aux Etats-Unis, c'est pas gagné

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Symbole de la cogestion avec les partenaires sociaux en Allemagne, Volkswagen n’a toujours pas de syndicat dans son usine américaine. Des discussions ont commencé. La pression monte, alors que le syndicat allemand IG Metall soutient son homologue américain, l'UAW.

Symbole de la cogestion avec les partenaires sociaux en Allemagne, le constructeur allemand n'a toujours pas de syndicat dans son usine de Chattanooga (Tennessee), et n'est pas près d'en avoir. "C'est une question très sensible et nous venons juste d'entamer le dialogue", assure laconiquement Sebastian Patta, Directeur des ressources humaines de cette usine du sud des Etats-Unis.  cité par le site internet spécialisé Automotive News.

Campagne de signatures

L'usine est sous pression. L'UAW, qui a annoncé la semaine dernière avoir collecté une majorité de signatures de la part des 2.500 salariés, l'a ciblée pour syndicaliser les sites automobiles du sud des Etats-Unis, une région qui lui est traditionnellement hostile. Un accord avec Volkswagen ouvrirait à l'UAW, en perte de vitesse dans le nord du pays de moins en moins industrialisé, les portes dans les "transplants" de BMW ou de Mercedes également, voire les sites de Nissan.

Pression du Comité de groupe

Le puissant Comité de groupe à Wolfsburg soutient cette syndicalisation, mais ce n'est pas si simple. Car la législation sur la représentation syndicale est très sévère dans les Etats du Sud. Et des problèmes légaux se posent. Volkswagen, et avant lui BMW, Mercedes, Nissan, se sont implantés dans le Sud grâce aux subventions mais aussi aux bas salaires et à l'absence de syndicat. Volkswagen est dans une situation délicate. Sans présence syndicale, il maintient ses avantages. En outre, tout pas en avant vers une reconnaissance de l'UAW lui mettrait à dos les élus républicains de l'Etat du Tennessee, vent debout contre toute intrusion syndicale... Mais, en même temps, le puissant syndicat allemand l'IG Metall est à l'affut.  Bref, la pression monte, alors que chacune des cent usines de Volkswagen dans le monde a son comité d'entreprise, seul le site américain y échappant, selon l'IG Metall.

Un nouveau modèle prévu

Volkswagen doit décider de la prochaine localisation de son gros 4x4, dont un concept a été dévoilé en début d'année au salon de Detroit. "Une décision doit être prise prochainement pour une mise en production en 2015", nous précisait au dernier salon de Francfort Christian Klingler, membre du directoire du consortium en charge des ventes. "Mon équipe travaille dur pour obtenir un deuxième véhicule", affirmait début août Frank Fischer, PDG de Volkswagen Group of America et responsable des opérations industrielles, cité par Automotive News.Volkswagen est aussi très implanté au Mexique. Mais une production à Chattanooga serait plus logique, le site ayant de la place disponible et se vouant aux véhicules de gamme moyenne supérieure.

250.000 Passat

Volkswagen a produit au printemps dernier sa 250.000 ème Passat de gamme moyenne supérieure sur le site américain.  La première voiture de série était tombée de chaîne à Chattanooga en avril 2011. A la fin des années 80, Volkswagen avait fermé son usine américaine, à l'époque située à Westmoreland (Pennsylvanie), pour se replier sur le Mexique. Mais, à l'exemple de ses compatriotes BMW et Mercedes, le consortium d'outre-Rhin s'était ensuite décidé à revenir industriellement aux Etats-Unis, une étape indispensable pour y accroître ses ventes.

Retour à l'équilibre?

"Nous comptons revenir à l'équilibre financier cette année dans nos opérations" outre-Atlantique, soulignait  en janvier 2013  le président du directoire de Volkswagen Martin Winterkorn. Le groupe de Wolfsburg a vu ses ventes augmenter de 30,6% l'an passé à 580.286 unités aux Etats-Unis, battant son record de... 1970, au temps de la fameuse Coccinelle! Un joli succès alors que le groupe y était à l'agonie il y a encore quelques années. Les décennies 1980, 1990 et 2000 avaient été catastrophiques pour Volkswagen, avec des pertes récurrentes.

 

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Commentaires
a écrit le 20/09/2013 à 15:45 :
Le titre est d'une élégance rare !
a écrit le 20/09/2013 à 15:22 :
Le Tennessee est un "right to work state", autrement dit un état ou les syndicats ne font pas la loi, contrairement à l?État de New York ou la Californie ou l?activité économique est pénalisée par l?interférence constante de syndicats, par le monopole d'embauche des seuls syndiqués et autres pratiques qui relèvent plus du racket que du syndicalisme. Au final, l?activité économique de ces etats du sud (NC, SC, AL, OK, TX, etc.) a mieux supporté la crise que le nord est ou la Californie et nombre de grosses entreprises (Boeing, Google, etc) sont en train de relocaliser certaines de leurs activites dans ces "right to work states."
a écrit le 20/09/2013 à 15:00 :
Le Tennessee est un "right to work state", autrement dit un état ou les syndicats ne font pas la loi, contrairement à l?État de New York ou la Californie ou l?activité économique est pénalisée par l?interférence constante de syndicats, par le monopole d'embauche des seuls syndiqués et autres pratiques qui relèvent plus du racket que du syndicalisme. Au final, l?activité économique de ces etats du sud (NC, SC, AL, OK, TX, etc.) a mieux supporté la crise que le nord est ou la Californie et nombre de grosses entreprises (Boeing, Google, etc) sont en train de relocaliser certaines de leurs activites dans ces "right to work states."
a écrit le 20/09/2013 à 14:17 :
Aux Etats-Unis les syndicats ont mauvaise presse (comme en France) et sont au désespoir de garder des membres cotisants. 7% desyndiqués dans le privé et ça continue à descendre. 30% dans les fonctions publiques (comme d'hab & comme en France). L'UAW espère créer un précédent avec les transplants mais c'est loin, très loin d'être gagné !
Réponse de le 21/09/2013 à 11:33 :
La France a le plus bas taux de syndicalisation de l'ocde avec 7% de syndiqués, environ 5% dans le privé et 14% dans le public. Même aux États Unis, le taux est supérieur de près de 5points au taux français.

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