Hx², la future voiture solaire à usage urbain d'Eco Solar Breizh

 |   |  977  mots
Doté d'un budget de 300.000 €, le projet Hx² bénéficie, pour un tiers, d'un financement de la Région Bretagne.
Doté d'un budget de 300.000 €, le projet Hx² bénéficie, pour un tiers, d'un financement de la Région Bretagne. (Crédits : DR)
Depuis 2013, l’association brestoise Eco Solar Breizh fait rouler aux quatre coins du monde, Heol, son véhicule solaire de compétition. Avec la création de Hx², la voiture solaire destinée à un usage urbain ou périurbain, elle se lance un nouveau défi. Le premier tour de roues d’un démonstrateur élaboré à partir d’une F-City électrique, équipée de panneaux solaires et d’une pile à hydrogène, aura lieu en 2019. Le véhicule complet roulera en 2020, en vue d'une commercialisation rapide.

Sa couleur peut encore changer, mais Hx² possède désormais un design. Suite à un sondage en ligne et sur les réseaux sociaux, mené fin septembre, l'allure toute en rondeur de la future voiture solaire à usage urbain conçue par Eco Solar Breizh, a été choisie par 54,8 % des 902 votants dont 32,2 % de femmes. Autant dire qu'après les tours du monde d'Heol, véhicule solaire de compétition conçu en 2013 et notamment sponsorisé par Abalone Intérim, ce nouveau projet collaboratif porté par l'association brestoise ne laisse pas sa communauté indifférente. Futur véhicule électrique équipé de panneaux solaires et d'une pile à hydrogène, Hx² roulera au premier trimestre 2020, mais un premier tour de roues validant la technologie devrait avoir lieu en mars prochain à Rennes, lors de la deuxième édition d'inOut, l'événement sur les mobilités du futur.

Le calendrier fixé jusqu'à la fin de 2018 porte sur la mise en oeuvre du nouveau système de propulsion et la réalisation des tests dynamiques sur circuit (maniabilité, freinage, vitesse maximale, consommation...). Les éléments de carrosserie et la conception design seront aussi étudiés à pour une mise en oeuvre durant le premier semestre 2019. « Ce projet est directement dérivé d'Heol, qui déploie 6m² de panneaux solaires et avec lequel nous continuons les compétitions », déclare l'ingénieur Jean-Luc Fleureau, président d'Eco Solar Breizh, et par ailleurs consultant pour Jessica France. « En 2017, lors d'une épreuve en Egypte dans un espace de type urbain, nous avons remarqué qu'à la fin de la compétition, soit au bout d'une heure trente, les batteries avaient le même niveau d'énergie qu'au début. On s'est dit qu'il y avait peut-être quelque chose à développer autour de cela. Avec Hx², notre projet est de démontrer que sur un trajet urbain et périurbain, de moins de 50 km par jour à une vitesse maximale de 50 km/heure, on ne recharge jamais le véhicule. Il le fait lui-même sans prise et sans branchement. »

Un démonstrateur à partir d'une F-City

Eco Solar Brezih, qui vise une utilisation du véhicule dans des agglomérations de 200.000 habitants, prépare déjà le démonstrateur roulant qui sera opérationnel à Rennes l'an prochain. L'association vient d'acheter une voiture électrique F-City (FAM Automobiles) de 1.000 kilos, qu'elle prévoit d'alléger. Une fois la technologie de la batterie modifiée, et après l'installation d'un toit et de panneaux solaires, de portes en carbone et d'une pile à combustible connectée à une bouteille d'hydrogène, le prototype ne devra pas dépasser les 500 kilos.

« En se fondant sur un ensoleillement moyen et sur les mesures d'Heol (200 kilos, 22 watts heure/km à 50 km/heure), on estime que qu'un nouveau véhicule de 400 kilos environ doté de 4 m² de panneaux solaires aura alors une autonomie moyenne de 600 km à 50 km/heure. La récupération de l'énergie pourra s'effectuer en moins de quatre heures. A Lille, en effectuant 50 km par jour à 50 km/heure, vous roulerez 7 jours grâce à la combinaison de votre batterie de stockage et de l'énergie du soleil. La pile prendra alors le relais pour 10 jours environ de trajets supplémentaires. A Albi, vous passerez sur l'hydrogène au 22ème jour. Et si vous faites 30 km par jour à certaines périodes de l'année, votre batterie va « déborder » et vous serez alors capable de fournir de l'énergie à d'autres personnes », précise Jean-Luc Fleureau.

Vers la commercialisation d'un service de mobilité

Conçu comme un laboratoire des technologies, le projet Hx² est développé dans l'optique de la commercialisation rapide d'un service de mobilité fondé sur ce véhicule. Il pourrait constituer l'ossature d'une flotte mise à disposition par une communauté de commune, une collectivité, une entreprise. Des discussions sont d'ores et déjà en cours avec deux constructeurs. « C'est grâce à l'expérience qu'on a d'Heol, dont le prochain challenge se déroulera en mai à Albi, qu'on peut plus rapidement créer Hx². Là encore, nous souhaitons montrer que c'est du domaine du réalisable. Heol comme Hx². s'appuient sur le développement durable comme source d'innovation », fait valoir Jean-Luc Fleureau.

Doté d'un budget de 300.000 €, le projet Hx² bénéficie pour un tiers d'un financement de la Région Bretagne et pour un deuxième tiers de l'aide technique d'entreprises comme AODE Electronics (carte, cablage) à Brest, ACsystème (systèmes embarqués) à Rennes, IoT.bzh (cybersécurité) à Vannes. S'ajoute aussi l'appui de la communauté scientifique rennaise au travers de la Chaire mobilité de l'université Rennes 1. Avec inOut et la ville de Rennes, Eco Solar Breizh travaille notamment sur l'idée d'un coach numérique mixant bigdata et IA afin de conseiller aux utilisateurs l'endroit le plus adapté pour garer le véhicule (pas sous un arbre ou dans un parking) en fonction de leur destination finale.

Un tiers de financement participatif

« Un tiers des financements sera privé et nous lançons un appel, par mail et via Facebook », annonce Jean-Luc Fleureau. « Chacun peut participer à ce projet à hauteur de 100 € minimum (66% de défiscalisation) via la Fondation Mines ParisTech, et se verra offrir une veste polaire. » Comme Heol, Hx² aboutira aussi grâce à l'aide de bonnes volontés, de fans de sciences à Brest et en Bretagne et de stagiaires. Eco Solar Breizh fonctionne en effet avec 23 membres bénévoles, retraités ou salariés, tous passionnés de véhicules. Depuis 2010, la vocation première de l'association est la promotion, en lien avec les industriels, des sciences et techniques auprès des élèves et des jeunes, quelle que soit leur formation. Au niveau national, 300 jeunes et étudiants ont planché sur des projets comme Heol, pour un total de 45 000 heures de stages rémunérés (DUT / écoles d'ingénieurs). Pour informer toute cette communauté des progrès de Hx², chaque étape fera l'objet d'une newsletter.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/11/2018 à 13:38 :
Pourquoi ne pas utiliser des Twingo Zoé ou des Twinzee Bluecar déja existant en mobilité pour y faire des modification solaires et hydrogènes ?
a écrit le 22/11/2018 à 11:53 :
Tout comme TESLA, c'est dans les nouveaux constructeurs de voiture, qui ne sont pas pieds et poings liés au lobby pétrolier, que l'on va peut-être arrivé à s'en sortir.

Peut-être...
a écrit le 22/11/2018 à 10:31 :
1 m² de panneau solaire fourni 200Wh/j en moyenne (rien en hiver et plus en été)
Selon l'article, 50km effectués en 1h à 50km/h nécessitent 22Wh *50 = 1100 Wh donc il faut presque 6m² de panneau solaires.
Le calcul est basé sur une consommation du véhicule de 22Wh au km.
Pour info une zoé c'est 220 Wh. Donc Ils arrivent à consommer 10 fois moins qu'une zoé.
Tout ceci nécessiterait de regarder de plus près.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :