Les marchés font confiance à PSA ! Ils l'ont encore prouvé hier en souscrivant plus de deux fois à l'émission obligataire du groupe automobile français. Celui-ci a émis 600 millions d'euros au taux de 2% avec une maturité de sept ans. Il s'agit d'un taux d'intérêt historiquement bas pour PSA.
Il est vrai que les marchés ont unanimement salué l'opération de rachat d'Opel par PSA. Ils avaient estimé que cette fusion était source d'importantes et vertueuses synergies (près de 1,6 milliard d'euros par an à horizon 2026, d'après les projections de PSA). Les investisseurs notaient également que cela permettait au groupe de se consolider sur son marché domestique et historique, lui donnant une base solide pour poursuivre son offensive à l'international. La publication des résultats annuels ont renforcé la crédibilité de PSA qui affiche des bénéfices records, une marge de plus de 5% et surtout une génération de trésorerie conséquente.
Mais dans les notes d'analystes, la confiance en PSA réside aussi pour beaucoup sur la personnalité de Carlos Tavares dont le bilan à la tête du groupe est qualifié de spectaculaire. De nombreux brokers capitalisent sur la capacité de celui-ci à redresser une marque comme Opel.
Mais l'opération d'hier reste loin du succès enregistré en avril 2016 lors de la précédente émission obligataire de PSA. Elle avait été sursouscrite de près de 7,6 fois par les investisseurs. Certes, le montant recherché était moindre (500 millions d'euros) et le coupon était plus rémunérateur (2,375%). Surtout, cette opération avait été lancée une semaine à peine après l'annonce d'un nouveau plan stratégique de Carlos Tavares qui tournait la page du plan précédent dont les objectifs avaient été atteintes deux ans avant leur terme.
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Le contexte était alors trop exceptionnel pour comparer les conditions de marché à celles d'aujourd'hui et en conclure que PSA a perdu de son aura sur les marchés. Il n'empêche que l'euphorie n'est plus la même, mais cela pourrait davantage tenir de l'environnement sectoriel que des performances de PSA. Le Brexit, la fin prochaine du rattrapage en Europe, le défi du redressement des ventes en Chine, les incertitudes des marchés russes et sud-américains, la pression des matières premières, la hausse des investissements en R&D... Les investisseurs craignent une détérioration du marché automobile dans les deux prochaines années. PSA ne pourra pas échapper à des dommages collatéraux. On retiendra alors que malgré ce contexte, le groupe français a su conserver un large soutien du marché.
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