Nissan Europe: "Notre croissance ne tiendra pas sur les seuls modèles" (Guillaume Cartier)
Propos recueillis par Nabil Bourassi
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Guillaume Cartier.
DR
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LA TRIBUNE: Nissan Europe sort d'une période de forte incertitude liée au Brexit, mais pas seulement. L'issue des négociations était-elle si critique pour Nissan ?
GUILLAUME CARTIER: Elle l'était d'autant plus que Nissan s'est réorganisé au niveau mondial en quatre régions, et la structure dont j'ai la responsabilité compte pas moins de 140 pays qui vont de l'Europe à l'Afrique en passant par l'Inde et l'Océanie. L'avenir de notre site de Sunderland était donc essentiel pour notre dispositif industriel puisque nous souhaitons en faire une base d'exportations dans toute cette zone notamment pour le Qashqai. Nous avons désormais une bonne visibilité sur l'Union européenne depuis la signature de l'accord de libre-échange, mais nous attendons encore l'issue d'une série d'accords bilatéraux notamment avec l'Egypte, l'Australie ou la Turquie.
Vous êtes en charge d'une zone très large mais extrêmement hétéroclite. On parle de pays émergents et de pays matures... Est-ce efficace ?
C'est vrai que c'est une zone très importante. On parle de quatre continents, 140 pays, 3,8 milliards de personnes et dix usines. Mais il y a des similarités entre ces marchés. En termes de réglementation CO2 par exemple, mais aussi en termes de sourcing (tissu de fournisseurs, ndlr). C'est ce que nous voulons optimiser, et nous pensons que le Qasqhai répond aux exigences de chacun de ces marchés. Mais, dans le détail, ce sont des marchés très ciblés. Par exemple, l'Afrique ne pèse que 1,2 million de voitures par an, dont l'essentiel est concentré sur quatre pays seulement : l'Egypte, le Maroc, l'Afrique du Sud et le Nigéria.
En Europe, vous êtes en difficulté. Vous avez perdu du terrain sur les six premiers mois de l'année et ne pesez plus que 1,8% de parts de marché. Le Qasqhai va-t-il vous permettre de vous relancer ?
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Bien sûr. C'est notre best-seller et son démarrage (juin, ndlr) est très encourageant. Mais notre stratégie de croissance est moins fondée sur la multiplication des produits que sur leur profondeur de pénétration. Nous avons acquis l'idée que l'avenir sera davantage porté sur des typologies de chaînes de traction, que sur les produits eux-mêmes. Nissan disposera, prochainement avec le nouveau XTrail, d'une gamme renouvelée de ses best-sellers avec le Juke et le Qasqhai. Dans le contexte environnemental actuel, et dans la perspective de la nouvelle norme Euro7, ce qui va faire la différence, c'est la qualité de la propulsion. Et Nissan a innové avec E-Power, une technologie hybride qui permet une transmission 100% électrique aux roues sans recharger la voiture. C'est là-dessus que nous voulons capitaliser pour créer de la valeur sur nos produits. Car nous avons décidé que n'investirons pas dans Euro7, nous mettons donc tout en œuvre pour disposer d'une gamme totalement électrifiée dès 2025. Bien entendu, nous serons également offensifs dans le 100% électrique avec l'Ariya.
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