ENTRETIEN. L'équipementier automobile français a annoncé le rachat de la participation de Siemens dans la coentreprise spécialiste de l'électrification haute tension des véhicules. L'impact sur l'endettement de Valeo interroge les marchés. Christophe Périllat, nouveau directeur général du groupe, reste convaincu que ce projet sera un important créateur de valeur pour l'entreprise.
LA TRIBUNE- Vous avez annoncé hier soir l'acquisition de la participation de Siemens dans la coentreprise créée il y a cinq ans. C'est la première brique du nouveau Valeo que vous souhaitez dessiner ?
CHRISTOPHE PERILLAT- C'est effectivement une première décision très forte qui construit un Valeo plus fort et renforce notre position de champion de l'électrification.
Cette opération n'est pas vraiment une surprise, Valeo a toujours voulu se renforcer dans l'électrification, mais pourquoi maintenant ?
Parce que le marché accélère. Alors Valeo accélère aussi. Nous voulons intégrer cette activité dans notre pôle Propulsion pour accélérer notre innovation, notre compétitivité et notre trajectoire financière. En outre, je rappelle que la constitution de la coentreprise, il y a cinq ans, donnait des droits à Siemens sur la cession de ses titres, et des droits à Valeo sur leur acquisition, en fonction d'un calendrier très précis.
Les marchés vous ont souvent interrogé sur cette coentreprise... A plusieurs reprises, ils vous ont sanctionné en Bourse sur ses lourds investissements. Ce matin encore le titre Valeo a été chahuté.
Les marchés ont exprimé des incertitudes quant au prix d'acquisition de la participation de Siemens et notamment son impact sur la dette. Je veux lever ces incertitudes. Cette transaction est très bonne pour Valeo, son impact est raisonnable et temporaire. Je le démontrerai le 25 février prochain lorsque je présenterai mon plan stratégique à horizon 2025. En attendant, je veux rappeler quelques chiffres. Valeo Siemens eAutomotive, c'est un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros cette année, c'est 4.000 salariés dont 1.600 ingénieurs, 2.000 brevets hautement innovants, 21 clients constructeurs, 8 usines. Valeo Siemens eAutomotiveéquipe deux véhicules sur trois dans le monde. C'est un objet dont j'ai la conviction qu'elle créera beaucoup de valeur pour Valeo.
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Les pertes seront divisées par deux en 2022 par rapport à 2021. Evidemment, ce ne sont pas les chiffres que nous imaginons en 2019. Mais j'observe que la trajectoire de progrès est robuste et rapide. Cette trajectoire va s'accélérer avec l'intégration à l'intérieur de Valeo.